S’abonner

Redressement judiciaire de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon : 35 crèches menacées de fermeture

Placée en redressement judiciaire depuis novembre 2025, la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon, acteur majeur du secteur sanitaire et médico-social à Paris, s’oriente vers une cession globale de ses activités. Au total, 35 crèches sont menacées de fermeture : 800 salariés sont concernés.

La Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon est en train de jouer son avenir. Les administrateurs judiciaires ont annoncé, mardi 14 avril dernier, la mise en œuvre d’un plan de cession portant sur l’ensemble de ses activités, dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire ouverte le 5 novembre 2025. La fondation gère 65 structures, dans les domaines de la santé, de la petite enfance (35 crèches), de la protection de l’enfance, du handicap, du grand âge, ainsi que de la formation et de la recherche.

Cette décision vise avant tout à éviter un scénario plus brutal. Selon le communiqué, « la préservation du maximum d’emplois [est] leur priorité absolue », les administrateurs ayant choisi d’agir rapidement afin d’« éviter un risque de liquidation totale de la Fondation ». Une situation qui impacterait 1 800 salariés et de nombreuses familles accompagnées par la fondation.

Des difficultés financières dans un secteur sous tension

Comme de nombreux acteurs du secteur sanitaire, social et médico-social, la Fondation fait face à une situation financière très dégradée. Le communiqué évoque notamment « des tensions sur les subventions » et « des charges nouvelles liées notamment à la hausse des prix et aux dispositions du Grenelle de la Santé, auxquelles se sont ajoutées des causes plus spécifiques liées à la croissance rapide de la Fondation depuis 2023 ».

Un plan de redressement avait initialement été envisagé, reposant sur un recentrage des activités et certaines cessions. Mais les résultats des audits ont montré que les risques demeuraient encore trop importants. Les administrateurs ont estimé que la mise en œuvre du plan exposerait la fondation « à des aléas majeurs dans un environnement marqué par les difficultés de l’ensemble du secteur », précise le communiqué. Le moindre retard de paiement aurait pu mener à la cessation d’activité totale et au licenciement de l’ensemble des salariés.

Un appel à repreneurs jusqu’à mi-juin

Concrètement, une procédure d’appel d’offre a été lancée pour permettre à d’éventuels repreneurs de se positionner. Une data-room (ou salle de données sécurisées) a été ouverte le 14 avril, et les candidats auront jusqu’au 15 juin 2026 pour déposer leurs propositions. Le calendrier prévoit ensuite une analyse des offres durant l’été, avant une décision du tribunal des activités économiques attendue pour courant octobre.

Ce sont 35 crèches qui sont potentiellement menacés de fermeture. « C’est une annonce difficile, nous indique la direction. Mais le message que nous avons transmis, c’est qu’il s’agit de la solution la plus responsable pour garantir le maximum d’activités et d’emplois ». Sur le choix des repreneurs, la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon insiste sur les trois critères qui seront privilégiés, si deux repreneurs se présentent : la solidité du projet, le nombre d’emplois sauvegardés, et la concordance du projet avec les valeurs de la Fondation.

Apprentissage : les crèches associatives confrontées à de nouvelles contraintes financières

Crèches associatives : 84 % des crèches de la FEHAP sont en déficit

Etude : le secteur associatif, bon élève de l’APP et de la réflexivité

Candice Satara

PUBLIÉ LE 14 avril 2026

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire