Abonnés
Pré-référentiel : le point sur la réunion du Copil à la veille de la finalisation du document
Jeudi 17 octobre les membres du Copil de la mission qualité de l’IGAS se sont réunis pour faire un point d’étape sur les réactions à la diffusion de la version 0 du pré-référentiel auprès des professionnels et des parents. Une réunion parfois tendue mais Nicole Bohic, responsable des travaux préparatoires à ce référentiel qualité reste optimiste et sereine.
Un Copil tendu disent certains. Une réunion « très riche », temporise Nicole Bohic, IGAS, chargée de piloter les travaux autour du référentiel en cours d’élaboration, où chacun a pu s’exprimer et partager ses réflexions sur ce document de 125 pages voué à devenir un support de référence pour la qualité de l’accueil.
Point d’étape sur les questionnaires et contributions
À l’ordre du jour de ce Copil, le premier depuis la rentrée, un point d’étape sur les remontées des données recueillies depuis plus de deux mois via un questionnaire largement diffusé auprès des parents, professionnels et gestionnaires et sur les contributions reçues, plus denses et donc plus longues à analyser. La consultation s’est terminée le 18 octobre, Nicole Bohic recevra le fichier définitif des réponses en début de semaine et pourra alors commencer son analyse complète. Mais déjà des thèmes se dégagent avec encore plus d’acuité qu’en septembre quand Nicole Bohic était intervenue lors de la Rentrée de la petite enfance pour dresser un premier bilan des retours terrain.
• Plus de 2000 réponses
Aujourd’hui, Nicole Bohic peut confirmer que la majorité des réponses reçues concerne les chapitres sur la relation au jeune enfant. « 2254 personnes ont exprimé leur opinion sur tout ou partie de ce thème, souligne-t-elle. Les deux autres parties ont moins mobilisé : 105 personnes pour la relation au parent et 95 sur la qualité organisationnelle.
Dans le détail, le premier thème proposé sur le développement du jeune enfant et la réponse à ses besoins fondamentaux, a suscité 600 réponses. Dans l’ensemble, selon Nicole Bohic, les répondants sont en phase avec les propositions. « Nous sommes toujours en dessous de 10% de personnes qui formulent des remarques particulières ». Néanmoins, elle souhaite « que ces points, même s’ils sont minoritaires soient pris en compte.» Nicole Bohic évoque des termes, notamment anglophones, comme le « care » qui ne sont pas toujours compris. « Ce qui a pu étonner ou surprendre, c’est qu’on utilise à plusieurs reprises le mot méta-besoin par exemple. Mieux vaut peut-être des termes simples pour que tout le monde soit au clair et ensuite les formations permettront d’aller plus loin. »
• Des assistantes maternelles très mobilisées
L’autre constat intéressant partagé par Nicole Bohic concerne le profil des répondants avec une majorité d’assistantes maternelles (37%), des professionnels de crèche (30%), des animateurs de RPE (6,5%), mais aussi des parents, des formateurs, des collectivités territoriales… « La mobilisation ne concerne pas les pros classiques, observe-t-elle. Nous avons un panel d’acteurs de la petite enfance qui est très large. Des personnes qui se sentent vraiment concernées par la qualité des pratiques auprès des enfants.» L’ IGAS se félicite de la participation des assistantes maternelles. « Elles se sentent très concernées, nous avons de belles contributions de leur part, des réflexions très avancées. C’est une profession qui s’exprime, qui a des choses à dire.». Et à qui on donne si peu souvent la parole …
Divergences d’appréciations
Après ces éléments d’analyse, chaque membre du Copil a présenté sa contribution. Et, selon nombre de participants, les échanges ont été animés. Tout le monde saluait le travail accompli mais personne ne semblait vraiment content. Cyrille Godfroy, co-secrétaire général du SNPPE reste circonspect. Le SNPPE, la FNEJE, l’A.NA.PSY et le SNMPMI ont présenté leur contribution commune (que nous avons publiée la semaine dernière) qu’il nous résume : « Nous avons des points de vue divergents sur la finalité du document dans sa version zéro. Le pré-référentiel est très détaillé, nous craignons qu’il se décline finalement en indicateurs qui enferment le professionnel sur le terrain. Il faut des règles nationales, mais avec un cadre souple qui laisse une certaine autonomie. En l’état, c’est déroutant. » Le co-secrétaire général du SNPPE affirme que ce point de vue est partagé par d’autres membres du Copil.
De son côté Elsa Hervy, déléguée générale de la FFEC souhaite rappeler l’objectif premier de la mission : « écrire un référentiel de pratiques professionnelles et organisationnelles inspirées des principes de la charte nationale d’ accueil du jeune enfant. Or la charte nationale du jeune enfant, telle que publiée dans l’arrêté de 2021 ne se limite pas aux 10 principes mais comprend aussi le cadre national des principes les explicitant pour faciliter leur traduction en pratiques professionnelles et organisationnelles. Avec ce référentiel V0 en est loin … et même parfois en contradiction. » regrette-t-elle.
Sylviane Giampino, qui n’a pas fait partie du conseil scientifique composé par Jean Baptiste Frossard, serait même sortie de son calme habituel pour exprimer son désaccord et son désarroi face à ce pré-référentiel et à la façon dont la charte nationale dont elle est l’inspiratrice, est comprise … et présentée (en clair ce n’est pas une recette de 10 principes, il y a effectivement un cadre national assez détaillé et explicite dans l’arrêté la publiant, trop souvent ignoré).
Des tiraillements, des tensions et prises de becs qui n’inquiètent pas Nicole Bohic. « Nous sommes dans la construction, poursuit-elle. Nous savons qu’il y a toujours un moment lorsqu’on est proche de la finalisation où on sent une effusion. Il est normal que les points qui sont importants pour les uns et pour les autres soient exprimés ».
« Nous serons prêts pour la fin d’année »
Pour l’heure, les travaux sont encore loin d’être terminés. « Il s’agit d’un point d’étape, rien n’est figé », assure-t-elle. Et elle concède qu’il faudra encore se poser des questions : « Le Copil a permis d’attirer l’attention sur certains points : est-ce que le document n’est pas trop précis, trop prescriptif ? Cela fera partie de nos prochaines discussions. » Même si la deadline approche, il reste donc encore beaucoup de travail. Nicole Bohic prévoit d’adresser aux membres du Copil de nouveaux éléments et contributions en fin de semaine. Car, on le sait le temps presse, la ministre l’a dit et redit, elle souhaite que le référentiel qualité soit publié en décembre. Nicole Bohic, résolument positive, rassure : « nous serons prêts pour la fin d’année, je n’ai pas de doute là-dessus. Nous arriverons à un travail collectif de qualité. »
Candice Satara et Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 19 octobre 2024
MIS À JOUR LE 23 octobre 2024