Écrans avant trois ans : Sarah El Haïry favorable à l’interdiction dans les lieux d’accueil
À l’occasion d’une conférence sur les écrans chez les jeunes enfants, Sarah El Haïry s’est prononcée pour une interdiction stricte dans les lieux qui accueillent des enfants entre 0 et 3 ans. La polémique est relancée.
Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a participé mercredi 21 mai à une conférence sur la surexposition des enfants aux écrans, organisée par l’association 1001 mots, intitulée « Écrans et petite enfance : interdire ou accompagner ? ». Lors d’une table-ronde : « Ecrans avant 3 ans : quelles décisions politiques ? », la haute-commissaire à l’Enfance, s’est dite favorable à une approche consistant à interdire et à accompagner. « Je pense qu’il est pertinent d’interdire (ndlr. les écrans) dans les espaces professionnels qui accueillent des enfants entre 0 et 3 ans. C’est déjà une pratique, mais cela donne un cadre. Et je suis très à l’aise avec ce choix. C’est un signal, une étape ».
Sarah El Haïry fait évidemment référence à l’accueil collectif et individuel et relance une polémique. Pour autant, elle précise, tout en évoquant le fait qu’il n’y a quasiment pas d’écrans dans les crèches : « C’est la question des usages, du contenu. On ne peut pas interdire l’usage du smartphone pour prendre des photos pour les parents, à un moment il faut dédramatiser, avoir un peu de bon sens ».
Une position qui n’est pas nouvelle
La position de la haute-commissaire à l’Enfance est dans la droite lignée de Catherine Vautrin qui, en février dernier, lors d’un déplacement à l’hôpital Robert Debré, à l’occasion du Safer Internet Day, avait partagé plusieurs pistes de réflexion sur les écrans et cité à nouveau les crèches : « L’interdiction complète est toujours très difficile. Vous n’êtes pas dans la vie des familles tous les jours. Alors dire qu’on ne met pas d’écran dans une crèche, pourquoi pas ? ». En avril 2024, deux députés LR avaient aussi déposé une proposition de loi visant à interdire l’exposition aux écrans des enfants de moins de trois ans, dans les lieux d’accueil de la petite enfance. Un texte qui avait déclenché l’ire du secteur, déjà en manque de reconnaissance. Et rebelote en octobre 2024, une nouvelle proposition de loi visait « à réguler l’usage des écrans, qu’il s’agisse du téléphone, des tablettes ou de la télévision, en présence des enfants accueillis par une assistante maternelle ou une crèche collective ».
Accompagner les parents
Dans les lieux personnels et privés, la piste privilégiée par la haute-commissaire à l’Enfance est l’accompagnement. « L’idée d’envoyer un policier ou un gendarme dans toutes les maisons n’a aucun sens. A l’inverse, il faut absolument accompagner, a-t-elle déclaré. Accompagner les enfants, les parents, les enseignants, accompagner les professionnels du tourisme et les urbanistes pour qu’ils pensent l’espace public pour qu’il soit plus accueillant ». Pour la haute-commissaire à l’Enfance, la lutte contre la surexposition aux écrans passe également par une réflexion sur la place qui est accordée aux enfants au sein de la société.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 22 mai 2025