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Stéréotypes filles/garçons : trois propositions à mettre en place dès la petite enfance selon France Stratégie

France Stratégie a dévoilé, mardi 13 mai, lors d’une conférence de presse un rapport intitulé « Stéréotypes filles/garçons : quelle évolution depuis 10 ans, quelles priorités pour 2030 ? ». Marine de Montaignac et Cécile Jolly, co-autrices du rapport, en ont présenté les principaux enseignements et formulé des recommandations. Parmi elles, plusieurs concernent la période de la petite enfance.

Premier constat : les stéréotypes de genre ont globalement reculé au cours des dix dernières années. En France, la part de la population adhérant à l’idée que « les femmes devraient rester à la maison » a été divisée par deux entre 2000 et 2014 (passant de 44 % à 22 %). Toutefois, cette baisse marque le pas depuis le milieu des années 2010. En 2022, un quart des Français adhérent encore fortement ou modérément à des stéréotypes de genre, avec des écarts significatifs entre les femmes et les hommes.

Un retour en arrière sur certaines représentations

Si les représentations concernant le partage des tâches économiques et domestiques continuent de régresser, celles liées à la supposée prédisposition des femmes aux soins et à l’éducation des enfants sont en hausse. Par exemple, en 2022, 59 % des Français estiment que les mères savent mieux répondre aux besoins des enfants que les pères, contre 54 % en 2014. Autre fait marquant : les jeunes adultes (18-24 ans) se montrent moins progressistes que les générations précédentes. En 2022, 56 % d’entre eux partagent cette idée, contre 50 % en 2014.  Pour Clotilde Coron, professeure des universités et vice-présidente Égalité-Diversité-Inclusion-Handicap à l’Université Paris-Saclay qui est intervenue lors de la première table-ronde de la conférence de presse. « Les rôles sociaux que l’on attribue aux hommes et aux femmes aboutissent à des inégalités de fait. C’est un cercle vicieux qu’il faut briser, en agissant à la fois sur les représentations et sur les politiques publiques. » 

Accueillir tous les enfants dès 1 an

Le rapport formule vingt propositions pour lutter contre les stéréotypes de genre, dont plusieurs ciblent spécifiquement la petite enfance. Elles visent à favoriser un meilleur partage des rôles des hommes et des femmes dans la société et dans le foyer, « car l’observation par le jeune enfant des rôles genrés des parents contribue à la perpétuation des stéréotypes », souligne le rapport.

Allongement et répartition du congé paternité et parental

Le rapport appelle à renforcer le rôle du père dans la sphère familiale afin notamment permettre un meilleur partage des tâches familiales et domestiques. Pour cela, il préconise d’allonger le congé paternité à 10 semaines, dont 6 obligatoires, de réduire la durée du congé parental, mais de mieux le rémunérer et d’imposer un partage équitable entre les deux parents.

Accueil formel pour tous les enfants dès 1 an

Pour limiter la « pénalité de maternité », le rapport recommande de « garantir une solution d’accueil formel à tous les enfants à partir de l’âge d’un an, dans le cadre du Service public de la petite enfance. » L’atteinte de cet objectif ambitieux « suppose d’offrir 200 000 solutions d’accueil formel supplémentaires à l’horizon 2030 », indique France Stratégie qui suggère qu’une partie de ces places proviennent des enfants de plus de 3 ans non scolarisés. « Aujourd’hui limité aux enfants atteignant 3 ans avant la fin de l’année civile, le droit à la scolarisation pourrait être étendu aux enfants atteignant 3 ans entre janvier et août, pour qui une deuxième rentrée au mois de janvier pourrait être expérimentée. » Mais pour y arriver, « il serait nécessaire de recruter davantage d’ATSEM, avec un coût estimé à 300 millions d’euros pour 10 000 recrutements.»

Plus de mixité dans les métiers de la petite enfance

En dix ans, la part des femmes et des hommes dans les métiers de la petite enfance n’a pas évolué. Le secteur reste très féminin, rappelle le rapport. « Ainsi, en 2012, 99 % des assistantes maternelles étaient des femmes ; elles représentent 98 % des effectifs en 2020 (…) En 2022, 97 % des élèves en formation pour obtenir le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants étaient des femmes. Cette proportion était identique en 2014. » 

Lire aussi : Tout K’Homme : un projet pour inciter les hommes à travailler en petite enfance

Pour « dégenrer » le secteur de la petite enfance, le rapport appelle à un nouveau plan « visant à attirer davantage d’hommes dans les métiers de la petite enfance ». France Stratégie suggère également de « fixer aux établissements de formation initiale, publics et privés des objectifs de progression, de mixité des spécialités de formation pré et post-bac et bonifier les subventions aux établissements en fonction des progrès accomplis. »

Candice Satara

PUBLIÉ LE 13 mai 2025

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