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Canicules 2026 : l’étude de la CNAF révèle comment les crèches ont repensé l’accueil des jeunes enfants

Les trois épisodes de canicule survenus durant l’été 2026 ont fortement impacté les crèches. Une étude menée par la CNAF montre que, malgré un niveau d’équipement élevé, près d’une crèche sur deux a dû modifier ses conditions d’accueil. Et insiste sur la nécessité d’adapter durablement les bâtiments face à la multiplication des fortes chaleurs.

L’été 2026 a connu une succession d’épisodes caniculaires d’une ampleur exceptionnelle, plaçant au premier plan la question de  l’adaptation climatique des lieux d’accueil du jeune enfant (EAJE). Comment les structures ont-elles réagi ? Sont-elles bien équipées pour faire face à des températures extrêmes  ? C’est tout l’enjeu de l’étude menée par la CNAF début juillet auprès des gestionnaires de crèches PSU, dont Constance Bensussan, directrice générale de la CNAF, nous avait dévoilé quelques enseignements lors d’une interview il y a quelques semaines.

Parmi les 12 800 établissements concernés en France hexagonale, 31 % ont répondu à l’enquête et près de 18 % ont fourni des données exploitables. Les pourcentages cités dans l’article correspondent aux répondants.

Plus de 30 °C en moyenne dans les crèches

Premier enseignement : il a fait chaud dans les crèches, très chaud. Lors de la vague de chaleur de la fin du mois de juin, la température maximale enregistrée à l’intérieur des crèches a atteint en moyenne 30,1°. La moyenne la plus haute a été enregistrée dans le Pays de la Loire : 32,5 °. L’écart entre la température extérieure et la température dans les crèches varie selon les territoires. Il était de +1,0° en Bretagne, -0,5° en Normandie, mais -5,2° en PACA, -5,9° en Occitanie,  – 6,2° en Nouvelle Aquitaine et -6,7° en Centre-Val de Loire.  « En moyenne, les crèches de moins de 10 ans affichent une température intérieure inférieure de 1° aux crèches de plus de 20 ans », note l’étude.

Des équipements variables selon les structures

Près de 99 % des crèches disposent d’au moins un dispositif destiné à limiter la chaleur. Les équipements les plus répandus sont les ventilateurs, présents dans 61,8 % des structures, les volets extérieurs dans 61 % et la climatisation, totale ou partielle, dans 59,5 % des établissements. D’autres solutions sont utilisées moins fréquemment : 27,7 % des crèches utilisent des brumisateurs, 27,6 % disposent d’un auvent et 19,6 % ont installé des films solaires. Les dispositifs fondés sur la végétalisation restent encore peu répandus : seuls 4,3 % des établissements disposent d’une cour ou d’une façade végétalisée et 1 % d’une pergola végétalisée.

Voir notre article : Deux directrices de crèches expliquent comment elles utilisent la climatisation

Les taux d’équipement varient considérablement selon les régions. Les régions les plus chaudes sont les plus équipées en climatisation  : 90,9 % des crèches en Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse et 80,2 % en Occitanie, en sont équipées contre seulement 14,6 % en Bretagne et 34 % en Normandie.

Malgré les équipements, le bien-être thermique pas toujours au rendez-vous

Dans 61 % des établissements, les gestionnaires estiment que les dispositifs existants ne permettent pas de faire face efficacement aux fortes chaleurs. La climatisation (78 %) et la géothermie (58%) sont associées aux températures les plus basses et aux niveaux de satisfaction les plus élevés : 78 % pour le premier, 58% pour le second. À contrario, les ventilateurs apparaissent comme peu efficaces lorsqu’ils sont utilisés seuls. Seuls 25% des gestionnaires en sont satisfaits et dans les structures qui en disposent, les températures maximales observées sont supérieures de 1,5 ° à la moyenne.

Entre les deux, les volets, extérieurs ou intérieurs, et les auvents semblent un peu plus efficaces en termes de températures et de satisfaction. « Ce constat plaide pour que les gestionnaires renforcent les études thermiques lors de la conception des bâtiments, précise l’étude. Si une partie de ces exigences est prise en compte avec la mise en place de la RE20203, la simulation des conditions bioclimatiques apparait nécessaire pour garantir dans la durée le confort thermique des nouvelles constructions en cas de forte chaleur. Pour rappel, comme l’ensemble des études, ces dépenses sont éligibles dans le cadre du PIAJE.»

