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Aurore Bergé recevra les représentants des assistantes maternelles le 27 octobre prochain
« A la suite de la réunion du comité de filière le 13 juillet dernier, et sur la base de ses propositions, la Ministre des Solidarités et des Familles vous invite à une réunion de travail au cours de laquelle elle souhaite vous présenter les mesures envisagées pour soutenir la profession d’Assistante maternelle / Assistant maternel. » Dans un mail aux représentants de l’accueil individuel (syndicats et associations), la ministre des Solidarités et des Familles les a invités à venir la rencontrer. Et leur présentera son plan d’urgence pour l’accueil individuel. Le point sur les attentes des uns et des autres.
Suite aux propositions pour l’accueil individuel votées le 13 juillet dernier par le bureau du comité de filière petite enfance, Aurore Bergé, comme elle l’avait promis, va dévoiler les mesures qu’elle en retient. Nous avons interrogé les invités sur leurs attentes et plus spécifiquement ce qu’ils considèrent comme urgentissime !
Sandra Onyszko (Ufnafaam) : raccourcir les délais d’agrément
Pour la porte-parole de l’Ufnafaam, l’urgence absolue concerne les agréments : « il y a trop de temps entre la demande et l’obtention… ce qui décourage les potentielles assistantes maternelles. » Un agrément aussi trop fragile pour cause de tracasseries administratives.
Autre sujet d’importance : les impayés. Comment y remédier et surtout sécuriser les assistantes maternelles face à ces aléas. Bien sûr, il y a Pajemploi +. Mais cela ne suffit pas.
Pour l’Ufnafaam, la formation initiale est également un point essentiel. La renforcer, car c’est aussi comme cela que les ass’mat seront considérées comme de vrais pros. Et pourquoi pas à l’avenir leur demander d’être titulaire du CAP AEPE dans son ensemble ?
« Enfin, souligne Sandra Onyszko, il faut absolument pouvoir permettre aux assistantes maternelles d’avoir des temps de réflexion hors de la présence des enfants. »
Véronique Luypaert (CNAMCF) : relancer les crèches familiales
Elle avoue, Véronique Luypaert, que bien sûr elle prêche pour sa paroisse… Il n’empêche, pour elle, l’avenir de la profession d’assistante maternelle passe par la relance des crèches familiales. Car, « c’est une des solutions pour lutter contre la pénurie de professionnelles, explique-t-elle. Exercer en crèches peut attirer de nouvelles recrues. Aujourd’hui de jeunes assistantes maternelles débutant dans le métier hésitent à se lancer seules, elles ne s’en sentent pas forcément capables. Travailler en crèche familiale est à la fois sécurisant et formateur pour elles. »
Car, outre la pénurie, « c’est la formation initiale des assistantes maternelles qui pêche. Elle n’est à mon sens pas suffisante. »
Henriette Amiel (SPAMAF) : la question de l’agrément et surtout du concret !
« Le gros souci pour les assistantes maternelles, c’est l’agrément, sa fragilité. Or l’agrément, pour nous, c’est notre droit de travailler, donc c’est essentiel. Souvent le renouvellement d’agrément est aussi compliqué, long et tatillon que le premier agrément. Avec certaines puéricultrices de Pmi, c’est l’inquisition et comme elles font la pluie et le beau temps, c’est très compliqué. Nous souhaiterions un agrément à vie avec bien sûr des contrôles réguliers. ».
Et pour la présidente du SPAMAF, l’autre point très important à aborder c’est la question salariale. Et notamment régler la question les rémunérations des assistantes maternelles en crèches familiales au niveau national. « Car, dit-elle, certaines mairies exagèrent. Elles n’appliquent même pas les textes. »
Stéphane Fustec (CGT Services à la personne) : la réforme des conditions d’attribution du CMG plus qu’attendue !
« Pour la branche, la mesure urgente, c’est d’abord la réforme des conditions d’attribution du CMG. Elle a certes été annoncée mais pas détaillée. Notre souhait est qu’elle intervienne au plus vite et que le plafond de verre des 5 smic par jour soit réévalué ou supprimé pour nous permettre d’avancer sur la question salariale. » Autre point essentiel pour Stéphane Fustec : la rémunération du travail ‘invisible’ (temps de préparation, de nettoyage…). « Actuellement, on ne paie que le temps de travail ‘productif’, c’est-à-dire de l’arrivée de l’enfant jusqu’à son départ, sauf que les professionnelles de l’accueil individuel nous expliquent qu’il y a beaucoup plus de travail en fin de compte, et avant et après le départ des enfants. La reconnaissance de ce travail invisible est quelque chose d’important », souligne-t-il. Ensuite, selon lui, il faut absolument travailler sur les « difficultés avec l’administration et notamment les services de Pmi. Cela constitue aujourd’hui un facteur important de départ de la profession. Il n’y pas d’application homogène des règles. On aimerait donc avoir un vrai référentiel national de l’agrément. Il existe sur le papier, mais chaque département en refait un avec ses propres règles et c’est très mal vécu par les professionnelles. » « Enfin, précise Stéphane Fustec, la question centrale tourne autour du financement, puisque c’est essentiellement du financement public, et qu’il est difficile d’en demander plus aux parents employeurs, en tout cas pour les plus modestes (…). On est pris par le plafond de verre des conditions de financement public de ces métiers. »
Audrey Besnard-Lescène (UNSA-Proassmat) : un fonds de garantie des salaires
« La première mesure essentielle est relative aux impayés. Il faut un fonds de garantie des salaires. La deuxième, c’est la revalorisation des métiers et cela passe notamment par la revalorisation des salaires. La troisième, c’est l’harmonisation du référentiel de l’agrément. Il y a un référentiel national donc il faut que les départements arrêtent de faire leurs référentiels. Sans oublier, les formations qui doivent se faire sur le temps de travail. » A noter : l’UNSA-Proassmat attend aussi avec impatience la réforme du CMG emploi direct qui va permettre d’harmoniser les restes à charge entre les modes d’accueil. Le syndicat espère qu’elle sera bien effective en 2025.
Catherine Lelièvre et Caroline Feufeu
PUBLIÉ LE 29 septembre 2023
MIS À JOUR LE 18 octobre 2023