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Mobilisation du 6 juin : Pas de bébés à la consigne, déçu de ne pas avoir été reçu par le ministre
Mardi 6 juin, la petite enfance était dans la rue à l’appel de Pas de bébés à la consigne, à Paris et dans plusieurs autres villes de France. Une journée d’action pour dénoncer la dégradation de la qualité d’accueil des jeunes enfants, militer pour la mise en œuvre des recommandations de l’IGAS dont plusieurs sont en phase avec les préconisations du collectif, mais aussi pour montrer son opposition à la réforme des retraites. Et lors de laquelle il espérait être reçu par Jean-Christophe Combe. Ce ne fut pas le cas. Un refus au goût amer pour Pas de bébés à la consigne.
Moins de pros que lors des derniers rassemblements
Sans surprise, la mobilisation du 6 juin n’a, semble-t-il, pas été aussi suivie que celle du 6 octobre, à laquelle, pour rappel, 5 000 personnes avaient participé à Paris. « Nous ne nous attendions pas à une mobilisation comme celles précédentes », reconnaît Emilie Philippe, représentante du collectif. Et poursuit : « mais à Paris, nous étions environ 400 manifestants, c’était un bon groupe déjà. Il y a aussi eu des prises de parole au micro, cela a permis de montrer notre présence ». « On est quand même satisfaits car il y avait pas mal de monde à Paris, et le mois de juin, on sait que c’est un mois où il n’est pas facile de mobiliser », ajoute Julie Marty-Pichon, membre de Pas de bébés à la consigne. Sur le reste du territoire, difficile de connaître le nombre de professionnels de la petite enfance présent, certains ayant directement rejoint le cortège de leur syndicat. Mais, estime Julie Marty-Pichon, ils devaient être une centaine à Toulouse, ville où elle-même a manifesté.
Sortir de l’invisibilité
C’est donc dans « une super ambiance », selon Julie Marty-Pichon, que les pros ont défilé banderoles à la main. Des pros pas blasés mais « convaincus », explique-t-elle. « J’ai senti qu’ils avaient envie d’être écoutés et d’être visibles », précise-t-elle encore. Et de pointer aussi du doigt leurs conditions de travail. « Une collègue qui exerce dans une crèche municipale de Toulouse, nous a confié qu’elles sont 3 pros pour 18 bébés ! On marche sur la tête ! Cette crèche applique donc le 1 adulte pour 6 enfants. On avait prévenu que c’est ce qu’il allait se passer ! Quand il n’y a pas assez de pros, il faut fermer les places ! » insiste-t-elle. Et continue : « La situation aujourd’hui est trop grave, il faut qu’on nous écoute ». C’est en sens ce que le collectif a demandé maintes et maintes fois à rencontrer le ministre.
Toujours pas d’entretien avec Jean-Christophe Combe
Depuis octobre, c’est ainsi la 3e fois que Pas de bébés à la consigne sollicitait un entretien auprès du ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. La première, lors de la mobilisation du 6 octobre, le collectif avait été reçu par David Blin, directeur adjoint au cabinet de Jean-Christophe Combe, chef du pôle petite enfance. Une rencontre peu concluante, marquée d’incompréhensions mutuelles (cf Lettre Hebdo n°64). Puis, en mars 2023, rebelote. La demande de rendez-vous avec le ministre est rejetée. On propose au collectif d’échanger avec la directrice de cabinet du ministre, mais finalement cela ne se fait pas. Enfin, suite au rapport de l’IGAS sur la qualité dans les crèches, et dans le cadre de la journée du 6 juin, Pas de bébés à la consigne réitère sa requête. Réponse négative. Leur délégation pourra rencontrer la directrice de cabinet, mais pas le ministre. Pas de bébés à la consigne insiste et mardi 6 juin, une délégation se rend au ministère de la Santé et des Solidarités. A nouveau, on lui fait savoir que l’entretien est prévu avec la directrice de cabinet. Campant sur sa position, le collectif décline et repart donc du ministère. « Quand on ne reçoit pas les professionnels mais les gestionnaires quels qu’ils soient, c’est donner une prévalence à un côté plutôt qu’à l’autre », juge ainsi Julie Marty-Pichon. Mais le collectif ne lâche rien. Et dans un communiqué publié le 7 juin, il « réitère sa demande d’entrevue avec Madame Borne ou avec Monsieur Combe ». Et espère cette fois-ci un retour positif et une entrevue avant la pause estivale.
Le collectif maintient la pression
D’ores et déjà, Pas de bébé à la consigne a prévenu qu’il ne lâcherait rien. « Si nous n’avons toujours pas de rendez-vous, si les annonces qui seront faites d’ici fin juin par le ministre ne sont pas à la hauteur de ce que l’on attend, nous prévoyons une nouvelle mobilisation à la rentrée, dès septembre », avertit Julie Marty-Pichon.
Caroline Feufeu
PUBLIÉ LE 08 juin 2023
MIS À JOUR LE 07 novembre 2024