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Assistante maternelle, elle accompagne depuis 10 ans un enfant porteur de trisomie 21 : « Il y a eu un truc entre nous »

À l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21, le 21 mars, les initiatives se multiplient pour sensibiliser à la différence. Comme chaque année, Céline, assistante maternelle à Chartres, participe à l’opération chaussettes dépareillées. Depuis 10 ans, elle accueille un petit garçon trisomique : Timothé.

C’était il y a 10 ans déjà : Céline, assistante maternelle, n’a pas vu passer les années auprès de Timothé, un enfant porteur de trisomie 21, qu’elle continue de recevoir régulièrement chez elle, bénévolement, pour aider ses parents. Et aussi, parce qu’il s’est créé entre eux quelque chose de particulier, un lien de cœur unique. Tout commence quand le jeune garçon est âgé de seulement 14 mois. Sa maman cherche quelques heures de garde pour souffler, entre deux rendez-vous médicaux. Les deux femmes se connaissent déjà : Sandrine est elle-même assistante maternelle, elle a été contrainte d’arrêter son activité à la naissance de son fils. Au départ, pourtant, elle hésite à franchir le pas.

Comme beaucoup de parents confrontés au handicap, elle craint les réactions, les jugements. Mais finalement, la rencontre avec Céline va tout changer. « Au moment de partir, le petit s’est jeté sur moi et est resté dans mes bras, sans bouger, se souvient-elle encore, dix ans plus tard. Il y a eu un truc entre nous, je ne peux pas l’expliquer. Très vite, la confiance s’installe, le petit Timothé sera d’abord accueilli à temps plein, puis en périscolaire lorsqu’il entrera à l’école.

Se former pour mieux accompagner

Lorsque Céline commence cet accompagnement, elle n’a pas de formation spécifique sur le handicap. Elle se souvient encore d’une question posée naïvement à la maman lors de leur première rencontre : elle demande si l’enfant marche déjà.Timothé a alors 14 mois. « Évidemment que non », dit-elle aujourd’hui avec du recul, expliquant qu’il n’a marché qu’après ses trois ans. Néanmoins, elle avance avec intuition, puis décide rapidement de se former pour mieux comprendre et accompagner la « différence ». Elle suit plusieurs formations. Parmi elles, une formation au Makaton, un programme qui associe gestes, signes et pictogrammes pour faciliter la communication. « Je l’ai faite à ma charge pour apprendre les signes », précise-t-elle. Elle complète également avec des formations plus larges, notamment sur l’autisme, afin d’élargir ses connaissances sur les troubles du neurodéveloppement.

Une expérience profondément positive

Céline évoque un accueil fluide, sans difficulté particulière, où chacun a trouvé sa place au fil des années. Du côté des autres familles, l’assistante maternelle redoutait au départ certaines réactions. Elle n’a jamais été confrontée à un refus ou à un malaise. Bien au contraire, elle évoque des parents ouverts, bienveillants. Dès les premiers instants, son propre fils, alors âgé de cinq ans, s’est montré à l’aise, spontané, allant lui aussi vers Timothé sans crainte ni question particulière. « Mes enfants ont toujours grandi en sachant que la différence existe », insiste Céline.

De cette expérience, elle ne retire que du positif. Elle décrit une richesse humaine au quotidien, faite de moments simples, de progrès. « Ça m’apporte énormément. Il a toujours le sourire, il me redonne la patate », sourit-elle. Avec la famille du petit garçon, le lien a très vite dépassé le cadre professionnel pour devenir une véritable amitié. D’ailleurs, comme un symbole fort, le fils de Céline a choisi la maman de Timothé comme marraine.

Le défi des chaussettes dépareillées

Ce 21 mars, à l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21, Céline se mobilise. Chaque année, elle participe activement au défi des chaussettes dépareillées, un mouvement largement partagé, qui invite chacun à se photographier avec deux chaussettes différentes. Sur Instagram, l’assistante maternelle très active multiplie les posts pour inciter sa communauté à participer à ce défi.  « J’ai envie que cette édition soit encore plus forte, encore plus visible, encore plus collective. » Pour elle, l’objectif est clair : montrer que la différence rassemble plus qu’elle ne divise. Elle se souvient d’une remarque de son fils enfant alors qu’il venait de découvrir cette opération. « Pourquoi on met des chaussettes dépareillées qu’une journée ? Moi, je vais en mettre tous les jours ! »

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 20 mars 2026

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