Quand la crèche s’invite à l’école pour des ateliers qui préparent doucement l’entrée en maternelle
À la crèche Petit Tambour d’Avesnes-sur-Helpe (Nord), les enfants ne se contentent pas de visiter l’école avant leur entrée en maternelle. Depuis le mois d’avril, un petit groupe participe à des ateliers organisés conjointement avec une classe de petite section située à quelques mètres de la structure.
L’idée est née de la proximité entre les deux établissements. La crèche associative, qui accueille 26 enfants, ne se situe qu’à 25 mètres de l’école. Naturellement, les équipes ont souhaité tirer parti de ce voisinage pour permettre aux futurs écoliers de découvrir progressivement leur nouvel environnement. « On a décidé de faire un partage d’ateliers dans l’école », explique Catherine Triquet, éducatrice de jeunes enfants et directrice adjointe de la structure. Avant les premières rencontres, l’équipe a sollicité l’autorisation des parents qui ont adhéré sans réserve.
Six enfants de la crèche qui feront leur rentrée à l’école en septembre participent ainsi régulièrement à ces temps d’échange. Une fois par mois, depuis avril, ils rejoignent une classe de petite section le temps d’une matinée. L’objectif n’est pas seulement de découvrir les lieux, mais de participer aux activités de la classe. La première partie de l’atelier est animée par l’équipe de la crèche. « Souvent, l’institutrice me donne le thème du mois ou de la semaine, souligne Catherine Triquet qui ne quitte jamais sa guitare. Nous préparons des comptines, des livres, des petites animations simples sur 20 minutes maximum. ». Après un goûter partagé, l’enseignante prend le relais avec une autre activité destinée à l’ensemble du groupe. Lors de la dernière rencontre, par exemple, les activités étaient consacrées à l’alimentation, avec des chansons sur les légumes et des lectures autour des fruits.
Découvrir l’école à son rythme
Au fil des rencontres, les enfants prennent de plus en plus de plaisir.« Ils vont rejoindre les petits élèves tout de suite dans la classe. Ils ont repéré où les enfants mettaient leur manteau. Ils s‘installent vraiment comme s’ils étaient déjà en classe avec eux. », observe la directrice adjointe de la crèche. Mais l’équipe reste attentive aux réactions de chacun. « Cette semaine, j’ai remarqué un petit garçon qui ne semblait pas très à l’aise. Il observait ce qui se passait dans la classe sans vraiment y prendre part. » La décision a été prise de le raccompagner à la crèche. Le maître mot : c’est s’adapter au rythme des enfants. La durée de ces immersions reste ainsi flexible. Si les rencontres se déroulent généralement jusqu’à 11h30, l’équipe de la crèche peut raccourcir le temps passé à l’école en fonction de l’état de fatigue ou du niveau de confort des tout-petits.
Une équipe mobilisée autour du projet
Derrière ces ateliers partagés se cache aussi un important investissement de l’équipe de la crèche. Aux côtés de Catherine Triquet, il y a Séverine Fleuru, auxiliaire de puériculture, et Séverine Lequesne, animatrice. Pour la première rencontre, l’équipe a ainsi créé un kamishibaï. Lors d’une autre séance, un livre géant de comptines a été conçu spécialement pour l’occasion. Selon Julie Le Maire, directrice de la crèche Petit Tambour, les jeunes femmes n’ont d’ailleurs pas hésité à consacrer du temps supplémentaire à la préparation des activités. « C’est quelque chose qui permet aussi d’aller voir ailleurs, d’aller faire autre chose que leur quotidien au sein de la crèche. Et je trouve que c’est aussi intéressant pour elles. », insiste-t-elle.
L’expérience se poursuit à la rentrée
Du côté de l’école, « l’enseignante est aussi très enthousiaste », sourit Catherine Triquet. Une quatrième rencontre est prévue le 30 juin. Cette fois, les activités s’articuleront autour du thème de la mer, retenu par l’école pour sa fête de fin d’année. Les enfants de petite section présenteront aux enfants de la crèche une danse qu’ils interpréteront ensuite devant leurs parents. Face à ces premiers retours positifs, les deux structures ont décidé de renouveler le projet dès la rentrée prochaine.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 12 juin 2026