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Le Jardin des rencontres : un LAEP pour accompagner les parents en milieu rural

Situé dans la petite commune de Méré, dans les Yvelines, le LAEP « Le Jardin des rencontres » apporte tous les quinze jours un soutien précieux aux parents isolés.  Il a ouvert le 6 janvier mais est toujours en attente de financement.

« L’objectif principal des LAEP, hérités de la Maison Verte de Françoise Dolto, est de rompre l’isolement des familles. Les parents viennent pour discuter, se poser, et trouver des réponses à certaines de leurs questions. Les LAEP sont gratuits, anonymes et accessibles sans inscription », explique Camille Hamon, éducatrice de jeunes enfants et responsable de deux micro-crèches associatives ADMR, à l’origine du projet de création d’un LAEP en milieu rural dans les Yvelines.

Répondre à un besoin de soutien à la parentalité en milieu rural

« De par mon expérience auprès des parents dans les micro-crèches, j’ai constaté qu’il y a avait un énorme besoin d’accompagnement des parents sur certaines problématiques liées au développement de l’enfant, au sommeil ou même à l’alimentation », explique-t-elle. Si les équipes des crèches sont formées pour répondre à ces questions, le temps d’accompagnement est restreint et se limite aux courts instants pendant lesquels les parents déposent et récupèrent leurs enfants. « Je me suis aperçue que quelque chose manquait dans ces communes rurales. La PMI la plus proche est à 20 minutes en voiture, le premier LAEP à 25 minutes. Ces structures sont souvent créées dans les villes plutôt que dans les campagnes, qui bien souvent ne disposent pas de service petite enfance », constate Camille Hamon.

L’éducatrice s’est alors rapprochée d’Eva Fritz, infirmière puéricultrice et directrice de Ma Mère l’Oye, une structure associative multi-accueil de la petite enfance située à Montfort l’Amaury. L’idée du LAEP est née fin 2023. Malgré leur intuition, les deux professionnelles ont d’abord souhaité tester le projet, se faire identifier des familles et des élus. « Sur le modèle d’un LAEP, nous avons proposé une matinée d’éveil par mois sur notre temps libre et avec nos propres ressources. Elles se sont déroulées dans une des crèches du secteur et dans le local d’une des micro-crèches », explique Camille Hamon. Le succès a été immédiat, avec une moyenne de 7 familles présentes lors de chaque matinée, et parfois jusqu’à 16.

En quête de financements

Les deux instigatrices du projet ont commencé à démarcher le président de la communauté de communes et les maires avec un dossier déjà très travaillé, tout en continuant à proposer une matinée d’accueil par mois en 2024. Elles ont aussi réalisé des campagnes de communication digitale et par voie d’affichage chez les commerçants de toutes les communes concernées. « Le projet a été globalement très bien reçu et compris, à la fois par les familles et par les élus », observe Camille Hamon.

Un dossier de financement a été déposé auprès des services de la CAF fin 2024. 30 % du coût global du dispositif, calculé sur le nombre d’heures de fonctionnement du LAEP, doit être assumé par la CAF via la prestation de service, avec le déclenchement du bonus territoire pour la commune accueillante. Les deux associations partenaires (ADMR et Ma mère l’oye) sont donc en quête des 70% de budget restant. « Cela ne représente pas de grosses sommes et 5 communes se sont déjà engagées à soutenir financièrement le projet », nuance l’éducatrice. Cette dernière précise qu’une partie du budget vise à financer l’embauche d’un superviseur 10 heures par an, la charte des LAEP impose en effet que chaque accueillant soit supervisé, et des achats pour sécuriser la salle.

2025, vers une pérennisation du LAEP

« Nous nous sommes appuyés sur l’expertise de la CAF qui nous a conseillé de choisir un lieu fixe, plutôt que d’envisager un LAEP itinérant. Et de mars à décembre 2024, les matinées d’éveil ont eu lieu dans un local prêté à titre gratuit par le département des Yvelines », explique Camille Hamon. La LAEP a désormais un nom, « Le Jardin des rencontres », et il se tient depuis le 6 janvier 2025 tous les 15 jours, hors vacances scolaires, dans une salle des fêtes prêtée par la commune de Méré (78490). Il est animé par deux professionnels détachés des structures de l’ADMR et de Ma mère l’oye qui se relaient auprès des familles.

« Nous sommes à l’écoute de ce que les parents ont envie de partager et de nous livrer. Parfois ils trouvent des réponses en discutant avec d’autres parents, nous sommes aussi là pour leur permettre de s’autoriser à poser des questions », souligne Camille Hamon. Le LAEP ne propose pas d’ateliers ni d’animations avec des thématiques précises, mais offre un espace de liberté pour les familles. « C’est une soupape, l’occasion pour ces parents parfois isolés de sortir de chez eux, de parler avec d’autres adultes et de partager leur expérience », ajoute-t-elle. Des flyers sont également disponibles à l’entrée, avec les adresses de professionnels de santé des environs : ostéopathes, psychologues ou encore médecins. Quant aux enfants, ils jouent, lisent et découvrent un nouvel environnement, différent de celui de la maison.

L’objectif pour 2025 est de pérenniser le dispositif. Si la subvention de la CAF est toujours en attente, Camille Hamon et Eva Fritz sont aujourd’hui sûres d’elles. « Ce lieu est indispensable pour les familles du secteur, il répond à un besoin. Et nous ne nous interdisons pas d’aller plus loin et de créer un jour un lieu ressource complet, pourquoi pas un RPE (Relais petite enfance) en partenariat avec d’autres communes », conclut Camille Hamon.

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Esther Buitekant

PUBLIÉ LE 04 février 2025

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