Grève du 8 octobre : la petite enfance se mobilise, des actions annoncées dans une vingtaine de villes
À l’appel du collectif Pas de bébés à la consigne, une journée nationale de grève et de manifestations est organisée jeudi 8 octobre dans plusieurs villes de France. Plusieurs organisations syndicales appellent à rejoindre le mouvement. On fait le point.
« Les jeunes demandent des moyens pour l’éducation La petite enfance se mobilise pour la qualité de la prime-éducation. » Dans son dernier communiqué, veille de la journée de mobilisation, le collectif Pas de bébé à la consigne montre les similitudes entre les deux combats. « Dans les deux cas une même logique de la part des pouvoirs publics : l’abandon d’une priorité donnée aux politiques publiques en faveur de l’enfance et de la jeunesse. Dans les deux cas nous résistons et avançons nos exigences pour l’éducation et l’avenir de nos enfants ! », martelle-t-il.
Le mouvement prend de l’ampleur. Des actions sont annoncées dans une vingtaine de villes. À Paris, le rendez-vous est fixé à 10 heures, place des Droits-de-l’Enfant pour une manifestation en direction du ministère. Le collectif Pas de bébés à la consigne annonce également des rendez-vous à Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Rennes ou Toulouse. La liste est actualisée au fil des annonces locales.
Plusieurs organisations syndicales appellent à rejoindre le mouvement
Lancée dès juin par Pas de bébés à la consigne, la mobilisation est soutenue par plusieurs syndicats. Le Syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE) appelle l’ensemble du secteur à y participer, quels que soient le métier, le statut ou le mode d’accueil. « Depuis des années, les professionnels alertent sur la dégradation de leurs conditions de travail : manque de personnel, surcharge de travail, épuisement, difficultés de recrutement et départs du secteur, dénonçait il y a quelques semaines le SNPPE dans un communiqué. Pendant ce temps, les exigences augmentent et les moyens ne suivent pas (…) Nous ne voulons plus être contraint·es de compenser par notre engagement les insuffisances du secteur » »,
Dans la fonction publique territoriale, la CGT des services publics a déposé un préavis de grève pour l’ensemble des personnels des établissements et services d’accueil collectifs et individuels de la petite enfance. La FSU Territoriale a également déposé un préavis national pour l’ensemble des agents territoriaux. Pas de bébés à la consigne annonce aussi les préavis de SUD Collectivités territoriales, de la CGT Santé et Action sociale et de l’UCP-PE, ainsi que de la CGT Les Petits Chaperons Rouges.
Accueil individuel, collectif, même combat
La CGT du service à la personne appelle également les assistantes maternelles et les salariées des crèches privées à se mobiliser le 8 octobre. Elle rapproche les difficultés de ces deux modes d’exercice : isolement et revenus instables dans l’accueil individuel, sous-effectifs et remplacements insuffisants dans les crèches privées. « Nos réalités sont différentes, écrit Stéphane Fustec, représentant de la CGT-commerce et services, sur le blog de la CGT- SAP. Mais notre constat est le même. Nos métiers sont essentiels et ils sont encore trop peu reconnus. (…) Nos métiers restent parmi ceux que l’on regarde trop peu, que l’on rémunère trop peu, que l’on écoute trop peu.»
Encadrement, formation et salaires au cœur des revendications
Pour Pas de bébés à la consigne, la qualité d’accueil implique de donner aux professionnels davantage de temps et de disponibilité auprès des enfants. Le collectif demande notamment, à l’horizon 2030, un taux d’encadrement minimum d’un adulte pour quatre bébés et d’un pour cinq enfants. Il revendique également une formation initiale renforcée, un accès réel à la formation continue, des équipes complètes et une reconnaissance de la pénibilité. L’accueil individuel est présent dans ses demandes, avec une meilleure reconnaissance du métier d’assistante maternelle, des financements pérennes et des rémunérations revalorisées.
Le SNPPE demande des augmentations de salaire pour tous les professionnels et l’extension du bonus attractivité aux structures relevant de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje). La CGT des services publics réclame notamment la reconnaissance de l’usure professionnelle et le droit à un départ anticipé à la retraite pour les professionnels de la petite enfance ; l’instauration immédiate d’un cadre commun et harmonisé pour garantir un accueil adapté et inclusif des enfants en situation de handicap ou à besoins spécifiques ; la mise en place d’un plan d’urgence pour sauver les crèches familiales, avec un réel statut pour les assistantes maternelles qui leur permettrait une évolution de carrière dans la Fonction publique territoriale.
Les parents invités à manifester
Le collectif cherche également à mobiliser les familles. Dans sa lettre aux parents, déjà relayée en septembre, il rappelle la dégradation des conditions de travail qui impacte la qualité de l’accueil des enfants et le respect des professionnels. « Mesure après mesure, les gouvernements successifs ont sciemment remis en cause la qualité d’accueil de vos enfants », souligne le collectif, qui considère que le projet de service public de la petite enfance (SPPE) « n’est pas à la hauteur ».
Candice Satara
PUBLIÉ LE 07 octobre 2026