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Crèches de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon : dépôt des offres de reprise le 15 juin
Le placement en liquidation judiciaire de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon (FOCSS) a provoqué un séisme dans le secteur associatif investi dans la petite enfance et le médico-social. Personne n’imaginait que la Fondation puisse disparaitre. Le point sur la situation, alors que ce 15 juin les offres de reprise seront déposées.
Du redressement judiciaire à la vente des activités
La FOCSS a été placée en redressement judiciaire en novembre 2025 à la suite de difficultés financières importantes. Le 14 avril 2026 dernier, la Fondation a annoncé le lancement d’un plan de cession de l’ensemble de ses activités, incluant les structures petite enfance. Les administrateurs n’ayant pas accepté le plan de redressement conçu, selon le communiqué de la Fondation, « sur un recentrage autour de son cœur de métier et comportant des cessions et l’arrêt de certaines activités ». En effet, pour les administrateurs judiciaires, la priorité absolue étant la préservation d’un maximum d’emplois, ils avaient choisi alors de mettre en œuvre sans attendre un plan de cession, afin d’éviter un risque de liquidation totale… Ce même communiqué annonçait alors l’ouverture d’une data room présentant les activités et les structures de la Fondation aux repreneurs éventuels. En attendant la suite de la procédure, toutes les activités se poursuivent. Pour rappel le pôle petite enfance de la FOCSS, ce sont 40 structures dont 35 crèches et 779 salariés.
Des salariés inquiets et vigilants
Les salariés sont inquiets et restent mobilisés. Ils savent ce qu’ils veulent et surtout ce qu’ils ne veulent pas ! Selon une élue au Comité social et économique (CSE), « nous souhaitons une reprise globale de l’ensemble des activités de la Fondation, et surtout ne pas être vendus à la découpe, par appartements. Et, ajoute-t-elle, nous souhaitons un repreneur qui soit en phase et garantisse les valeurs de la Fondation ». Traduction : le scénario où les acquéreurs ne prendraient par exemple que les crèches, ou certaines crèches… ne leur convient pas. Or c’est ce qui se profilerait. Et la rumeur selon laquelle un gros acteur privé lucratif s’intéresserait aux dossiers leur convient encore moins.
Le 6 mai dernier, ils avaient manifesté devant le Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ; une délégation avait été reçue par le cabinet de la ministre Stéphanie Rist. Le 11 juin, (voir la pièce jointe) à quelques jours de la dead line du 15 juin pour la remise des offres, ils ont appelé à un nouveau rassemblement, étonnés que l’on parle si peu d’eux, alors qu’ils représentent au total 1880 salariés et leurs activités plus de 100 000 personnes ! La veille, le 10 juin, un meeting à l’initiative des syndicats avait été organisé à La Bourse du Travail, réunissant salariés, usagers et soutiens politiques.
Dépôt des offres-repreneurs : le 15 juin au plus tard
La data room ouverte le 14 avril se clôtura officiellement le 15 juin avec les dépôts des offres des repreneurs. Une data room jugée d’ailleurs, par certains potentiels repreneurs, comme comportant des données insuffisamment précises pour prendre une décision. Officiellement les repreneurs ne seront pas connus avant le 15 juin. Mais des noms circulent comme par exemple la Croix Rouge, la Fondation Rothschild, des acteurs mutualistes et un « grand groupe privé »… Et aussi, le groupe SOS. Céline Legrain, directrice générale de Crescendo, association du groupe SOS, gestionnaire de crèches explique : « effectivement le groupe SOS étudie la data room, regarde le dossier de reprise de plusieurs dispositifs, pas seulement ceux concernant la petite enfance. Si une offre est faite, ce sera une offre globale, au niveau du groupe au nom de ses différentes entités intéressées. ». En ce qui concerne les crèches, elle confirme que Crescendo expertise le dossier. Pour elle la vraie question est la suivante : « est-ce que la reprise de crèches pourra se faire avec le personnel y exerçant, car dit-elle une crèche qui fonctionne, qui fait un travail de qualité, c’est une crèche dont l’équipe sait travailler ensemble. Or ce point n’est pas encore clarifié. »
En effet, les administrateurs judiciaires ont une vue d’ensemble de tous les salariés de la Fondation, et si toutes les crèches et leurs personnels ne sont pas reprises, ils auront tendance à appliquer des règles précises (ancienneté, âge, situation familiale, etc.) pour définir le plus justement possible le personnel à reclasser en priorité. Or la plupart des gestionnaires considèrent que reprendre une crèche sans son équipe, mais avec du personnel venant de différentes structures, c’est compliqué. Il y a tout un travail de cohésion d’équipe et d’organisation à réaliser et cela prend du temps !
Un enjeu pour la ville de Paris
La Ville de Paris suit de près le dossier de la FOCSS et notamment l’avenir de ses crèches. Elle ne restera pas spectatrice. Et fera tout pour encourager et soutenir les offres d’acteurs associatifs. Prioritairement, dans un souci de qualité d’accueil et pour rester dans la continuité de la Fondation et de ses valeurs. C’est ce qui est expliqué dans la délibération votée par le Conseil de Paris fin mai. Par ailleurs la Ville s’est positionnée auprès des administrateurs judiciaires « pour reprendre en régie la crèche municipale confiée par voie de marché public à la FOCSS, la crèche Marchal (75020) ». Au vu de l’évolution de la situation, Paris pourra, comme la procédure l’y autorise, « continuer de se coordonner avec les autres repreneurs potentiels, notamment associatifs, dans le but d’assurer ses objectifs quant à la qualité du service public rendu aux parisiens et le cas échéant, afin d’actualiser son offre, le Conseil de paris serait alors amené à se prononcer de nouveau, si besoin est ».
Il est évident que pour la Ville de Paris, les crèches de la FOCSS ne sont pas une part négligeable dans l’offre d’accueil. Et d’ailleurs, elle les subventionne comme elle le fait pour les autres crèches associatives. Si toutes les crèches n’étaient pas reprises et devaient cesser leur activité, cela accentuerait le manque de places d’accueil…. En revanche, le personnel de ces crèches n’aurait aucune difficulté à retrouver un emploi dans les crèches parisiennes, Paris et l’Ile-de-France étant des lieux où la pénurie de professionnels de la petite enfance est particulièrement marquée.
Et maintenant ?
Les noms des repreneurs déclarés devraient être rendus public à la fin du mois de juin. La décision du tribunal des activités économiques pourrait être connue cet automne, probablement en octobre.
Pièce jointe :
LA-FONDATION-EN-DANGER-AGISSONS-MAINTENANT.pdf
2.25 Mo
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Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 10 juin 2026