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Législatives 2024 : les acteurs de la petite enfance s’expriment
L’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale a mis un coup d’arrêt à la plupart des chantiers en cours pour le secteur de la petite enfance. Et dans cette campagne expresse pour les élections législatives, l’accueil du jeune enfant et la protection de l’enfance ne semblent pas être au cœur des préoccupations des candidats. Tour d’horizon des quelques réactions des principaux acteurs du secteur qui, au-delà de leurs convictions, espèrent ainsi ramener la petite enfance au cœur du débat et compter sur des élus engagés à leurs côtés.
Depuis l’annonce fracassante d’Emmanuel Macron au lendemain des élections européennes, et le début de cette nouvelle campagne électorale improvisée, les acteurs du secteur de la petite enfance se demandent à quelle sauce, ils vont être mangés ! Pour l’heure les organismes et institutions tels la DGCS ou le Comité de filière petite enfance, poursuivent leur travail. En revanche toutes les concertations et décisions politiques sont à l’arrêt.
Dans les programmes des candidats, peu de références aux défis à relever pour le secteur de la petite enfance. Et du SNPPE à la FFEC, de l’Acepp à Pas de bébés à la consigne, face aux échéances électorales, chacun se positionne : certains en interpellant les candidats et en rappelant leurs revendications, d’autres en affirmant leur parti pris par rapport aux choix des urnes.
Pas de bébés à la consigne : le respect les droits de l’enfant incompatible avec les valeurs de l’extrême droite
Le collectif Pas de bébés à la consigne, réuni le 11 juin dernier, a décidé de s’associer à l’appel « Ensemble contre l’extrême-droite » signé par de nombreuses associations et syndicats, et lancé à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme: « Dans la lignée de nos combats en défense de l’accueil de qualité pour tous les enfants, tous les parents, toutes les cultures, sans aucune discrimination, et en référence à la Convention internationale des droits de l’enfant, ( …) nous constatons que ces droits de l’enfant seraient fondamentalement remis en cause par les orientations portées par l’extrême droite. » écrit-il sur son site internet pour annoncer son ralliement au texte de la LDH.
Voir la déclaration de Pas de bébés à la consigne.
SNPPE : un courrier à tous les candidats pour connaître leurs intentions sur la petite enfance
Le SNPPE a rédigé un courrier à l’attention des candidats et candidats aux élections législatives 2024 dans lequel il insiste sur les grandes difficultés que rencontre le secteur, les conditions de travail dégradées des professionnels… et la nécessité d’une réforme de grande ampleur. On y retrouve les principales revendications du syndicat (revalorisations salariales, taux d’encadrement, qualification des pros et formation notamment) qui demande à ses adhérents d’envoyer ce courrier au candidat de leur circonscription
Voir le courrier envoyé aux députés
FFEC et REMi : que les candidats s’engagent sur les 4 priorités des gestionnaires du secteur privé lucratif
La FFEC et le REMi ont publié mercredi un communiqué commun, sous forme de lettre ouverte aux candidats, dans lequel ils demandent aux candidats de montrer leur engagement en faisant connaitre leur programme pour la petite enfance.
Les deux organisations formulent « 4 priorités indispensables à la relance de la petite enfance ».
1. « Des professionnels de qualité en nombre suffisant pour faire face aux exigences de la qualité d’accueil due aux jeunes enfants ».
2. « Un financement public guidé par la qualité en seule boussole grâce à un indice objectif de la qualité des crèches et des micro-crèches ».
3. « Renforcer la participation des employeurs au service de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et de la qualité d’accueil des enfants de leurs salariés ».
4. « Rétablir un cercle vertueux de la confiance pour les familles, les professionnels et les décideurs. » Avec des contrôles basés sur « des règles nationales, publiques, exhaustives et opposables ».
Acepp : rappel de ses valeurs humanistes et des chantiers petite enfance indispensables à la qualité d’accueil
L’Acepp, dans un communiqué en date du 19 juin, intitulé « que l’humanisme continue à faire battre le cœur de la petite enfance » rappelle « son attachement à nos valeurs humaines et républicaines de partage, d’ouverture, de solidarité et d’égalité, garantes du vivre ensemble. » Elle regrette : « Nous entrons à nouveau dans une période d’instabilité qui s’ajoute aux retards accumulés ces derniers mois (3 Ministres des Solidarités en 18 mois). ». Elle insiste «sur les nombreux chantiers en suspens dans la Petite Enfance : Référentiel Qualité, Comité Filière, Commission Parentalité, Service Public de la Petite Enfance… qui attendent des arbitrages urgents. ». Et pour finir, « en appelle à la responsabilité de chacun, afin que tous ces efforts entrepris ne soient pas vains ».
L’Acepp appelle à une politique Petite enfance et parentalité ambitieuse, déjà décrite dans son manifeste 2022-2026, sa feuille de route pour les années à venir.
Collectif la Dynamique pour les droits de l’enfant : un appel aux futurs députés pour une stratégie globale de l’enfance et de la jeunesse
Dans un document publié le 21 juin, le collectif qui regroupe une trentaine d’organisations rassemblées autour des mêmes valeurs de respect des droits humains et des enfants appelle les députés à réaffirmer et renforcer les actions pour l’enfance et la jeunesse en France et à l’international. Il réclame « une stratégie globale de l’enfance et de la jeunesse capable de répondre efficacement aux nombreuses difficultés (violences physiques et morales, pauvreté, mal-logement, handicap, manque d’accès aux soins, difficultés scolaires, etc.) auxquelles sont confrontées les enfants et les jeunes. » Il espère notamment que soit pérennisée la Délégation parlementaire aux droits des enfants qui s’était saisie de sujets majeurs.
Voir l’adresse aux candidats
Laurence Yème et Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 21 juin 2024
MIS À JOUR LE 08 juillet 2024