Crèches privées : le nombre de places créées chute, les destructions explosent, selon la FFEC
La Fédération Française des Entreprises de Crèches (FFEC) dresse un constat préoccupant : la dynamique de création de places en crèches privées s’effondre, tandis que les fermetures explosent. Dans un communiqué publié le 20 mars 2026, la FFEC appelle à une mobilisation nationale.
Comme chaque année, la FFFEC publie les résultats de ses statistiques annuelles*. Le constat est sans appel : la création nette de places en crèches privées atteint son plus bas niveau en 2025. Et les fermetures s’accélèrent brutalement.
Alors que les années précédentes affichaient encore des dynamiques positives, l’année 2025 marque une rupture nette. Le secteur privé n’a généré que 506 places supplémentaires, malgré plus de 3 000 places « construites » dans l’année. En cause : une explosion des destructions, avec 2 608 places fermées. La FFEC parle d’une situation inédite : « En 2025, les crèches privées ont enregistré les pires chiffres de destruction de places de crèche et de création nette depuis 2017 ».
Un modèle économique sous tension
Pour la FFEC, cette dégradation rapide n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Le communiqué pointe le décalage entre les financements publics et les coûts qui explosent. « Les recettes ne sont pas indexées sur l’augmentation réelle des charges ». Certaines structures ne parviennent plus à supporter ces charges. Et cela se traduit par des réductions de capacité et des fermetures.
Au-delà de l’année 2025, la FFEC projette ses inquiétudes sur l’ensemble de la période 2023-2027. Celle-ci devait pourtant être celle du déploiement du Service Public de la Petite Enfance (SPPE). Mais la fédération alerte sur un scénario inverse : « Si le Gouvernement ne décrète pas la mobilisation générale pour la Petite Enfance, la COG 2023-2027 (…), risque fort d’être la « COG de la Honte », celle qui, au lieu de construire 100 000 nouvelles places pour les familles, aura détruit des places au détriment des familles.»
Des moyens financiers disponibles
La FFEC soulève un paradoxe important : les financements existent. Le communiqué souligne que, chaque année, plusieurs centaines de millions d’euros dédiés à la création de places ne sont pas utilisés. « Pour l’année 2026, au moins 200 des 430 millions d’euros dédiés à la création de places ne seront pas dépensés, comme cela a déjà été le cas en 23 (313 millions), 24 (222 millions) et 25 (224 millions), souligne-t-elle. Environ 600 millions d’euros déjà budgétés entre 25 et 27 pourraient être consacrés à empêcher la destruction des places existantes et à soutenir la qualité d’accueil dans toutes les crèches publiques comme associatives ou privées, de toutes tailles et PSU comme PAJE.» En juin 2025, plusieurs fédérations demandaient à la Cnaf la réaffectation urgente de 200 millions d’euros non utilisés du FNAS 2025.
Face à cette situation, la FFEC appelle à une réaction politique forte. Elle plaide pour un « Plan Rebond pour la Petite Enfance », articulé autour de trois leviers : l’ouverture du bonus attractivité à tous les professionnels de crèches et de micro-crèches, la formation en urgence de nouveaux professionnels, « notamment en faisant progresser ceux qui sont déjà salariés de nos établissements, grâce à un soutien public renforcé des VAE et de l’apprentissage », et des financements publics « qui suivent a minima l’augmentation des coûts, dans toutes les crèches de tous statuts PSU comme PAJE.»
L’annonce d’une hausse de 2 % de la PSU en décembre dernier, saluée par les gestionnaires de crèches, s’était révélée en réalité plus limitée que prévu. En raison d’un mécanisme de revalorisation dégressive, tous les établissements ne bénéficieront pas pleinement de cette augmentation, certains n’y ont même pas eu accès.
Restaurer la confiance
Au-delà des aspects économiques, la FFEC insiste aussi sur une question de confiance. Elle propose à nouveau de rendre publics les résultats des contrôles et évaluations des crèches, sur le modèle de dispositifs existants dans d’autres secteurs : Alim-confiance (sécurité des cantines) ou Qualiscope (qualité des hôpitaux et établissements médico-sociaux).
*Les adhérents de la FFEC représentent 14,4% des 499 090 places de crèches de France (recensement ONAPE 2025)
Pièce jointe :
2026-03-20-Stats-creches-FFEC.pdf
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Candice Satara
PUBLIÉ LE 20 mars 2026