Abonnés
Marine Jeantet, déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté : « Le plan de formation est en pleine montée en puissance »
Lors de La Rentrée de la Petite Enfance, on a fait le point sur le plan de formation Ambition Enfance Egalité avec Marine Jeantet, la déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté.
Marine Jeantet, déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, a tout d’abord indiqué que le plan de formation des 600 000 professionnels de la petite enfance est bien lancé et qu’il « est en pleine montée en puissance ». Elle a rappelé les deux volets de ce plan.
Un volet national avec la construction d’une offre de formation comprenant 7 thématiques dans la lignée du projet 1000 jours et la charte nationale d’accueil du jeune enfant. Ce volet a donné lieu à la signature d’une convention avec les OPCO et le CNFPT. Elle a précisé que les OPCO ont dû adapter leur offre de formation et que le catalogue propose désormais 180 modules qui touchent l’ensemble des 7 thématiques.
Un volet territorial : fin 2020 plus de 124 projets ont été financés au niveau territorial permettant environ 20 000 départs en en formation. Marine Jeantet a signalé que la partie 2021 de ce volet venait d’être lancée et que pour la mettre en œuvre la somme de 3 millions d’euros avait été allouée. Et a ajouté que le volet territorial aidait à faciliter le départ en formation. Elle a également tenu à rappeler que l’Etat a dégagé 36,7 millions d’euros sur 2020-2022 pour le plan de formation, « un investissement conséquent », selon elle.
Elle a aussi insisté sur le fait que ce plan concerne tous les professionnels de la petite enfance (accueil individuel et accueil collectif. « On a une part importante des assistants maternels y compris des salariés des particuliers employeurs notamment les aides à domicile qui ont été concernés par les départs en formation : ils représentent 47 % des personnels qui sont partis en formation sur le volet national et 35% de ceux qui sont concernés dans le volet territorial », a-t-elle révélé. Tout en confiant que les OPCO pour les assistants maternels étaient prêts à signer avant les autres.
Marine Jeantet a aussi souligné que toutes les thématiques semblent intéresser et qu’il est utile de suivre cela afin de pouvoir ajuster, adapter l’offre.
Elle a ensuite donné quelques précisions sur l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) « Accueil pour tous » qui a rencontré un grand succès. Sur les 41 dossiers reçus, 21 ont été sélectionnés. Elle a toutefois spécifié que les 20 autres seraient quand même accompagnés. Et a félicité le fait que tous les territoires ciblés (19) aient répondu. Elle a par ailleurs tenu à souligner la grande diversité, le caractère innovant, l’originalité et la créativité des projets qui touchent aussi bien des territoires ruraux, urbains ou d’Outre-Mer. Parmi les projets, certains sont très globaux (cité éducative de la petite enfance), d’autres initient la création de nouveaux métiers, comme celui de médiateur de la petite enfance, ou encore ont pour but l’ouverture de lieux très mixtes (à mi-chemin entre LAEP et lieux d’accueil du jeune enfant), a-t-elle détaillé. Elle a fait remarquer que certains des projets ne sont pas forcément coûteux. Les projets recevront un accompagnement en ingénierie par la cnaf.
Marine Jeantet a aussi informé d’une volonté de « créer une communauté entre tous ces projets pour créer de l’intelligence collective ». « L’idée c’est aussi de pouvoir essaimer en créant des modèles types qui puissent donner des idées à d’autres collectivités, à d’autres porteurs de projets et d’alimenter la future COG de la Cnaf », a-t-elle continué. Et a conclu : « Cela nous a beaucoup rassuré de voir qu’il y avait une réserve d’idées sur le terrain prête à partir dès qu’on donne les moyens à cette innovation d’émerger. »
Elsa Hervy, Déléguée Générale à la Fédération Française des Entreprises de Crèches, a souhaité poser une question à Marine Jeantet : « Le plan de formation ambition enfance égalité date de plusieurs années, il y a du retard de fait du Covid, donc des fonds n’ont pas été dépensés, est-ce que vous avez obtenu la garantie du report de ces fonds ? est-ce que ça va permettre de former plus vite en 2022 ? Ou est-ce que quelqu’un a fait des économies sur les professionnels de la petite enfance ? ».
En substance, Marine Jeantet a répondu que « les reports sont toujours compliqués avec Bercy » et que « le maintien de crédit est plus envisageable. »
Caroline Feufeu
PUBLIÉ LE 04 octobre 2021