La conception des bâtiments pointée

Plus que les équipements eux-mêmes, c’est la qualité du bâtiment qui semble déterminer le niveau de confort. Dans 48 % des situations jugées insatisfaisantes, les gestionnaires mettent en cause les matériaux de construction, l’ancienneté ou l’exposition des locaux. L’insuffisance du dispositif de rafraîchissement n’est citée comme cause principale que dans 17 % des cas.

Près d’une crèche sur deux a modifié son accueil

Face à la chaleur, 49 % des crèches ont dû adapter leurs modalités de fonctionnement. Parmi les répondants, près de la moitié ont dû réorganiser les équipes ou réduire leur amplitude d’ouverture. C’est le cas dans certaines crèches semi plein-air que nous avions interrogées au moment des canicules.  Plus d’un tiers (35,1%) des établissements concernés ont signalé des conditions de travail difficiles et 20,6 % ont été confrontés à des absences de personnel. D’autres ont mis en place des fermetures partielles (28,2%), conseillé aux familles de garder leur enfant ou, dans 8,1 % des cas, totalement fermé. « Les conditions de santé des professionnelles ou leurs propres difficultés quant à l’accueil de leur enfant ont pu renforcer la nécessité d’adapter l’offre durant la canicule », précise l’étude.

73% des crèches ont prévu des investissements

Quelles solutions pour pallier ces difficultés qui devraient se répéter à l’avenir ? 73 % des crèches interrogées envisagent de réaliser des travaux ou d’acquérir de nouveaux équipements. Plus de la moitié souhaitent renforcer leur système de climatisation ou recourir à la géothermie. Cette proportion comprend de nombreuses structures déjà partiellement climatisées, mais dont toutes les pièces ne sont pas protégées.

Une crèche sur deux prévoit également d’acheter des équipements légers, comme des brumisateurs, des ventilateurs ou des films solaires. Près d’un quart envisage d’installer des volets, des stores, des auvents ou des pergolas et 6,6% des crèches ont le projet de végétaliser une cour ou une façade. Seules 27% n’ont aucun projet en matière d’atténuation thermique. Il s’agit des crèches se situant dans les régions les mieux équipées.

La branche Famille prépare, en lien avec le fonds de modernisation des établissements, un plan d’adaptation des lieux d’accueil aux fortes chaleurs, afin qu’ils soient mieux équipés avant l’été 2027. Le conseil d’administration de la CNAF doit examiner différentes mesures cette semaine, avant un vote définitif prévu début octobre, permettant la mise en œuvre des premiers financements dès la fin de l’année 2026. Lors de la Rentrée de la petite enfance, Constance Bensussan a annoncé des facilités pour pouvoir demandes ces aides issues du fond de modernisation des établissements : une enveloppe 200 millions est encore disponible.

Et dans les relais petite enfance ?

Les RPE ont, eux aussi, été fortement touchés. Sur près de 3 000 structures, 20,5 % ont répondu à l’enquête de la CNAF. La température maximale relevée dans leurs locaux a atteint en moyenne 30,4 °. Contrairement aux crèches, plus de la moitié des RPE (52,3 %) ne disposent d’aucun dispositif d’atténuation thermique. Seuls 16,9 % ont accès à une pièce climatisée et 16,5 % sont équipés de volets extérieurs. Conséquence directe : trois RPE sur quatre ont dû modifier leurs modalités d’accueil pendant la canicule. La proportion baisse à 56 %  pour les RPE équipés de climatisation et de volets. Durant la canicule, seuls 2% des RPE ont enregistré un renforcement des présences, 14% ont enregistré plus d’appels que d’habitude.

La situation dans les microcrèches Paje

Les micro-crèches financées par la Paje ont connu des difficultés comparables selon une enquête de la fédération des entreprises de service à la personne (FESP) transmise à la CNAF. Parmi les 410 structures interrogées par la FESP, 28,5 % ont réduit leurs horaires, 22 % ont procédé à une fermeture totale ou partielle et 34,4 % ont rencontré des difficultés pour mobiliser leurs professionnels (fermetures d’écoles entraînant des contraintes de garde pour certains salariés ; Exercice ou demandes liés au droit de retrait (39 signalements) ; Difficultés de transport liées aux fortes chaleurs (30 signalements) ; Fatigue accrue et conditions de travail dégradées ; Maladie des professionnels occasionnée notamment par l’alternance entre le chaud et le froid.)

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 23 septembre 2026

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