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Aliments ultra-transformés dès 2 ans : une bombe à retardement pour le QI des enfants ?

L’alimentation des tout-petits est devenue un enjeu majeur de santé publique. Alors que les produits industriels destinés aux nourrissons et jeunes enfants occupent une place croissante dans les rayons, la question de leurs effets à long terme se pose. Une étude brésilienne récente établit un lien préoccupant entre consommation précoce d’aliments ultra-transformés et performances cognitives à l’âge scolaire.

L’étude publiée dans le British Journal of Nutrition, s’appuie sur 4 275 enfants suivis depuis la naissance dans la cohorte de Pelotas (Brésil). Les habitudes alimentaires ont été évaluées à l’âge de 2 ans. Les chercheurs ont identifié différents profils alimentaires (patterns) grâce à une analyse statistique des consommations. Les performances cognitives ont ensuite été mesurées à 6–7 ans à l’aide de la Wechsler Intelligence Scale for Children, un outil de référence pour l’évaluation du QI chez l’enfant.

Un profil alimentaire ultra-transformé associé à un QI plus faible

Les chercheurs ont mis en évidence un « pattern malsain » caractérisé par une consommation élevée de nouilles instantanées, biscuits sucrés, sodas, confiseries, snacks emballés et viandes transformées. Ce profil alimentaire à 2 ans est associé à un score de QI significativement plus bas à 6–7 ans. L’association persiste après ajustement pour de nombreux facteurs socio-économiques et familiaux. Plus préoccupant encore, l’effet est plus marqué chez les enfants ayant présenté des retards de croissance précoces (poids, taille ou périmètre crânien insuffisants). À l’inverse, le profil alimentaire plus traditionnel (fruits, légumes, haricots, aliments peu transformés) ne montre pas d’association significative avec le QI global.

Une période décisive pour le cerveau en développement

Le caractère longitudinal de l’étude renforce l’hypothèse d’une période sensible autour des deux premières années de vie. À cet âge, le cerveau connaît une croissance rapide, une intense création de connexions cérébrales et une maturation métabolique importante. Une alimentation riche en sucres ajoutés, en additifs et pauvre en micronutriments essentiels pourrait influencer ces processus biologiques clés. Bien que l’étude n’établisse pas formellement une causalité, elle suggère que la qualité nutritionnelle précoce pourrait laisser une empreinte durable sur le développement cognitif.

Un marché infantile dominé par les ultra-transformés

Ces résultats interrogent lorsqu’on les met en perspective avec l’étude que nous évoquions récemment .  Cette analyse de 651 produits alimentaires pour nourrissons et jeunes enfants vendus aux États-Unis montrait qu’environ 70 % d’entre eux contenait des ingrédients classés comme ultra-transformés selon la classification NOVA.

Source : www.cambridge.org

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 17 février 2026

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