Fortes chaleurs : les meilleurs aliments pour hydrater les jeunes enfants
En période de fortes chaleurs, les jeunes enfants sont particulièrement exposés au risque de déshydratation. Si l’eau reste la boisson à privilégier, certains aliments peuvent aussi contribuer à couvrir leurs besoins hydriques. Voici ceux à proposer aux tout-petits, ainsi que les signes de déshydratation qui doivent alerter.
Les fortes chaleurs mettent l’organisme des tout-petits à rude épreuve. « Quand les températures grimpent, les besoins hydriques des jeunes enfants augmentent car ils perdent beaucoup d’eau par la transpiration », explique Julia Mellanger, nutritionniste pédiatrique. « Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à la déshydratation parce que leur organisme contient proportionnellement plus d’eau que celui des adultes : chez l’enfant en bas âge, l’eau représente environ 65 à 80 % du poids corporel, contre 55 à 60 % chez l’adulte. » À cela s’ajoutent plusieurs particularités physiologiques. « Leur renouvellement hydrique est plus rapide, leur sensation de soif est moins fiable et leur mécanisme de thermorégulation est encore immature. Ils dépendent donc des adultes pour maintenir une hydratation suffisante. »
Ne pas attendre que l’enfant réclame de l’eau
Contrairement aux adultes, les jeunes enfants ne pensent pas toujours à boire lorsqu’ils ont soif. D’où la nécessité de leur proposer régulièrement de l’eau. « Quand il en réclame, il est souvent déjà un peu trop tard », souligne la spécialiste. En collectivité comme à la maison, elle recommande de faciliter l’accès à l’eau : chez les 0-3 ans, l’idée est de laisser de l’eau à disposition pour qu’ils puissent s’hydrater le plus possible. « Une table à hauteur d’enfant avec un verre ou une gourde accessible peut les encourager à boire plus souvent. »
Les aliments les plus hydratants à mettre au menu
En période de canicule, les besoins énergétiques n’augmentent pas forcément. En revanche, de nombreux enfants mangent moins, en raison d’une perte d’appétit. L’idée n’est donc pas de forcer l’enfant à manger mais de lui proposer des aliments à la fois rafraîchissants et hydratants.
Parmi les aliments à privilégier :
- la pastèque ;
- le melon ;
- les fraises ;
- les pêches et nectarines ;
- le concombre ;
- les tomates ;
- les courgettes ;
- les poivrons ;
- les compotes sans sucres ajoutés ;
- les yaourts et autres produits laitiers.
La présentation doit bien sûr être adaptée à l’âge de l’enfant. « Il faut que les aliments soient proposés sous une forme compatible avec son développement pour éviter tout risque d’étouffement. Cela dépend de la diversification alimentaire, de la pratique éventuelle de la DME, mais aussi des protocoles et des règles de sécurité propres à chaque structure d’accueil. » Pour les plus petits, la spécialiste conseille surtout des compotes, des yaourts et des purées froides. Elle rappelle également que le lait est très important pour les bébés de moins d’un an. « C’est la boisson qui hydrate le plus avec l’eau et, comme il s’agit de leur aliment principal jusqu’à un an, il faut continuer à proposer régulièrement le sein ou le biberon », insiste la nutritionniste pédiatrique.
Les signes de déshydratation à repérer rapidement
Chez les nourrissons et les jeunes enfants, la déshydratation peut évoluer rapidement. Les premiers signes passent parfois inaperçus. « Les enfants, surtout avant 6 mois, peuvent se déshydrater assez facilement », rappelle l’experte.
Plusieurs symptômes doivent alerter :
- une diminution du nombre de couches mouillées ;
- des urines plus foncées ;
- une bouche ou une langue sèches ;
- l’absence de larmes lorsque l’enfant pleure ;
- une fatigue inhabituelle ;
- une somnolence ou des difficultés à le réveiller ;
- une irritabilité inhabituelle ;
- des yeux paraissant creux ;
- une fontanelle creusée chez le nourrisson.
Le signe le plus inquiétant réside dans une perte importante d’élasticité de la peau. « Si, lorsqu’on pince délicatement la peau puis qu’on la relâche, elle met du temps à retrouver sa position initiale, il faut consulter rapidement. C’est un signe de déshydratation plus avancée. », prévient la spécialiste.
Comment encourager les enfants à boire davantage ?
Boire de l’eau s’apprend aussi par l’exemple. « Les adultes ont un rôle essentiel : montrer à l’enfant qu’ils boivent eux-mêmes régulièrement de l’eau est très efficace. », argue notre experte. Quelques astuces peuvent également rendre l’eau plus attractive : proposer une gourde colorée, utiliser un verre ludique ou parfumer légèrement l’eau avec quelques gouttes de citron. En revanche, mieux vaut éviter les boissons sucrées. « Il ne faut pas se tourner vers les jus de fruits ou les boissons sucrées, qui désaltèrent moins bien tout en apportant des quantités importantes de sucre. »
À retenir
- Proposer de l’eau très régulièrement, sans attendre que l’enfant la réclame.
- Miser sur des aliments riches en eau (fruits, légumes, compotes, yaourts…).
- Adapter la texture des aliments à l’âge de l’enfant et aux pratiques de la structure (diversification, DME, protocoles internes).
- Repérer rapidement les premiers signes de déshydratation.
- Éviter les boissons sucrées, qui hydratent moins bien que l’eau.
Et les glaces ?
Les glaces peuvent être proposées de temps en temps, mais toutes ne se valent pas. Et elles ne remplacent pas l’eau. « Les sorbets, composés principalement de fruits et d’eau, peuvent être une bonne option. En revanche, il faut faire attention aux glaces industrielles, souvent très sucrées. Si elles sont faites maison, on peut tout à fait en proposer une par jour. »
Julie Giorgetta
PUBLIÉ LE 15 juillet 2026