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Formation des professionnels : tout ce qui change à la rentrée 2026
Réforme du DEEJE, conditions d’accès au DE d’Infirmière puéricultrice, nouveau TP IEPE… On fait le point sur les grands changements de la formation des professionnels de la petite enfance, en cette rentrée de septembre 2026.
DEEJE : un diplôme restructuré pour plus d’attractivité
Après une concertation houleuse en 2025, la réforme des métiers du travail social – toujours controversée – entre en vigueur. Ainsi les étudiants qui commencent leur formation pour obtenir le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE) à la rentrée 2026 suivront un nouveau cursus. La formation reste organisée sur trois ans et confère le grade de licence, mais son architecture et ses modalités d’évaluation évoluent. Le cursus compte maintenant 3469 heures de formation (dont 55 semaines de formation pratique en stage, revues à la baisse). Il est désormais structuré en 4 blocs de formation dont 2 communs aux 5 métiers du travail social. Bien que l’essentiel soit évalué en contrôle continu, les épreuves pour l’obtention du diplôme sont organisées dans les centres de formation selon les modalités qui leur sont propres, mais doivent répondre à des attendus nationaux. L’épreuve conclusive est devenue un simple dossier sur l’analyse du parcours de formation du candidat et de réflexion sur le métier, présenté à l’oral devant un jury.
Par cette réforme, le ministère espère redonner de l’attractivité aux métiers du travail social et créer une véritable filière, en permettant davantage de passerelles entre les différents métiers. Les personnes déjà engagées dans l’ancienne formation restent soumises à ses modalités de certification jusqu’au 31 juillet 2028 au plus tard.
Infirmière puéricultrice : les conditions d’accès à la formation changent et la réingénierie du diplôme suit son cours
À la rentrée 2026, l’accès à la formation conduisant au diplôme d’État d’Infirmière puéricultrice évolue. Par l’arrêté du 5 septembre 2025, le dossier d’inscription et les anciennes épreuves d’admissibilité (QCM et tests psychotechniques) suivies d’une épreuve orale, sont remplacés par une sélection sur dossier suivie d’un entretien visant à « évaluer la capacité du candidat à décliner un raisonnement clinique et à gérer une situation de soin, d’apprécier ses aptitudes et sa capacité à suivre la formation, ainsi qu’à apprécier son projet professionnel et sa motivation ». Notons que les modalités d’accès à la formation de puéricultrice n’avaient pas évolué depuis plus 30 ans et n’étaient pas harmonisées sur l’ensemble du territoire, il fallait donc y remédier… En revanche, le nouveau référentiel de formation – qui doit remplacer la version actuelle datant de 2009 – n’est pas encore prêt. Il doit faire l’objet d’une refonte en 2027, avec la collaboration des organisations responsables de formation.
Le chantier de réingénierie du diplôme d’infirmière puéricultrice a, lui, été officiellement lancé par la DGOS en février dernier, afin d’actualiser et de « renforcer le cadre d’exercice et de formation afin de mieux répondre aux enjeux actuels », a précisé la ministre Stéphanie Rist. Au cours de l’année 2026, les travaux avec principaux acteurs représentatifs de la profession, devraient permettre l’élaboration du nouveau référentiel d’activités et de compétences. Une réforme espérée depuis longtemps par le secteur qui attend une formation en deux ans centrée sur l’enfant, intégrant des compétences de pratique avancée et positionnée au grade de master. Ces compétences supplémentaires leur permettraient d’aller plus loin dans le suivi de la santé des enfants (rédaction de protocoles, d’ordonnances, signature de certains PAI, accompagnement des équipes).
TP IEPE : les premières promotions entrent en formation initiale
Dernier né de la filière petite enfance, le titre professionnel IEPE est entré en vigueur en décembre 2025, fruit d’une concertation expresse et vivement critiquée. Un titre créé en réponse aux inquiétudes des gestionnaires dans un contexte de crise du recrutement, alors que de nouvelles exigences doivent s’appliquer aux micro-crèches en septembre 2028, (lorsque le décret sera publié). Accessible par la VAE depuis janvier dernier, quelques candidates ont déjà pu se présenter à la soutenance finale en juillet mais les premières promotions en formation initiale ne commencent leur cursus qu’à la rentrée de septembre 2026. Une formation de 1400 heures (dont 420h minimum sur le terrain) qui peut être organisée différemment selon les organismes qui la proposent, mais les premiers diplômés sont attendus pour 2027. Pour rappel, les titulaires de cette nouvelle formation de niveau 4 ne peuvent exercer qu’en EAJE, où ils sont comptabilisés parmi les professionnels de catégorie 1.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 28 août 2026