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Crèches : Sarah El Haïry apporte son soutien au secteur marchand

Sarah El Haïry était invitée ce lundi 16 juin à ouvrir les travaux des gestionnaires de crèches privées à but lucratif, adhérents de la FFEC, réunis pour son assemblée générale annuelle. Elle a sans doute souhaité rassurer ce secteur qui se dit en difficulté et se sent délaissé par les pouvoirs publics ces derniers mois et c’est donc un discours que d’aucuns qualifieraient de « pro privé » qu’elle a délivré.

« Statut ne vaut pas vertu »

La Haute-commissaire à l’Enfance a rappelé que « le statut ne vaut pas vertu ». Une de ses phrases fétiches qu’elle avait employé pour la première fois lors du Printemps de la Petite Enfance 2024. Une affirmation qui a dû mettre du baume au cœur au secteur marchand,  lui qui se sent si mal aimé, notamment depuis la publication du décret sur la qualité d’accueil en micro crèche.

Sarah El Haïry a développé : « Il (ndlr : le statut) n’absout pas. Mais il ne condamne pas non plus. La qualité de l’accueil ne dépend pas d’un statut juridique. Elle dépend d’une éthique, d’un engagement, d’un encadrement, d’une formation, d’un management. Et sur tous ces plans, vous êtes au rendez-vous. Vous vous soumettez aux mêmes normes que les structures publiques ou associatives, et vous allez souvent plus loin, avec une charte éthique, des pratiques renforcées, des efforts permanents. »

« Le système actuel ne tient plus »

La Haute-commissaire a d’emblée établi : que le système ne tenait plus et devait changer. Elle a listé les difficultés actuelles « Vos charges augmentent : loyers, salaires, inflation, obligations nouvelles. Vos recettes stagnent. La PSU ne suit pas le rythme. Le plafond des micro-crèches PAJE est gelé depuis 2016. La pénurie de professionnels gèle jusqu’à 3 % des places existantes. La trésorerie est fragile, et les défaillances s’accélèrent. Si rien ne change, il y aura moins de places de crèches en 2027 qu’en 2022. Et ce n’est pas seulement un enjeu économique : c’est un enjeu social, éducatif, démographique. ». Elle au aussi repris les principales revendications de la FFEC, affirmant qu’elles sont « légitimes et qu’elles étaient étudiées très sérieusement.»
Mais la Haute-commissaire a aussi souligné avec force que « seul l’intérêt supérieur de l’enfant est sa boussole.»

Un SPPE qui se fera avec tous les acteurs

Quand elle était ministre, Sarah El Haïry l’avait comme ses prédécesseurs maintes fois affirmé, le secteur marchand aurait toute sa place dans le SPPE. Elle l’a réaffirmé avec force et conviction de lundi : « nous ne pourrons pas bâtir un Service Public de la Petite Enfance solide sans vous.
Et nous ne pourrons pas exiger davantage de qualité sans assumer, collectivement, le coût que cela implique. Alors oui, le statu quo n’est pas une option. Et oui, vous êtes une partie de la solution. Je vous remercie pour ce que vous portez, pour ce que vous défendez, pour ce que vous construisez au quotidien, souvent dans l’ombre. Et je vous dis à nouveau : nous aurons besoin de vous. »

Ironie du sort… quelques heures après ce discours très rassurant pour le secteur marchand, l’IGAS publiait son rapport sur la Maison Bleue, un groupe adhérent de la FFEC.

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Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 16 juin 2025

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