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Assises du soutien à la parentalité : premier bilan et premières propositions

Après quatre mois de concertation, les groupes de travail des Assises nationales du soutien à la parentalité ont remis, le 29 juin dernier, leur copie à Stéphanie Rist et Sarah El Haïry. Des actions simples et parfois fortes pour renforcer l’offre existante en matière de services aux familles et soutenir les parents dans leur rôle. Aperçu des principales propositions qui pourraient faire partie de la future feuille de route du ministère, pour les parents de jeunes enfants de moins de trois ans.

Le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a reçu ce 29 juin, la restitution des propositions issues des groupes de travail des Assises nationales du soutien à la parentalité ; une démarche interministérielle inédite, lancée en février 2026 par la ministre Stéphanie Rist et la Haute-commissaire à l’Enfance Sarah El-Haïry. Après quatre mois de concertation, c’est l’aboutissement d’une première phase de travail, coordonnée par la DGCS, avec pour objectif final d’améliorer les politiques publiques de soutien à la parentalité pour mieux répondre aux besoins des familles.

Quatre groupes de travail et thématiques transverses

De mars à juin, quatre groupes de travail se sont réunis, co-pilotés par des acteurs majeurs du secteur (DGCS, ANCT, DGS, DGAFP, UNAF, CNAF, AMF), auxquels ont été associés les participants et invités des Assises, issus d’administrations publiques, d’associations, de fédérations, d’organisations professionnelles et de syndicats. La contribution d’experts a également pu être sollicitée. Des ressources avaient été partagées dès le lancement des Assises, mettant à disposition de tous les acteurs, un croisement d’analyses de l’existant et des bonnes pratiques, et un ensemble de rapports et travaux autour du soutien à la parentalité.

Quatre thématiques transverses ont été travaillées :
– Accompagner les parents d’adolescents,
– Mieux concilier parentalité et travail,
– Donner aux parents des repères fiables face au numérique,
– Simplifier l’accès aux services pour les familles.

Au-delà du communiqué succinct du ministère, Les Pros de la petite enfance ont pu consulter le rapport de cette première étape. Le point sur les principales propositions qui concernent les parents d’enfants de moins de trois ans.

Mieux articuler parentalité et vie professionnelle

Ce groupe de travail a voulu souligner la nécessité de mieux informer les employeurs et les parents sur leurs droits et sur les dispositifs existants, en matière d’articulation des temps professionnels et parentaux (congés, modes d’accueil, aménagements). Et notamment pour les parents en recherche d’emploi et en situation particulière (monoparentalité, handicap).

Pour favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, il propose :
• La création et diffusion de supports d’information synthétiques et accessibles, chapitrés ou déclinés selon les publics ciblés,
• La diffusion d’une communication ciblée sur les pères et le second parent, dès la grossesse ou l’arrivée de l’enfant, pour les impliquer davantage et alléger la charge maternelle,
•  D’instaurer un entretien de parentalité avant et après les congés liés à la naissance entre le salarié concerné et son supérieur hiérarchique direct.
• De mesurer l’appropriation du nouveau congé supplémentaire de naissance par ses bénéficiaires,
• De rendre plus visible la place de la parentalité dans le monde du travail en améliorant nos connaissances des effets de la parentalité sur les trajectoires professionnelles,
• De soutenir la prise en compte des enjeux de la parentalité dans l’exercice des fonctions d’encadrement par la formation des managers, et en envisageant d’intégrer l’articulation des temps de vie dans le cadre des entretiens annuels.

Favoriser l’accès des familles aux services qui leur sont dédiés

Bien que les Assises soulignent l’existence de nombreux dispositifs de soutien à la parentalité, le groupe de travail dédié reconnait la difficulté des parents à les identifier et donc à y accéder. Les dispositifs sont multiples, la communication pas toujours claire et insuffisante. En France, la couverture territoriale en services aux familles reste très hétérogène et ne couvre qu’une partie des enjeux. Le groupe de travail recommande donc d’améliorer la lisibilité des services en simplifiant les messages et démarches, en allant au-devant des familles dans leurs lieux de vie, en renforçant les coopérations locales…

Parmi les propositions d’actions évoquées :
• Développer une cartographie de l’offre à l’échelle départementale tout au plus, renforcer les outils existants et envisager une procédure unique de référencement de l’offre pour les porteurs de projets permettant de limiter le développement d’une offre non conventionnée. Les municipalités et EPCI pourraient jouer un rôle majeur dans le cadre des missions qui leurs sont confiées au titre du SPPE.
•  Renforcer la formation des professionnels à une posture ajustée, à l’identification des besoins, à a l’orientation vers les dispositifs adaptés,
• Renforcer également la formation initiale et continue des travailleurs sociaux, professions médicales et paramédicales, en termes de connaissances et compétences sur le soutien à la parentalité,
• Proposer des permanences dans les lieux du quotidien comme les crèches, écoles, et CCAS.
• Veiller à s’adapter davantage aux horaires des parents et développer des actions itinérantes,
• Financer des temps d’animation et de coordination,
• Développer une communication multicanale et moderne et favoriser la communication entre pairs.

Soutenir les parents pour un usage maitrisé du numérique

En ce qui concerne les écrans, les participants aux Assises insistent sur la nécessité d’apporter aux familles « des recommandations particulièrement claires, cohérentes et scientifiquement fondées », face à la multiplication des usages du numérique dès le plus jeune âge, puisque les 3/5 ans y consacrent déjà 1h22/jour. (Enabee – Santé publique France). En effet, le groupe de travail a relevé d’importantes inégalités dans l’accès et l’appropriation de l’information et dans les capacités des parents à mobiliser des alternatives aux écrans avec leurs enfants. Et juge insuffisants les repères jusqu’ici diffusés dans les documents officiels.

Il recommande de :
• Fiabiliser, unifier et rassembler les repères adressés aux parents pour une usage maitrisé du numérique au sein du foyer.
• D’élaborer un cadre de référence, sous la forme d’une Charte de la parentalité numérique (qui pourrait être soumise à l’avis de comités existants) pour les professionnels et bénévoles du soutien à la parentalité, qui accompagnent les parents sur ces thématiques.
•  La faire connaitre largement. Envisager une diffusion à grande échelle en s’appuyant sur le dispositif de l’UNAF « P@rents, parlons numérique ».

Des propositions à étudier et arbitrer

Le communiqué du ministère précise que les propositions présentées feront l’objet d’études de faisabilité et d’arbitrages, qui permettront de formaliser une feuille de route, prévoyant sa déclinaison territoriale. La mise en œuvre sera ensuite progressive, coordonnées par la DGCS, le comité technique des Assises et des partenaires ciblés, à partir de la fin de l’année 2026. Le suivi de son avancement pourra ensuite faire l’objet de compte-rendus.

Et, bien que ce ne soit pas annoncé dans le communiqué officiel, il semble que la CNAF et la DGCS envisagent une étude conjointe sur « les besoins de soutien et d’accompagnement des parents dans l’exercice de leurs fonctions parentales », au second semestre 2026, afin d’irriguer la poursuite des Assises nationales et compléter les données jusqu’ici partagées.

Lire le communiqué

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Laurence Yème

PUBLIÉ LE 02 juillet 2026

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