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Sarah El Haïry : « La nature a vocation à reprendre sa place dans tous les espaces, dès le plus jeune âge »

En clôture des Rencontres Nationales Écologie et Petite Enfance, la Haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry était invitée à prendre la parole pour marquer la fin d’une riche journée d’échanges autour de l’écologie et de la petite enfance.  

Dès son arrivée la Haute-commissaire a tenu à répondre à brûle-pourpoint à une question de la salle qui venait d’être posée : « Mais que font les politiques » pour faire bouger les lignes et progresser la question de la nature et de l’écologie en petite enfance (sic) ? « On m’a donné 3 ans ! », a répondu Sarah El Haïry du tac au tac, affirmant ainsi son ambition de s’emparer du sujet, et soulignant « l’importance de créer des rendez-vous comme celui-ci ». « Ce qui m’a intéressé dans votre journée, a-t-elle ajouté, c’est la manière de se réapproprier la nature et de la faire rentrer à l’intérieur, ce qui amène, de fait, une qualité absolument formidable ». 

La nature doit avoir sa place dans tous les espaces  

Comme cela avait été retracé tout au long de la journée, la Haute-commissaire a réaffirmé l’importance de la relation à la nature pour les enfants et les professionnels. « La nature a vocation à reprendre sa place dans tous les espaces, dès le plus jeune âge, a-t-elle martelé. (…) Les espaces qui accueillent les enfants, qu’ils soient des espaces collectifs ou individuels, doivent nous questionner sur la santé, la relation à la nature, leur capacité à bâtir un chemin de bonheur –  et je le dis de manière scientifique plus que poétique. Les neurosciences nous le prouvent, suffisamment d’études et rapports illustrent que plus un enfant est en contact avec la nature, plus son environnement lui est favorable et permet son développement sensoriel, sa croissance et le développement de ses compétences psychosociales. Et c’est là que le rôle du politique prend pleinement sa place ». 

Pour un continuum autour de l’enfant  

Sarah El Haïry a également évoqué la question du décloisonnement des services dans leur connaissance et leur compréhension de ces thèmes. « Le gouvernement soutient un certain nombre de dispositifs et de projets réservés à l’âge de la scolarité (La forêt et nous, Les aires éducatives). Et pour la petite enfance, quels moyens et quels budgets ? », a-t-elle questionné. Et de développer : « quand on parle de continuité, on parle souvent du temps scolaire et du temps extrascolaire ou périscolaire, mais en réalité, on se trompe : il faut intégrer la petite enfance bien en amont. (…) Aujourd’hui, le Haut-commissariat à l’Enfance a vocation à mettre l’enfant au cœur de l’ensemble de cette réflexion et de cette politique publique. Sans se dire « il est dans la tranche d’âge » ou « il est en dehors » ». Sarah El Haïry a appelé à créer « un continuum autour de l’enfant ». « A mes yeux, on peut enfin penser que la continuité éducative, qui est appelée des vœux de tous, commence quasiment dès la sortie de la maternité et s’accompagne par les professionnels de la petite enfance, a-t-elle souligné. À nous de rendre cela concret, que ce ne soit pas que des mots. C’est une des missions qui me tient à cœur et qui, à mes yeux, est absolument essentielle ».

Repenser les temps et les espaces de l’enfant 

Pour la Haute-commissaire, la question fondamentale qui se pose aujourd’hui, est « comment dans la Cog, dans les structures, dans le soutien à la parentalité, allons-nous intégrer la question de la nature, de l’extérieur, de l’accompagnement des parents, dans l’intérêt des enfants et comment sortir de ce qui est plus habituel et « siloté », de l’organisation administrative des temps de l’enfant ? J’ai un grand espoir », a-t-elle affirmé, évoquant la convention citoyenne qui s’ouvrira à la fin du mois. Elle réunira des citoyens « pour parler des temps de l’enfant, des âges des enfants et qui peut être, d’une certaine manière, avec un regard libéré de l’organisation administrative de nos politiques publiques, et ils pourront repenser les temps et les espaces et donc redonner un nouvel élan ». Et c’est là toute la volonté du Haut-commissariat à l’Enfance. 

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Laurence Yème

PUBLIÉ LE 09 juin 2025

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