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Alicia Pillière, assistante maternelle engagée pour la nature et le vivant

A Pauvres, commune rurale des Ardennes, une assistante maternelle a fait de son lieu d’accueil un espace profondément ancré dans la nature. Elle y reçoit les enfants dans un cadre familial, au cœur de la ferme où travaille son conjoint, agriculteur et apiculteur. Ici, le quotidien est rythmé par les saisons, les animaux et la vie en extérieur. Lors du Printemps de la Petite Enfance, son engagement a été récompensé par la Coccinelle d’Or 2026, trophée qui distingue des initiatives écoresponsables dans le secteur de la petite enfance.

Dans un petit village des Ardennes, Alicia Pillière propose un lieu d’accueil très familial, où la nature et le vivant sont au cœur de son projet pédagogique. EJE de formation, elle a commencé sa carrière en crèche, en exerçant dans des structures de petite et de grande taille. Elle a ensuite occupé un poste de directrice adjointe au sein de six micro-crèches réparties sur quatre sites. Mais à la suite de la naissance de son deuxième enfant et d’une reprise difficile, elle choisit de réorienter sa pratique pour retrouver du sens dans son quotidien auprès des jeunes enfants. Elle devient alors assistante maternelle, une transition qui lui permet de rester dans le secteur de la petite enfance tout en exerçant dans un cadre plus en accord avec ses convictions.

Une ferme comme support éducatif

« Nous avons repris le corps de ferme des arrière-grands-parents de mon conjoint, explique-t-elle. J’ai naturellement souhaité construire un projet pédagogique autour de la nature et du vivant, en m’appuyant sur notre quotidien : le potager, les animaux et la vie en extérieur ». Au fil des années, cet environnement s’est enrichi. D’abord avec quelques poules, dans la continuité du lieu qui disposait déjà d’un poulailler, puis d’autres animaux confiés par l’entourage : oies, brebis, jars… Progressivement, la ferme a pris des allures d’arche de Noé, accueillant des animaux lorsque cela devenait nécessaire. Cette présence fait pleinement partie du projet éducatif : les enfants participent à de petites responsabilités comme nourrir les animaux ou ramasser les œufs, développant ainsi patience, respect du vivant et sens des responsabilités.

L’extérieur comme terrain d’exploration

Le quotidien s’organise largement en extérieur, dans un environnement propice à l’expérimentation. « Je laisse une grande place à la libre exploration : tant que les enfants ne se mettent pas en danger, ils peuvent manipuler, patouiller et expérimenter librement », précise Alicia. Même en hiver, les sorties sont maintenues : équipés de combinaisons et de bottes, les enfants profitent du jardin, quelles que soient les conditions météorologiques, y compris la pluie. Chaque matin, un rituel d’accueil rassemble le groupe : chansons, observation de la météo, expression des émotions à l’aide de supports visuels. Un moment qui structure la journée et favorise le sentiment d’appartenance. Il permet aussi d’instaurer un climat sécurisant et d’accompagner les enfants dans la reconnaissance et la verbalisation de leurs ressentis.

Le mode de vie d’Alicia et de sa petite tribu s’inscrit dans une démarche simple et cohérente : produits locaux, alimentation maîtrisée, limitation des produits transformés, valorisation des restes alimentaires pour les animaux. « Cela fait partie de notre quotidien, je ne cherche pas à tout révolutionner, mais à rester cohérente avec nos valeurs », souligne-t-elle. Les bénéfices pour les enfants sont, selon elle, très visibles : un quotidien plus apaisé, moins de conflits, davantage de créativité. « Le fait d’être dehors change tout. Les enfants utilisent ce qu’ils trouvent pour jouer, expérimentent davantage, et évoluent dans une atmosphère plus calme. », se réjouit-elle.

Un intérieur pensé pour l’autonomie

À l’intérieur, le jeu libre reste central, complété par une étagère inspirée de la pédagogie Montessori, où les enfants choisissent eux-mêmes des activités variées. Bacs sensoriels, transvasements, activités créatives comme la peinture viennent enrichir les propositions. L’aménagement est pensé pour être accessible et évolutif, afin de s’adapter aux besoins et au rythme de chaque enfant, tout en encourageant leur prise d’initiative.

Aujourd’hui, Alicia Pillière réfléchit à aller plus loin. Elle travaille à la création d’une micro-crèche ouverte sur la nature, avec l’envie de retrouver une dynamique d’équipe et de porter son projet à plus grande échelle. L’ouverture est envisagée à l’horizon 2027-2028.

Merci à Alicia de nous avoir transmis toutes ces magnifiques photos qui fleurent bon la campagne et le bonheur !

Julie Giorgetta

PUBLIÉ LE 27 avril 2026

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Une réponse à “Alicia Pillière, assistante maternelle engagée pour la nature et le vivant”

  1. Florence Goutte dit :

    Vous avez bien de la chance de faire cela. Je suis assistante maternelle depuis 2022 et tout est interdit. J avais un lapin nain, il a fallu le  » virer  » pour l accueil . Pas d animaux , un enclos extérieur pour jouer, pas de jardinage ! Je ne comprends pas alors que l éveil et l apprentissage font partie de notre métier 😓

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