La Mam en semi-plein air de Mariza et Noémie fait un carton
À Montigny-sur-Loing, une Mam pas comme les autres a ouvert ses portes, il y a un peu plus d’un an. Mariza et Noémie ont entièrement imaginé et financé leur projet pour offrir aux enfants un accueil en semi-plein air, respectueux de l’environnement. Un projet né de leur expérience de mamans et de leur envie de professionnaliser leur métier.
Mariza et Noémie, deux assistantes maternelles de 38 et 40 ans, ont ouvert la première Maison d’Assistantes Maternelles (Mam) de Montigny-sur-Loing, en Seine-et-Marne, en septembre 2024. Sa particularité : la Mam « Part’âge au Natur’elles » propose un accueil semi-plein air « axé sur l’autonomie, l’éveil à la nature, l’éco-responsabilité et le soutien à la parentalité ». Une pédagogie inspirée de leurs expériences personnelles en tant que mamans. Dans leur vie quotidienne, les deux assmat privilégient les activités en plein air, les balades en forêt et le potager.
Pas de soutien de la commune
Mais pour monter ce projet innovant, les deux professionnelles ont dû se débrouiller toutes seules, faute de soutien institutionnel. « Au départ, la PMI était assez frileuse, avoue Mariza. Le fait de laisser les enfants dehors, le contact avec la nature, les dangers potentiels, cela l’effrayait beaucoup. Quant à la commune, elle n’a pas voulu entendre parler de notre projet, prétextant que c’était privé. » Cela n’a pas découragé les deux jeunes femmes, qui ont pu profiter de la maison que Mariza avait fait construire pour installer leur Mam : une grande bâtisse disposant de plus de 300 mètres carrés de jardin, à moins de dix minutes du bois à vélo.
Une rencontre qui change tout
Mariza envisageait initialement de créer une Mam seule, mais la rencontre avec Noémie a tout changé. « On a découvert qu’on avait les mêmes valeurs éducatives, nos façons de travailler étaient similaires », raconte Noémie. Les deux assistantes maternelles sont également animées par une profonde envie de professionnaliser le métier et de lui apporter la reconnaissance qu’il mérite. « Quand je travaillais à domicile, j’avais une partie de ma maison aménagée de manière indépendante. Malgré cela, j’étais toujours aux yeux de tous la “nounou à domicile”, observe Noémie. Ce n’est pas comme ça que je vois le métier ». Les deux assistantes maternelles exercent le métier depuis six ans après une carrière dans le médical pour Noémie et dans la comptabilité pour Mariza.
Des équipements pensés pour l’extérieur et les enfants
Le premier investissement de la Mam, bien rentabilisé depuis, ce sont deux vélos cargos électriques. « Grâce à eux, on se rend facilement dans le bois voisin avec jusqu’à quatre enfants chacune, soit huit enfants au total », explique Mariza. Il y a eu aussi les lits pour les siestes en extérieur, les combinaisons et bottes en caoutchouc pour patauger dans la gadoue, le mobilier pour les repas dehors, et encore bien d’autres choses. Les assistantes maternelles ont puisé dans leurs propres deniers, mais se réjouissent d’avoir reçu récemment les 6 000 euros d’aide au démarrage de la CAF. « Nous sommes déjà très bien équipées, mais il reste toujours des améliorations à apporter, notamment pour permettre aux enfants de dormir dehors même en hiver, des duvets par exemple », ajoute Noémie.
Tous dehors !
