CMG : les gagnants et les perdants de la réforme selon l’Observatoire de l’emploi à domicile
Entrée en vigueur en septembre 2025, la réforme du complément de libre choix du mode de garde (CMG) vise à réduire les écarts de reste à charge entre l’accueil collectif et l’accueil individuel. L’Observatoire de l’emploi à domicile tire un premier bilan de la réforme dans son baromètre de décembre.
Avant la réforme, le coût élevé de l’accueil individuel pouvait constituer un frein majeur pour de nombreux parents. Dans son baromètre, l’Observatoire de l’emploi à domicile prend l’exemple d’un foyer disposant de revenus équivalents à deux Smic. Dans ce cas, le reste à charge mensuel s’élevait à 306 € pour une assistante maternelle et à 344 € pour une garde partagée, contre 138 € en crèche collective. Ces écarts de coût orientaient mécaniquement les familles vers l’accueil collectif, limitant ainsi le recours à l’accueil individuel. C’était tout l’enjeu de la réforme du CMG : rééquilibrer les restes à charge entre les différents modes d’accueil et mieux soutenir les familles modestes ou celles ayant des besoins importants.
Un nouveau mode de calcul plus équitable
Depuis septembre 2025, le CMG est calculé à partir de quatre paramètres : les revenus mensuels du foyer, le nombre d’enfants à charge, un coût horaire de référence fixé au niveau national (4,85 € par heure en 2025) et la rémunération effective de la salariée, qui peut différer de ce coût de référence.
Une harmonisation des restes à charge sous conditions
L’évaluation de l’Observatoire de l’emploi à domicile montre que l’harmonisation des restes à charge avec l’accueil collectif est atteinte lorsque la rémunération horaire de l’assistant maternel est égale au coût horaire de référence. Lorsque cette rémunération est inférieure, le reste à charge devient plus avantageux que celui d’une place en crèche collective. À l’inverse, lorsque la rémunération dépasse le coût horaire de référence, le reste à charge demeure supérieur à celui de l’accueil collectif, tout en restant inférieur à ce qu’il était avant la réforme pour la majorité des familles.
Des bénéficiaires majoritairement en couple
La réforme bénéficie principalement aux parents employeurs vivant en couple, aux revenus relativement modestes, qui recourent à un volume horaire d’accueil élevé et rémunèrent les assistants maternels au coût horaire de référence, donc fixé à 4,85 € de l’heure. Les couples ayant un enfant en situation de handicap figurent également parmi les bénéficiaires. Le nouveau mode de calcul considère chaque enfant en situation de handicap comme deux enfants à charge, ce qui augmente le montant du CMG perçu. Par ailleurs, bien que les parents en situation de handicap vivant en couple ne bénéficient plus de la majoration de 30 %, la réforme ne se traduit pas par une perte financière pour eux.
Concernant la garde d’enfants à domicile, la réforme entraîne une baisse du reste à charge dans la majorité des situations, dès 65 heures d’accueil mensuelles pour un couple avec un enfant à charge et dès 50 heures pour un couple avec deux enfants. Le recours à une garde à temps complet devient ainsi plus accessible, y compris pour les couples aux revenus les plus élevés. La réforme profite également aux parents isolés d’enfants âgés de 6 à 12 ans, le CMG étant désormais versé jusqu’aux 12 ans de l’enfant, contre 6 ans auparavant.
Des effets négatifs pour certains parents isolés
À l’inverse, les parents isolés d’enfants de moins de 3 ans figurent parmi les principaux perdants de la réforme, y compris lorsqu’ils sont en situation de handicap ou ont un enfant en situation de handicap. Leur reste à charge peut augmenter en raison de la suppression de la majoration de 30 % du CMG et de la suppression de la majoration de 40 % des plafonds de revenus qui déterminaient auparavant le montant maximal de l’aide.
L’ Observatoire détaille l’exemple d’un parent isolé avec un enfant de moins de 3 ans disposant d’un revenu net mensuel de 1 600 € et ayant recourt à une assistante maternelle pour 160 heures par mois, rémunérées au tarif de référence de 4,85 euros de l’heure. Le parent perd 42 € par mois avec la réforme.
Ces résultats sont proches de ceux présentés par la CAF, la MSA et l’Urssaf à travers les cas types publiés à l’automne pour illustrer le nouveau mode de calcul du CMG. Dans les deux approches, la réforme apparaît globalement favorable à une majorité de familles, en particulier les couples, les ménages modestes et ceux rémunérant au tarif horaire de référence, avec une baisse ou une stabilisation du reste à charge.
Et pour les assistantes maternelles ?
L’étude ne revient pas sur l’impact pour les professionnelles de l’accueil individuel. Sur ce ce point, deux enquêtes récentes apportent des résultats très contrastés. L’enquête menée par l’UNSA Pro AssMat auprès de 1 238 répondants révélait une majorité de situations stables ou améliorées. L’étude du SPAMAF parue simultanément, mettait en avant, en revanche, des effets nettement plus négatifs.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 17 décembre 2025