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L’ouverture d’une section en plein air a changé le quotidien de toute cette crèche
Moins de médicaments administrés, davantage de coopération entre les enfants, des professionnelles plus disponibles… Depuis l’ouverture d’une section de plein air de 14 places il y a un an, Caroline Busson, la directrice du multi-accueil de la Maison de l’Enfance Lucie Aubrac à Lanester, observe des différences très concrètes entre les groupes. Elle a partagé ce premier bilan lors des Rencontres nationales Écologie et Petite Enfance organisées le 14 octobre par Label Vie et les Pros de la Petite Enfance.
L’extension du multi-accueil a été l’occasion de créer une section de plein air accueillant 14 enfants. Elle porte la capacité d’accueil de 66 à 80 enfants répartis ainsi en quatre sections d’âge mélangés : la section plein air accueille les enfants à partir de 20 mois. Un peu plus d’un an après cette nouvelle organisation, Caroline Busson, directrice du lieu, déjà labellisé « Écolo-crèche », a tiré un premier bilan de cette lors des Rencontres Ecologie et Petite Enfance. Elle s’est appuyée sur la comparaison entre les groupes d’enfants, ceux qui fréquentent les espaces extérieurs au quotidien et les autres. Avec un premier constat : les effets ne portent pas seulement sur la santé physique, ils se retrouvent aussi dans les relations entre enfants. Et impacte également le quotidien des professionnels.
Moins de médicaments dans le groupe plein air
Pour aller au-delà des impressions, l’équipe a comparé les administrations de paracétamol sur quatre mois d’hiver, auprès d’enfants d’âges comparables dans les quatre groupes. Le résultat qu’elle rapporte sont frappants : le recours aux médicaments est le plus faible dans la section de plein air, puis augmente dans les autres groupes selon leur fréquence de sortie. Plus précisément : « Dans le groupe plein air, nous avons donné du paracétamol à huit reprises. Dans les trois autres groupes, moins les équipes sortaient avec les enfants, plus le nombre d’administrations était élevé : huit dans le groupe qui sortait le plus, entre dix et quinze dans un autre, et presque trente dans celui qui sortait le moins. » Ces observations demandent toutefois à être interprétées avec prudence : le nombre d’administrations ne correspond pas au nombre d’enfants malades et ne permet pas, à lui seul, de mesurer la fréquence des infections.
De grands espaces, au contact d’un bois
À Lanester, le projet s’appuie sur un environnement propice. Le multi-accueil dispose d’environ 1400 m² d’extérieur, répartis en deux espaces. À l’ouest, une cour de 800 m² est bordée par un bois. « On est vraiment dans la nature », souligne Caroline Busson. Cette cour a été végétalisée. « On a réaménagé des coins, explique la directrice qui énumère : « bac à sable, bac à patouille, potager, tipi pour se reposer, butte en guise de toboggan. » Des copeaux et des rondins de bois enrichissent les possibilités d’exploration. La directrice évoque des aménagements qui sortent des équipements habituels de crèche et qui ont été validés par la PMI. Un préau offre également un espace abrité où les enfants dorment dans des lits barquette avec des duvets adaptés à chaque saison. Depuis le début de l’expérimentation, 92 % des siestes et 82 % des repas ont eu lieu à l’extérieur.
Davantage d’entraide, moins de conflits
Outre les bénéfices sur la santé physique, Caroline Busson observe également des différences dans les relations entre les enfants, selon qu’ils sont dehors ou à l’intérieur. « On constate beaucoup d’empathie entre les enfants, encore plus qu’à l’intérieur, plus de coopération entre eux, plus d’entraide. », souligne-t-elle. Clara Goislot, éducatrice de jeunes enfants dans la crèche depuis trois ans, s’est portée volontaire pour rejoindre la section plein air. Pour la professionnelle, c’est indéniable : « Les enfants ont développé leur confiance en eux et leur autonomie ». Le fait de disposer de davantage d’espace lui semble aussi contribuer à réduire les conflits. Caroline Busson cite aussi la psychomotricité des enfants, qu’elle voit davantage en mouvement au fil de la journée : « Ils sont étonnants », s’émerveille-t-elle.
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Moins de stress et plus de disponibilité pour les enfants
Trois les professionnelles se sont engagés dans cette expérimentation tandis qu’une autre a été spécifiquement recrutée.« Ce qu’elles disent toutes, c’est qu’elles ressentent moins de stress », explique Caroline Busson. « Il y a peut-être plus de fatigue physique, mais beaucoup moins de fatigue psychologique, complète Clara Goislot. On se sent mieux, on rentre chez nous moins épuisées. » Et cette expérience semble même déborder le cadre professionnel. « Quand je rentre chez moi, je ressors tout de suite, je ne suis plus habituée à rester à l’intérieur », reconnaît l’EJE.
À Lanester, l’ouverture de la section plein air a été l’occasion d’échanges et de réflexion pour l’ensemble du multi-accueil. Une manière de susciter l’adhésion des équipes en douceur. « Si on impose, ça ne marche pas », rappelle Caroline Busson. Il est prévu que les professionnelles passent d’une section à l’autre pour que chacune puisse expérimenter l’accueil en plein air.
Un bilan positif pour les familles
Les familles de la section sont, elles aussi, volontaires. Après une première année de fonctionnement, un bilan a réuni les parents dont les enfants allaient entrer à l’école et ceux qui arrivaient dans la crèche. « Les retours sont très positifs : ils parlent notamment d’un accès plus simple à la nature dans leur quotidien familial et d’enfants qui réclament davantage de sortir. »
Candice Satara
PUBLIÉ LE 15 octobre 2026