Plaidoyer pour l’enfance
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Tout est dit dans le titre… ou presque. Ce que ne dit pas le titre, c’est le public auquel s’adresse André Stern. Pour la première fois, le conférencier international – fils du chercheur et pédagogue Arno Stern dont il dirige l’institut – n’écrit pas pour le lecteur adulte. Enfin, un peu quand même. Mais de manière détournée et, surtout, avec la complicité du lecteur enfant, à qui il s’adresse directement. Voilà qui est déroutant, qui bouscule même…
À moins d’entrer dans le livre comme on entreprend un voyage dans ses premières années. Et puisqu’il s’agit d’un plaidoyer pour l’enfance, l’adulte peut avoir envie d’y rester, afin de rattraper tout ce qu’il ne savait pas sur lui-même à cette époque. En différé (variable selon le nombre d’années qui le séparent de « cette période extraordinaire »), il ou elle comprend mieux ses impatiences, revit ses émotions, se demande quel potentiel il ou elle aurait pu développer si… Et pourquoi pas un jour renouer avec les mathématiques en réveillant l’enthousiasme enfoui en lui ou en elle ?
André Stern – l’auteur de Jouer, Tous enthousiastes ou encore Je t’aime parce que tu es comme tu es – est un militant de l’enfance. Son plaidoyer en parle avec un enthousiasme qu’il n’a jamais cadenassé, c’est évident. Chaque chapitre de son livre explore une thématique qui suit le fil de sa démonstration, argumentée par ses convictions ainsi que les observations et les recherches des scientifiques qu’il côtoie. Par souci d’équité, il utilise l’accord de voisinage (accord grammatical qui consiste à accorder le genre de l’adjectif avec le plus proche des noms qu’il qualifie) et le pronom neutre « iel ».
En le lisant, on l’imagine sur scène devant une salle remplie d’adultes bousculés et d’enfants considérés. Mais quand il s’adresse directement au public, il n’interpelle que les enfants, inversant avec malice la hiérarchie établie depuis toujours. « On n’a jamais écrit sur l’enfance à l’attention des enfants. Il fallait que je le fasse. À mes yeux, c’est mon livre le plus important », conclut André Stern qui espère que les adultes auront envie de le lire aux enfants.
Anne-Flore Hervé
PUBLIÉ LE 27 septembre 2024
MIS À JOUR LE 10 octobre 2024