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Violences éducatives : 30 % des parents estiment que la fessée est parfois le seul moyen de se faire obéir

Selon la 3e édition du Baromètre sur les violences éducatives ordinaires (VEO), réalisée par l’institut IFOP pour la Fondation pour l’Enfance et publiée le 17 avril 2026, une part importante des parents français continue de considérer les punitions corporelles comme utiles dans certains cas. Et les pères apparaissent plus favorables que les mères au recours aux violences physiques.

L’étude a été menée auprès de plus de 1 000 parents d’enfants âgés de 0 à 17 ans au début de l’année 2026. Elle s’inscrit dans une série de baromètres visant à mesurer l’évolution des pratiques éducatives et des perceptions liées aux violences éducatives ordinaires. Ce terme désigne l’ensemble des comportements violents ou coercitifs utilisés dans l’éducation des enfants, qu’ils soient physiques ou verbaux.

Au cours de l’année écoulée, 83 % des parents disent avoir eu recours au moins une fois à des violences verbales ou psychologiques, contre 81 % en 2024, et 37 % déclarent avoir utilisé des violences physiques. Selon les données de l’enquête, environ un tiers des parents estime que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à se comporter correctement. 30 % des parents estiment ainsi que la fessée est parfois le seul moyen de se faire obéir, et 25 % qu’elle est efficace pour éduquer. Et 23% considèrent que les parents qui utilisent des punitions corporelles ont raison de le faire.

Des différences importantes selon le sexe

Le baromètre met également en évidence des différences selon le sexe des répondants. Ainsi, 41 % des hommes se déclarent favorables à l’idée que certains enfants ont besoin de punitions corporelles, contre 25 % des femmes. L’acceptabilité des punitions corporelles dépend aussi du comportement de l’enfant : lorsqu’un enfant est jugé violent, 46 % des pères considèrent qu’une punition corporelle peut être acceptable, contre 33 % des mères (en moyenne 39 %). Cet écart entre les parents s’est accentué par rapport à l’édition de 2024.

Depuis l’adoption de la loi de juillet 2019, l’autorité parentale doit s’exercer sans violence physique ou psychologique. Cette disposition a inscrit dans le Code civil le principe d’une éducation sans violences, rejoignant une évolution observée dans de nombreux pays européens.

Malgré ce cadre légal, les enquêtes montrent que les pratiques éducatives évoluent plus lentement que la législation. Selon le baromètre, 80% des parents considèrent que les lois en France découragent l’usage des punitions corporelles, mais près d’un tiers continue de leur attribuer une utilité éducative. Pourtant de nombreuses études ont montré que les violences peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement psychoaffectif et cognitif de l’enfant. En janvier 2026, une nouvelle avancée a eu lieu : la Cour de cassation a affirmé qu’il n’existait pas de « droit de correction » parental en droit français, mettant fin à un flou juridique qui pouvait laisser penser que certaines violences éducatives étaient tolérées.

PUBLIÉ LE 17 avril 2026

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