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Formation des assistantes maternelles : « conflit d’intérêts » entre la Fepem et Iperia

Le SNPPE, l’UFNAFAAM, la FNEJE, et le Collectif SPE alertent sur les conclusions préoccupantes du rapport de la Cour des comptes, révélées par Médiapart, concernant la gestion douteuses des fonds de formation professionnelle par Iperia. Les quatre organisations professionnelles appellent à une réforme immédiate des « dispositifs sur des bases justes et transparentes, en impliquant réellement les professionnels de terrain.»

Dans un rapport révélé par Mediapart le 27 décembre, la Cour des comptes critique sévèrement « le conflit d’intérêts » entre la Fepem, fédération patronale du secteur, et Iperia, l’entreprise qui règne sur la formation professionnelle des assistantes maternelles et des employés à domicile.

Des dérives inacceptables

Dans un communiqué commun publié ce 13 janvier, les organisations professionnelles (Collectif SPE, FNEJE, SNPPE, UFNAFAAM) rappellent qu’elles alertent depuis des années sur « l’opacité systémique et la gouvernance déséquilibrée » qui privent « des milliers de professionnels d’accès équitable à la formation et mettent en péril la qualité d’accueil des jeunes enfants.». Le rapport qui pour l’heure n’est pas publié, il devrait sortir fin janvier, « va révéler que des structures comme la FEPEM et ses filiales (Iperia, Université du Domicile -UDD-, ANPI, Domicile & Compétences, France Emploi Domicile) monopolisent les fonds alloués à la formation professionnelle.» souligne le communiqué. Par ailleurs, la Fepem est donc l’acteur chargé de piloter les fonds de formation, mais aussi celui qui les distribue via son association, c’est à dire via Iperia.

Contactée Sandra Onyszko de l’ufnafaam apporte quelques précisions. « L’argent de la formation, l’argent public est envoyé sur des fonds, mais on comprend mal la répartition, le financement reste opaque.» Par ailleurs, ajoute-t-elle , « Mediapart indique qu’Iperia prendrait sa participation au passage, lorsqu’elle labellise des formations, ce qui n’est pas acceptable. »

Un autre problème se pose concernant la médecine du travail. En effet, la Fepem souhaitait confier le défraiement des salariés pour la médecine du travail à Iperia également. Finalement, face à la colère des syndicats, c’est l’APNI qui a été désignée, mais « de nombreuses incertitudes demeurent quant à sa capacité à assurer un service transparent et efficace, retardant l’accès effectif des professionnels aux compensations financières nécessaires. »

Une réforme en profondeur du système

Les organisations demande instamment :
– La mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur les dérives identifiées et instaurer des garde-fous.
– Une gouvernance renouvelée et équitable intégrant l’ensemble des acteurs de terrain, seuls témoins de l’efficacité des décisions prises : relais petite enfance (RPE), associations d’assistantes maternelles, organismes de formation et syndicats professionnels
– Une séparation claire des rôles entre les gestionnaires de fonds et les bénéficiaires afin d’éliminer tout conflit d’intérêt.
– Un pilotage transparent et indépendant, confié à des instances compétentes comme les OPCO, pour garantir l’accès à des dispositifs de formation et de santé au travail de qualité.

Candice Satara

PUBLIÉ LE 14 janvier 2025

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