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Assistantes maternelles : publication du décret sur les modalités d’un nouvel agrément après un retrait

Le décret du 3 mars relatif aux modalités de délivrance d’un nouvel agrément pour l’exercice de la profession d’assistant familial ou d’assistant maternel après un retrait d’agrément vient d’être publié au Journal Officiel de ce mercredi 5 mars. En un article il précise le délai dans lequel un assistant maternel ou familial peut demander un nouvel agrément : six mois à deux ans.

Pour rappel depuis sa modification par la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, dite loi Taquet, l’article L. 421-6 du code de l’action sociale et des familles dispose d’un nouvel alinéa, lequel prévoit : « En cas de retrait d’un agrément motivé notamment par la commission de faits de violences à l’encontre des mineurs accueillis, il ne peut être délivré de nouvel agrément à la personne (ndlr : assistante familiale ou assistante maternelle) à qui l’agrément a été retiré avant l’expiration d’un délai approprié, quel que soit le département dans lequel la nouvelle demande est présentée. Les modalités d’application du présent alinéa sont définies par décret en Conseil d’État. »
Près de trois ans après sa promulgation, ce fameux décret est donc enfin publié !

Lors de la présentation du projet de décret au Comité de filière petite enfance en juin dernier, associations et syndicats avaient un peu rué dans les brancards et avaient été invités à donner leurs retours pour le 5 juillet.

Des retraits d’agrément liés à des violences

Le décret précise donc le délai à respecter pour déposer une nouvelle demande d’agrément pour l’exercice de la profession d’assistant maternel ou d’assistant familial, quel que soit le département dans lequel cette demande est présentée, lorsque l’agrément précédent a été retiré pour des faits de violences résultant d’atteintes à l’intégrité physique ou psychique de mineurs accueillis.

De 6 mois à 2 ans selon les cas

Le décret stipule : « ( …) la personne dont l’agrément a été retiré ne peut déposer une nouvelle demande d’agrément avant l’expiration d’un délai de six mois à compter de la date de notification de la décision de retrait, quel que soit le département dans lequel la nouvelle demande est présentée.»
« Si ces faits donnent lieu à des poursuites pénales, la personne dont l’agrément a été retiré ne peut déposer une nouvelle demande d’agrément avant l’expiration d’un délai de deux ans à compter de la date de notification de la décision de retrait, quel que soit le département dans lequel la nouvelle demande est présentée. Toutefois, elle peut déposer sa nouvelle demande d’agrément avant l’expiration de ce délai en cas d’ordonnance de non-lieu ou de décision définitive de relaxe ou d’acquittement. »
Dans le projet de décret, il y avait un délai unique de 6 mois à respecter avant de demander un nouvel agrément. Le décret prend le parti de prévoir deux délais différents selon qu’il y a des poursuites pénales ou non, donc proportionnels à la gravité de la. Et donc des preuves recueillies ou non.

Pour Sandra Onyszko, porte-parole de l’Ufnafaam, cette formulation plus juste qui « réduit le risque lié aux fausses accusations. Car l’assistante maternelle ou familiale est moins pénalisée en cas de non-preuve. ».
Stéphane Fustec (CGT-SAP)  commente : « cette version du décret est beaucoup mieux que celle qui nous avait été présentée qui  aboutissait à une double peine pour l ’assistante maternelle dont la suspension par erreur ! Même si la concertation a été imparfaite, nos remarques ont été prises en compte. »

Henriette Amiel, secrétaire générale du S.P.A.M.A.F est, elle, en désaccord avec ce décret. «  Nous avons défendu lors de la discussion au Comité de filière petite enfance que le délai de 6 mois puisse être ramené à un mois dans le cas des suspensions d’agérement injustes et injustifiés. Nous n’avons pas été entendus. Par ailleurs, nous ne comprenons pas qu’une assistante maternelle ayant été violente avec des enfants puisse , deux ans plus tard, demander un nouvel agrément. Pour nous, en cas de violences avérées, le retrait d’agrément doit être définitif.»

Consulter le décret

Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 05 mars 2025

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5 réponses à “Assistantes maternelles : publication du décret sur les modalités d’un nouvel agrément après un retrait”

  1. Marie-pierre Bintz dit :

    Par ailleurs, nous ne comprenons pas qu’une assistante maternelle ayant été violente avec des enfants puisse , deux ans plus tard, demander un nouvel agrément. Pour nous, en cas de violences avérées, le retrait d’agrément doit être définitif.»Par ailleurs, nous ne comprenons pas qu’une assistante maternelle ayant été violente avec des enfants puisse , deux ans plus tard, demander un nouvel agrément. Pour nous, en cas de violences avérées, le retrait d’agrément doit être définitif.»
    Voilà ce que je pense sur ce décret.
    Nos enfants sont en danger avec ce genre de décret.

    • Nadège Guillebault dit :

      Bonjour oui entièrement d accord .des l instant qu il y a eu maltraitance et bien il serait logique que le droit de redemander un agrément soit totalement interdit .

    • SYLVIE HENRIQUES dit :

      Bonjour, je suis totalement d’accord, mais ce décret ne change rien c’est déjà ce qui se passe aujourd’hui malheureusement. J’ai eu le cas avec une assistante maternelle près de chez moi qui a été en garde à vue et à eu le soutien par pétition d’autres parents et elle retravaille, il lui a été supprimé juste un accueil sur 4.

  2. Catherine Lauvand dit :

    Quelle honte d’autoriser une assistante maternelle ou autre personne s’occupant de la petite enfance et leur ayant fait subir des violences de leur permettre d’excerser à nouveau. Quand je pense qu’en étant consciencieuse et sans rapproche on nous fait tout un flan pour renouveler notre agreement quitte à couper un arbre par soit disant sécurité… où va t’on…😡😩😫

    • Didi Deloumeaux dit :

      Les textes mettent en avant  » l intérêt supérieur de l enfant ». Avec un tel nouveau texte, apparament il en est plus question. L assistante maternelle qui est accusée de maltraitance avérée ou non devrait faire l objet d une suspension définitive ( cette info devrait être relayé au niveau national). L état est la pour protéger le ou les enfants etvpas le revenu de l ass mat.
      Par contre un retrait pour non collaboration, non respect de ses obligations professionnelles (ex : acceuil en surnombre, manquement sécuritaire, conflits avec les parents, difficultés de communication avec la PMI, abscence de formation continue etc..) dans tous les cas des interventions ou non ne mettant pas en danger l enfant que ce soit par elle ou un membre de sa famille, l ass mat devrait pouvoir solliciter un nouvel agrément. Le retrait étant informé sur le plan national, au département ou elle fait la demande de re évaluer le dossier. Sauf en cas de maltraitance avérée ou suspectée.
      Je reste sans voix quand je lis les commentaires des syndicats (a part celui de spamaf).
      Là dedans, je ne vois pas qui se bat pour l intérêt des enfants.
      Un enfant, c est à vie qu il est traumatisé. Une réputation, ça s oublie avec le temps qui passe. Un travail, on peut en retrouver dans d autres domaines.
      L enfant d abord (point c est tout)

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