S’abonner

640 millions d’euros disponibles pour la petite enfance : 11 fédérations alertent sur la situation des crèches associatives

L’union fait la force. Face à une situation financière jugée critique pour les crèches associatives et mutualistes, onze fédérations demandent au gouvernement la réaffectation d’une partie des 640 millions d’euros non consommés du Fonds national d’action sociale (FNAS). Elles alertent sur un paradoxe : des financements disponibles, mais des structures contraintes de réduire leur activité ou d’envisager des fermetures.

La révélation d’une sous-consommation record des crédits du FNAS continue de susciter de vives réactions dans le secteur de la petite enfance. Alors que près de 640 millions d’euros n’ont pas été mobilisés en 2025, les gestionnaires de crèches associatives et mutualistes alertent sur une situation devenue critique. Dans un courrier adressé aux ministres en charge de la Santé et des Comptes publics, onze organisations tirent l’alerte. « Le maintien de crédits non mobilisés apparaît en totale contradiction avec les besoins urgents du secteur et les ambitions portées par le Service public de la petite enfance. » Pour les fédérations signataires*, cette situation ne relève pas seulement d’un problème budgétaire, mais d’un déséquilibre structurel du modèle économique des crèches.

Des structures fragilisées, parfois contraintes de réduire leur activité

Sur le terrain, les difficultés financières se multiplient. Les gestionnaires évoquent une hausse continue des charges, une pénurie persistante de professionnels et des marges de manœuvre financières devenues quasi inexistantes. « Certains établissements sont d’ores et déjà contraints de réduire leur activité, de geler des places, voire d’envisager des fermetures. », indique le communiqué.

À ces tensions s’ajoutent de nouvelles charges attendues dès 2026, notamment liées à la suppression de l’exonération de la taxe d’apprentissage pour les structures à but non lucratif et la réduction des aides toujours sur l’apprentissage. De nouvelles dépenses qui suscitent des inquiétudes supplémentaires dans un secteur déjà fragilisé.

Quatre mesures prioritaires pour répondre à l’urgence

« La situation du secteur appelle aujourd’hui des réponses immédiates et à la hauteur des enjeux. Les financements existent ; il est désormais indispensable de les mobiliser », insistent les onze fédérations.

Parmi les mesures proposées figurent notamment :

  • une augmentation uniforme de la prestation de service unique (PSU) de 4 %
  • la mise en place d’un fonds de soutien ciblé pour les établissements en difficulté
  • la revalorisation du bonus attractivité pour financer les revalorisations salariales
  • l’extension et l’augmentation du bonus territoire, notamment dans les zones où les charges immobilières sont élevées

Une demande qui dépasse l’urgence financière

Au-delà des mesures immédiates, les fédérations insistent sur la nécessité d’une réflexion de fond sur le financement des crèches et la pérennité de l’offre d’accueil. Elles rappellent que l’enjeu est aussi social et territorial : garantir l’accès des familles à un accueil de qualité sur l’ensemble du territoire. Le communiqué conclut : «  Les financements existent ; il est désormais indispensable de les mobiliser. »

*Les signataires : FEHAP, FNAPPE, Mutualité Française, Accent petite enfance, HEXOPÉE, ANEM, ELISFA, Nexem, UNIOPSS, ACEPP et ADMR

Candice Satara

PUBLIÉ LE 15 avril 2026

Ajouter aux favoris

Une réponse à “640 millions d’euros disponibles pour la petite enfance : 11 fédérations alertent sur la situation des crèches associatives”

  1. Lidia Mastronicola dit :

    Je suis agent technique en crèche, CAP petite enfance. Souvent à faire des doubles postes car à la fois sur les groupes des enfants et à faire mon travail d agent technique tout ça pour un salaire misérable ! ça ne motive plus !! alors Revaloriser correctement nos salaires !

Laisser un commentaire