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Un espoir pour les jardins d’enfants ?

« Nous devons trouver une solution juridique pour essayer de faire de telle sorte que les jardins d’enfants continuent leurs activités. C’est un point auquel je suis sensible », a déclaré Pap Ndiaye devant la commission Éducation du Sénat, le 13 juillet 2022. De quoi redonner un peu d’espoir à tous ceux qui se battent pour la sauvegarde des jardins d’enfants.

On le sait, la survie des jardins d’enfants ne tient désormais qu’à un fil. Car sur le papier, ils sont bel et bien condamnés à disparaître à la rentrée 2024. En effet, la loi sur l’école de la confiance, instaurant la maternelle obligatoire dès trois ans votée en juillet 2019 a signé leur arrêt de mort. Juste un compromis : un amendement leur donnait un délai de 5 ans pour rentrer dans le rang : soit se transformer en école maternelle privée, soit devenir un EAJE. Une situation délicate pour ces structures qui accueillent les enfants de 2 à 6 ans. Les jardins d’enfants avaient demandé un délai supplémentaire, ce qui leur avait été refusé par le cabinet de Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’Éducation nationale, très hostile à tout sursis et encore plus à toute dérogation (dérogation accordée pour l’école à la maison…), tandis que le Secrétariat d’État à l’Enfance et aux familles y aurait été plus favorable. Adrien Taquet s’était, lui-même, rendu en Alsace dans l’un des plus anciens jardins d’enfants pour leur apporter officiellement son soutien. On peut espérer que Jean-Christophe Combe, son successeur pour la petite enfance, soit dans le même état d’esprit.

Le Sénat a toujours défendu les jardins d’enfants avec énergie… contrairement à l’Assemblée nationale.

Et lors de l’audition du nouveau ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Pap Ndiaye, par la commission éducation au Sénat le 13 juillet dernier, le sénateur LR Max Brisson lui a posé cette question : « Les jardins d’enfants doivent disparaître prochainement. Quelle est votre position sur le sujet ? Seriez-vous prêt à envisager une modification des termes de la loi pour éviter leur disparition ? ».

Et le nouveau ministre a répondu…

« Les jardins d’enfants, je le mentionne au passage, c’est un point en effet tout à fait important qui a souffert de façon indirecte de la loi par ailleurs tout à fait bénéfique sur la scolarisation des enfants à partir de 3 ans, de la loi de 2019. J’en ai parlé aujourd’hui d’ailleurs avec Madame Anne Hidalgo qui est concernée par les jardins d’enfants et j’ai été alerté sur ce sujet par plusieurs élus et plusieurs membres du gouvernement et donc nous devons trouver une solution juridique pour essayer de faire de telle sorte que les jardins d’enfants continuent leurs activités. C’est un point auquel je suis sensible, Monsieur le Sénateur. Il nous faut trouver un chemin pour cela qui soit soutenable mais c’est une question que je note. »

Cette réponse laisse espérer les jardins d’enfants

Caroline David, coprésidente de la Fédération Nationale des Jardins d’enfants, y voit une porte entrouverte et se plaît à espérer une nouvelle loi les autorisant à poursuivre leur accueil si spécifique et qui a fait ses preuves depuis plus de 100 ans ; Qui coche toutes les cases pour lutter contre les inégalités de destin : mixité sociale et inclusion notamment. Il se dit par ailleurs que Pap Ndiaye est effectivement persuadé de l’utilité de ce type d’accueil que ses propres enfants auraient fréquenté.

L’association des jardins d’enfants a demandé une audition au Ministre et l’AMF qui les soutient compte elle aussi en parler avec le locataire de la rue de Grenelle qu’elle doit rencontrer ces jours-ci.

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Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 25 juillet 2022

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