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Tata, tatie, nounou… Comment se faire appeler par les enfants ?

Vous êtes plutôt « team nounou », « fana du tata » ou pour la sobriété du prénom ? D’où viennent ces différentes appellations ? Quels sont leurs avantages, leurs inconvénients ? Voici vos témoignages et quelques éléments de réponse.

Comment vous faites-vous appeler par les enfants ? C’est la question que nous vous avons posée sur Facebook. Vous avez été près de 90 professionnelles à nous répondre en commentaire, ou par mail. Sur ces 90, vous êtes près de la moitié (47 %) à préférer que les enfants vous appellent par votre prénom. Après, c’est le terme « nounou » qui est le plus souvent utilisé (29 % des réponses), suivi de « tata » (14 %).

Le prénom : la personnalisation 

Si le prénom s’est imposé, pour une majorité de professionnelles de la petite enfance, c’est pour plusieurs raisons. D’après ce que vous nous avez confié, la première relève de la posture professionnelle. « Quand j’ai commencé, il y a 15 ans, c’était « nounou » mais je ne m’y retrouvais plus. (…) je trouvais que ça faisait moins sérieux », écrit Pomme Cannelle. « Les parents m’appellent par mon prénom, je trouve cela plus chaleureux tout en gardant ma posture professionnelle », précise Marjorie Henneuse – Swartebroeckx.

Derrière le choix du prénom se cache aussi une quête de respect. « Je ne souhaite pas être identifiée par mon activité professionnelle. Et noyée dans une masse indéchiffrable de « nounou » comme si nous étions toutes pareilles, commente Chrystel Allaire. J’appelle les enfants par leur prénom que je respecte (jamais de diminutif) et j’attends le même respect. » « Notre prénom nous dissocie des autres dans la vie, il nous personnalise aussi. Et pour les enfants c’est pareil, confie Anne-Catherine Fresquet, c’est aussi une forme de respect et ça s’apprend. »

Nounou : l’appellation historique 

Mais apprendre à prononcer un prénom peut s’avérer complexe pour un jeune enfant… C’est pourquoi certaines préfèrent l’appellation « nounou ». Vous êtes près de 30 % dans ce cas. « Pourquoi un tout petit n’utiliserait pas un mot simple (…) pour nous nommer au début du langage, s’il le souhaite ? », questionne Edwige Le Ralle. Sandrine Jouannet apprécie, quant à elle, l’avantage de cette appellation : les enfants peuvent le dire très tôt. « Pour la première fois vendredi, une petite puce de 17 mois a dit « au revoir nounou », c’était vraiment trop chou ! »

Dérivé du terme originel « nourrice », le mot nounou présente deux avantages majeurs du point de vue du développement du langage et de la sécurité affective. De nombreuses études en psychologie du développement, en linguistique et en neurosciences ont démontré l’importance du dédoublement syllabique dans l’apprentissage précoce de la parole. La répétition « nounou », comme « maman » et « papa », permet à l’appareil phonatoire de s’entraîner à produire des sons et à l’enfant de distinguer ces sons lorsque l’adulte parle. Par ailleurs, l’attribution d’un « nom-fonction » affectueux et stable permet de catégoriser l’adulte comme un repère humain et sécurisant. Avoir un mot dédié, exclusif et facile à verbaliser aide l’enfant à ancrer ce lien invisible et à faciliter les transitions (du parent à la professionnelle).

Tata : un héritage mal interprété 

Le terme « tata » présente ainsi les mêmes avantages. Vous êtes 14 % à l’utiliser. Beaucoup se l’interdisent pour ne pas empiéter sur la sphère familiale. « Tata, pas question, c’est réservé à la famille », considère Roselyne Vansevenandt. « D’après la puéricultrice qui est venue pour mes deux derniers renouvellements, les enfants accueillis ne sont pas de notre famille, donc pas tatie, ni tata », tranche Isabelle Jousse.

Pourtant, à l’origine, le terme n’a rien à voir avec les tantes. « C’est une lisière qu’on attache au dos des robes des petits enfants à qui on apprend à marcher, par où leur nourrice les tient pour empêcher qu’ils ne tombent », nous apprend le Dictionnaire universel de Furetière (du 17e siècle). Par dérivation, le terme a fini par désigner les nourrices dans le langage enfantin.

Le surnom : un compromis idéal ? 

Autre dérivation : les surnoms, utilisés par de nombreuses professionnelles. Pour apprendre à dire leur prénom aux enfants, certaines l’adaptent. « Chez moi c’est Mimi pour Emilie, plus facile à dire », commente Emilie Sambrone. « (…) ça commence par « Baba », les « r » étant difficiles à prononcer », pour Barbara Schmitt. « Fabienne c’est dur à dire donc ils m’appellent Fafa », abonde Fa Gau. En simplifiant leurs prénoms, les professionnelles parviennent ainsi à favoriser le développement du langage en se passant des traditionnels « nounou » et « tata ».

Mieux, elles mettent en place un apprentissage progressif et une appellation qui évolue avec les capacités de l’enfant. « Moi, les enfants m’appellent Badane, manane, parfois même banane, et puis avec le temps, c’est mogane pour enfin arriver à Morgane », détaille Morgane la Bretonne. « Mon prénom n’est pas facile, mais petit à petit, ils y arrivent, écrit Anne-Catherine Fresquet. C’est comme les prénoms des copains, ils apprennent à le dire correctement en grandissant. » Un apprentissage qui en vaut la peine selon Daniele Suchet, auxiliaire de puériculture en crèche : « La première fois qu’un enfant prononce mon prénom je ressens une belle émotion. »

L’influence des parents

Vous avez été nombreuses à souligner le rôle des parents dans la manière de vous faire appeler. « Ce sont beaucoup les parents qui disent « on va chez nounou », « dit au revoir à nounou », ça se fait tout seul », constate Astrid Deleury. « Pour moi, Tata, Tatie ou Nounou, ce n’est pas moi. J’ai un prénom que j’apprécie et les parents s’en accommodent, écrit Barbara Schmitt. Je leur explique pourquoi je souhaite qu’il soit utilisé pour me désigner. » Si c’est votre cas, vous pouvez intervenir pour vous faire appeler comme vous le souhaitez par les parents et ce, dès la signature du contrat.

Elodie Buzaud

PUBLIÉ LE 14 octobre 2026

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