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Les Ogres : le bureau du Comité de filière, adopte, dans la douleur, une position commune
Ce devait entre une formalité et cela a été une guerre de tranchées ! Le bureau du Comité de filière a dû s’y prendre à deux fois pour adopter finalement une résolution portant une position commune face aux Ogres et à ses révélations sur la dérive des crèches privées lucratives. Il aura fallu une semaine d’échanges parfois tendus pour trouver un accord.
Le 18 septembre : rififi au Comité de filière
Il y a le fond et la forme. Il y a aussi le règlement intérieur du Comité de filière qui organise les débats et modalités de travail au sein du bureau. Notamment en ce qui concerne les amendements. Un texte proposé peut être amendé mais pas complétement remplacé. Les élus de France Urbaine l’ont appris à leurs dépends.
La réunion du bureau de 18 septembre, jour de sortie du livre-enquête de Victor Castanet, a été houleuse et tendue… une sorte de bizutage pour le nouveau secrétaire général Jean-Baptiste Frossard ? Droit dans ses bottes et peu impressionné : il s’est sans cesse reporté au règlement intérieur du Comité de filière.
Le texte jugé un peu tiède a donc été largement amendé. L’exercice n’était pas facile car officiellement personne n’avait encore lu les 400 pages des Ogres. Tous en avaient entendu parler et tous savaient que le secteur privé lucratif (représenté dans le bureau par la FFEC et la FESP) en prenait pour son grade.
Un texte amendé assez équilibré voté à une marge majorité
Après des votes sur la dizaine d’amendements déposés, un texte a pu être reconstitué et soumis au vote des membres du bureau. Une résolution assez sobre et équilibrée qui prend date pour une seconde résolution après lecture et discussions des révélations de l’ouvrage de Victor Castanet.
« L’ouvrage de Victor Castanet met en lumière des pratiques et des dysfonctionnements qui avaient été signalés dans les précédents rapports des inspections générales, des commissions parlementaires et de précédents ouvrages, et décrit les dérives d’acteurs dans le secteur de la petite enfance.
En effet, l’ouvrage Les Ogres démontre également les effets délétères des modes de financement actuels du secteur, et en particulier de la PSU et de la logique du taux de facturation qui est y attachée, qui a pour effet d’user systématiquement les professionnels. Il démontre aussi les effets néfastes des délégations de service public favorisant les moins-disants, au détriment de la santé et de la sécurité des enfants et des professionnels. Tout cela appelle à une remise à plat profonde de la manière dont la petite enfance est aujourd’hui financée et pilotée.
Le comité de filière exprime ses plus vives inquiétudes et préoccupations au regard des faits rapportés dans l’ouvrage de Victor Castanet, qui, s’ils étaient avérés, réclameraient que des mesures de correction ou de sanction appropriées soient mises en œuvre. Il continuera à mobiliser les pouvoirs publics pour les inciter à agir à la hauteur des dysfonctionnements du système et des enjeux pour les enfants comme pour les professionnels. Le comité de filière adoptera une seconde résolution à l’issue d’un examen approfondi de l’ouvrage et d’un débat collectif sur les révélations qu’il contient. »
Cette résolution a été adoptée, elle a obtenu : 13 voix pour ; 3 voix contre ; 3 abstentions.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 25 septembre 2024
MIS À JOUR LE 30 septembre 2024