La Mam est ouverte de 8h30 à 17h30 tous les jours sauf le mercredi. Elle accueille huit enfants de plus de 12 mois : c’était le point de départ du projet éducatif : pouvoir recevoir des enfants qui marchent et ne font plus de sieste le matin. L’accueil et les départs se font à l’extérieur. Les parents entrent dans la structure pour équiper les petits (combinaisons, bottes en période hivernale), puis les enfants sortent rapidement pour les activités en plein air. « En fait, dans le sas d’accueil, il y a une entrée qui mène directement à l’intérieur de la structure et une porte qui donne sur l’extérieur, explique Mariza. Dès que l’enfant est prêt avec son parent, il peut rejoindre immédiatement les copains dehors. »
Et des activités, il y en a foison : le coin « mud kitchen » où les petits jouent avec la boue et les aliments naturels rapportés de la forêt, le potager et le poulailler un peu plus loin. Tous les après-midis, les enfants nourrissent les trois poules avec les restes pour leur plus grand bonheur. Dans la mesure du possible, les repas ont également lieu en plein air, sur de grandes tables. « Tout l’aménagement, à l’intérieur comme à l’extérieur, est pensé à leur hauteur, l’idée était vraiment de créer un univers entièrement dédié aux enfants, sans barrières ni obstacles. », précise Noémie. En cas de mauvais temps, le jardin dispose d’une terrasse semi-couverte où le groupe peut se mettre à l’abri.
Un projet qui séduit les familles
Les familles rejoignent la Mam car elles sont séduites par le projet. « On se rend compte que souvent, ce sont des gens qui ont envie d’être sensibilisés à cet environnement, à l’éveil à la nature, mais qui, bien souvent, ne peuvent pas le faire de leur côté. Donc le fait que ce soit nous qui mettions cela en place est un vrai plus pour eux », souligne Mariza. Il arrive que certains parents soient réticents ou pressés, car il faut un peu de temps pour équiper les enfants. « Il est aussi important qu’ils acceptent que, lorsqu’ils viennent chercher leur enfant le soir, il puisse avoir les mains sales ou être un peu décoiffé, car nous passons beaucoup de temps dehors », sourit Noémie.
Plus de temps conviviaux
Pour leur deuxième année d’ouverture, les deux assistantes maternelles ont souhaité renforcer la place des parents dans la vie de la Mam. Elles ont mis en place plusieurs temps conviviaux : des cafés jeux organisés à chaque veille de vacances scolaires, où les familles se retrouvent autour d’un café-croissant pour partager un moment de jeu et d’échanges avec leurs enfants ; des ateliers parents-enfants proposés au moins trois fois par an ; ainsi qu’une kermesse et une fête de fin d’année réunissant anciens et nouveaux accueillis.
Même si certains de ces moments empiètent sur leur temps libre, elles sont heureuses de pouvoir créer cette proximité avec les parents. « Bien sûr, il est difficile de fédérer les huit familles, mais si déjà cinq d’entre elles s’impliquent vraiment, c’est déjà une belle réussite », reconnaît Mariza.
Une collaboration solide… et beaucoup de fierté
Un peu plus d’un an après l’ouverture de la structure, les deux professionnelles, nous sommes fières du résultat : nous avons tout créé de A à Z.» Noémie abonde dans le même sens : « Évidemment, on voudrait faire mieux, mais on a beaucoup de chance de travailler dans ces conditions. » Côté collaboration, les deux professionnelles travaillent en parfaite harmonie et se forment dès qu’elles en ont l’occasion. La dernière formation portait sur des activités à moindre coût et la sensibilisation des enfants à l’environnement. Parmi les prochaines étapes, les assistantes maternelles réfléchissent à la création d’une serre couverte où les enfants pourraient se détendre, lire, dans un espace plus cocooning, avec des tapis et des coussins.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 08 novembre 2025
Une réponse à “La Mam en semi-plein air de Mariza et Noémie fait un carton ”
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Bravo pour cette initiative !
J’aurais bientôt fini ma formation d’Eje et je suis une fervente adepte de la pedagogie en plein air. J’aimerais créer une structure en ce sens. Votre initiative montre que c’est possible même avec ses propres moyens financiers et beaucoup de motivation. J’espère pouvoir aussi le réaliser .
Belle vie à votre MAM et au plaisir de vous rencontrer !