Les crèches de la Branche de l’Aide à Domicile (BAD) exclues du bonus attractivité
C’est officiel, malgré leur ténacité et leurs arguments, les employeurs de l’USB.Domicile adhérents de la Convention collective de la Branche de l’Aide à Domicile (CCN BAD) ne pourront percevoir le bonus attractivité de la Cnaf… et ne seront donc pas soutenues dans les revalorisations salariales qu’ils ont déjà consenties à leurs salariés exerçant en crèches. L’incompréhension est totale et la colère gronde.
Grosse déception pour les crèches associatives affilées à la CCN BAD qui viennent de recevoir une réponse négative du cabinet de la ministre Catherine Vautrin : elles ne peuvent être éligibles au bonus attractivité, car elles ne rentrent pas pile-poil dans les cases. Lorsque nous avons dressé un premier bilan en mai dernier du bonus attractivité, ces crèches de la CCN BAD y croyaient encore. Elles ne pouvaient envisager d’être pénalisées pour avoir été vertueuses avant tout le monde et avoir revalorisé leurs professionnelles trop tôt. Sarah Ferrandi, responsable Enfance et Parentalité pour l’ADMR, organisation membre de l’USB Domicile nous avait expliqué : « Le critère de temporalité exclut de fait l’ensemble des employeurs de la Branche du bénéfice du bonus attractivité. Il serait pourtant totalement paradoxal, incompréhensible et inéquitable que les EAJE de la BAD soient pénalisés d’avoir déjà réalisé ces efforts d’attractivité salariale et répondu, par anticipation, aux attentes du gouvernement. Sans ce financement, l’avenir de nos EAJE reste très incertain ».
Une situation paradoxale
Le communiqué signé des quatre fédérations associatives de l’USB.Domicile (Adedom, ADMR, FNAAFP/CSF, UNA) rappelle « les efforts considérables et anticipés de revalorisation salariale : cinq avenants ont permis une augmentation moyenne de plus de 500 € brut mensuels pour un salarié à temps plein. » Des revalorisations largement supérieures aux 150 € net mensuels annoncés par Catherine Vautrin quand elle chapeautait le ministère à l’Enfance, la Jeunesse et aux Familles de Sarah El Haïry.
Le communiqué souligne aussi que ces revalorisations appliquées dès janvier 2024 et non comme exigé en janvier 2025 sont aujourd’hui exclues du dispositif. « Un paradoxe incompréhensible : les structures qui ont anticipé les attentes de l’État et agi tôt pour renforcer l’attractivité des métiers de la Petite Enfance se retrouvent aujourd’hui pénalisées ».
Une décision incohérente qui menace 1800 places d’accueil
Au moment même où se met en place le Service public de la petite enfance (SPPE), cette décision apparait particulièrement « incohérente. » Le communiqué rappelle que « l’offre d’accueil de jeunes enfants reste insuffisante et inégalement répartie » et que « le gouvernement évalue à 200 000 le nombre de places supplémentaires à créer pour répondre aux besoins des familles. » Dans ces conditions, pourquoi fragiliser les 1800 places de crèches PSU gérées par l’ADMR (79 crèches), l’UNA (17) et Adedom (4) ?
Le texte des employeurs associatifs adhérents de la BAD se termine sur une note alarmiste : « cette exclusion injuste menace la pérennité d’une large partie de nos structures. Celles qui parviendront à se maintenir pourraient réduire leur qualité d’accueil faute de moyens ». Et de conclure « l’urgence est réelle. (…). L’USB.Domicile appelle le gouvernement à intervenir pour corriger rapidement cette situation (…) ».
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 19 juin 2025
Une réponse à “Les crèches de la Branche de l’Aide à Domicile (BAD) exclues du bonus attractivité”
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
Bonjour, la seule notion de date me parait erronée. D’autres branches (ALISFA notamment) ont appliqué dès janvier 2024 et peuvent prétendre au bonus.