Généralisation de Pajemploi+ : une réforme qui ne satisfait pas pleinement
À partir du 1ᵉʳ septembre 2027, l’employeur devra recourir obligatoirement à Pajemploi+, et non plus uniquement à Pajemploi, conformément à l’article L.531-8 du Code de la Sécurité sociale. Présentée comme un moyen de sécuriser le versement des salaires des assistantes maternelles, et de faciliter pour l’URSSAF la récupération des éventuels impayés cette évolution suscite toutefois des réserves au sein de la profession. Deux syndicats et une association partagent leur position.
Audrey Besnard-Lescène, UNSA Pro Assmat & Assfam : « oui au principe, non à une obligation en l’état »
« Je suis plutôt favorable au principe de la généralisation de Pajemploi+. Le « plus » a été conçu avant tout pour sécuriser le paiement des salaires. Il faut être clair : c’est sa fonction principale. Lorsqu’un contrat relève de Pajemploi+, le parent employeur n’est prélevé que de son reste à charge, et le dispositif prévoit une garantie de paiement pouvant aller jusqu’à deux mois de salaire pour les assistantes maternelles. Sur ce point, c’est évidemment un progrès, et je dis oui au principe. Mais deux mois restent insuffisants, et pour moi, cela ne constitue pas une véritable garantie de salaire. C’est pourquoi nous continuons à demander un dispositif plus protecteur. En revanche, le vrai problème, ce n’est pas le « plus », c’est Pajemploi. Aujourd’hui, la plateforme n’est pas adaptée à la réalité des contrats négociés entre assistantes maternelles et particuliers employeurs : elle ne permet pas d’intégrer des clauses supérieures à la convention collective, ce qui crée des incompréhensions et des litiges, notamment en fin de contrat. Il y a des améliorations, depuis janvier 2026, les modalités de déclaration ont évolué dans le bon sens. Mais ces changements arrivent avec beaucoup de retard. Pour moi, l’obligation ne peut être envisagée qu’après une réforme réelle de Pajemploi et un travail approfondi avec les partenaires sociaux. »
Stéphane Fustec (CGT) : « rendre Pajemploi+ obligatoire n’a de sens que si on va jusqu’au bout »
« Le dispositif est forcément plus sécurisant pour les assistantes maternelles. Mais le problème, c’est que, depuis le début du traitement de ce sujet par les pouvoirs publics, on tire sur une seule ficelle, alors qu’il faudrait en actionner plusieurs en même temps pour que le dispositif soit vraiment efficace. Aujourd’hui, ce qui pose question, c’est la possibilité, pour certains parents employeurs, de se retirer du dispositif à la dernière minute. Ceux qui connaissent bien le système peuvent décocher sans que personne soit informé, et ça leur permet d’échapper au paiement des salaires. Si Pajemploi+ devient obligatoire, il faut vraiment qu’il n’y ait aucun moyen de sortir du dispositif, sinon on ne va pas au bout de l’objectif. Pour l’instant, ce n’est pas clair. Le diable se cache dans les détails. Il faut donc anticiper et être très vigilant, parce que si on laisse subsister cette faille, l’obligation risque de ne pas produire les effets attendus. »
Florence Gousseau (ANAMAAF) : « nous sommes opposés à rendre Pajemploi+ obligatoire aujourd’hui »
« À ce stade, nous ne sommes pas favorables à la généralisation de Pajemploi+. Notre position est claire et elle n’est pas nouvelle : nous alertons depuis plusieurs années sur les limites et les dysfonctionnements du dispositif actuel. Aujourd’hui, Pajemploi présente encore des écarts importants par rapport au droit du travail. Lorsque nous comparons les bulletins de salaire issus de nos outils avec ceux générés par Pajemploi, nous constatons des incohérences. Certaines exonérations, notamment sur les heures complémentaires et supplémentaires, ne sont toujours pas correctement prises en compte. Cela signifie que le système n’applique pas la loi dans tous les cas. Avant d’envisager une obligation, il faudrait déjà que ces problèmes soient corrigés. En l’état, rendre Pajemploi+ obligatoire ne garantirait pas une amélioration des conditions des assistantes maternelles. Au contraire, cela pourrait renforcer des erreurs déjà existantes. Nous savons que Pajemploi+ peut permettre d’éviter certaines erreurs de paiement, et nous ne le nions pas. Mais il s’agit d’un outil très lourd, techniquement complexe, qui ne permet pas aujourd’hui d’intégrer tous les types de contrats ni toutes les situations prévues par le droit du travail. Tant que ces limites persistent, nous ne pouvons pas valider le dispositif. »
L'accord du salarié toujours nécessaire, mais un refus est impossible
L’article 101 de la LFSS 2026 n’a pas supprimé l’exigence d’un accord préalable du salarié pour l’adhésion à Pajemploi+. Ce qui entre en contradiction avec l’obligation pour l’employeur d’adhérer. Interrogé sur une possible évolution des textes, la Direction de la Sécurité sociale (DSS) nous a répondu : « À ce stade, il n’est pas envisagé de revenir sur cette condition d’utilisation des services d’intermédiation du salaire, qui peuvent être proposés dans certaines offres et qui ne s’applique donc pas seulement à Pajemploi+ mais également à l’offre CESU+. À compter du 1er septembre 2027, cet accord devra toutefois nécessairement être donné dès lors que la professionnelle concernée souhaite pouvoir accueillir des enfants de familles éligibles au complément de libre choix du mode de garde (CMG), l’adhésion à Pajemploi+ devenant obligatoire, à compter de cette date, pour les familles souhaitant bénéficier de cette prestation.»
Candice Satara
PUBLIÉ LE 16 janvier 2026
MIS À JOUR LE 19 janvier 2026
Une réponse à “Généralisation de Pajemploi+ : une réforme qui ne satisfait pas pleinement”
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En effet les changement effectuer sur l URSSAF sont intéressants.
Il y a quatre un de mes employeur a déclaré une somme pour avoir les aides et m en a regler une autre prétextant que je devais être contente d etre paye plus que mais la réalité c edt qu elle connaissait le site par cœur qu elle me laisser l enfant a mi ima et profiter des aides de l état au maximum m obligeant a mentir .j ai stopper net le contrat et bien sûr sans indemnites …Bravo pour votre courage Mesdames