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Zoom sur l’accueil de la petite enfance en Guyane

Malgré le dynamisme des acteurs locaux et des porteurs de projets, les modes d’accueil peinent à se déployer en Guyane. Un territoire complexe, une natalité exceptionnelle et un contexte social précaire accaparent les pouvoirs publics, et la pandémie de COVID19 n’a fait qu’amplifier les difficultés. Panorama du secteur de la petite enfance en Guyane

Un territoire marqué par les contraintes géographiques et la précarité

La Guyane est la deuxième région de France pour ce qui est de sa superficie, mais ses particularités géographiques et démographiques impactent fortement son développement et son organisation : territoire d’Amérique du Sud, ouvert sur le littoral atlantique mais enclavé entre le Suriname et le Brésil, 96% de sa surface sont couverts par une dense forêt tropicale. La région est traversée par deux fleuves qui rendent particulièrement difficile tout déplacement sur le territoire, excepté le littoral. On ne compte que 22 communes dont 7 ne sont pas accessibles par la route, seulement par voie aérienne ou fluviale. La diversité de la population est marquée par l’immigration (30% en 2017) et des peuples autochtones aux cultures riches et ancestrales.

Mais la Guyane, c’est surtout une population très jeune dont un tiers à moins de 15 ans (et 56% a moins de 30 ans contre 36% en Métropole), avec un faible niveau d’éducation (plus de la moitié des habitants n’a aucun diplôme ou tout au plus le brevet des collèges) associé à niveau de fécondité très élevé (3,6 enfants par femme en 2020). Les familles sont donc nombreuses et bien souvent monoparentales, très dépendantes aux prestations sociales. Car pour un quart des ménages, la personne de référence est sans activité professionnelle : en 2017, 36% des 15-64 ans étaient au chômage. Un quart des Guyanais vit dans une grande précarité avec moins de 550€ par mois, alors que le coût de la vie est bien plus élevé qu’en métropole…

De grands besoins mais une offre d’accueil limitée et inégale

Par sa croissance démographique exceptionnelle, l’immensité de son territoire et son contexte économique et social difficile, la Guyane présente une situation préoccupante pour la protection de l’enfance et implique des besoins bien plus prégnants qu’en métropole pour ce qui est des modes d’accueil et du soutien à la parentalité.

Mais selon les chiffres délivrés par la CNAF, les besoins sont énormes : le taux de couverture des modes d’accueil n’est que de 12%, tous modes d’accueil confondus, contre 59,8% en métropole. « Il y a plus de 8000 naissances chaque année, et moins de 1840 places ouvertes en crèche. Il faudrait environ 200 structures de plus pour combler un minimum ce déficit », explique Anne Cinna-Pierre-Charles, directrice adjointe de la CAF de Guyane. On dénombre 47 structures d’accueil de la petite enfance, 210 assistantes maternelles, un seul Relais Petite Enfance et une MAM, très inégalement répartis sur le territoire.

Cependant, le nombre d’EAJE est passé de 27 en 2017 à 48 en 2020. 1952 places ont ainsi été créées en accueil collectif, en hausse de 6% sur l’année. « Grâce aux deux derniers STSF (Schéma Territorial des Services aux Familles), admet Ronan l’Hourre, porte-parole de l’association AssMat973 et assistant maternel, les modes d’accueil commencent enfin à se développer, pour ce qui est de l’accueil collectif.» En revanche, l’accueil individuel, tout comme en métropole, est en perte de vitesse. « Avec le COVID, beaucoup d’assistantes maternelles ont jeté l’éponge. Elles étaient 350 en 2016, elles ne sont plus que 210. Une baisse liée aussi au vieillissement de la profession : il n’y a pas assez de renouvellement dans le métier », explique Ronan L’Hourre. Pour Fabienne Lanimarac Koessler, directrice de l’association la Grenouillère et membre de la FDSAPEG, le bilan du dernier STSF reste médiocre : « On avait pour ambition de mailler le territoire et ce n’est absolument pas le cas : l’objectif était de 5000 places, on ne doit pas être au-delà de 500 ou 600 places (…) Il y a bien des projets en cours mais les porteurs de projets continuent à s’implanter sur le littoral ou sur les communes qui ont une capacité de financement pour les accompagner ! »

Des écarts marqués entre les enfants

Le déficit de modes d’accueil cache une réalité dont les institutionnels et les familles peinent parfois à prendre conscience : dans le contexte social de la Guyane, marqué par la précarité et l’immigration, les enfants qui n’ont pas accès à la collectivité sont privés des bénéfices d’une socialisation précoce.
Fabienne Lanimarac Koessler l’a observé : « C’est ce qui crée des écarts phénoménaux entre les enfants qui ont été en collectivité et ceux qui ne le sont pas. La problématique est là. C’est un pari sur l’avenir ! On voit très tôt les bénéfices de la socialisation précoce, sur le rapport à l’autre, les compétences langagières, la motricité fine, cela crée des différences dès la petite section ! » Au-delà des modes d’accueil, la préscolarisation est perçue comme un réel levier dans l’acquisition du langage, le développement de la socialisation et le soutien à la parentalité des nombreuses familles non francophones avec des difficultés sociales très fortes.

La majorité des crèches sont portées par le secteur associatif

L’accueil collectif est réparti de manière très inégale sur le territoire : 68% des places en crèche sont concentrées sur le littoral, à Cayenne, Rémire-Montjoly ou Matoury. Kourou et Macouria regroupent 23% des places tandis que Saint-Laurent-du-Maroni ne bénéficie que de 9% des places et de nombreux territoires en sont complètement dépourvus. Les EAJE proposent des contrats d’accueil réguliers à forte amplitude et un accueil occasionnel peu développé. La quasi-totalité sont gérés par des associations (80%) ou des structures privées (près de 20%) tandis que les crèches communales se comptent sur les doigts de la main : une crèche collective à Kourou, un jardin d’enfant et une crèche à Cayenne… Chaque structure développe donc son offre privée dans une absence totale de coordination et de réseau.

De fait, les gestionnaires et directrices rencontrent souvent des difficultés de fonctionnement dans leur gestion administrative, leurs relations avec les différents partenaires, dans l’optimisation des places, dans la gestion de leurs finances et de l’accueil. « Les structures n’ont aucun mal à trouver des enfants et des familles, dans un flux permanent, alors on se pose moins la question de la qualité de l’accueil, du nombre d’enfants par place, souligne Anne Cinna-Pierre-Charles. Le nouveau décret va être un sacré défi pour les EAJE de Guyane : la mise en conformité des locaux, l’adaptation de l’accueil. On va voir leur capacité à s’emparer de tout cela. » C’est pourquoi la CAF de Guyane a mis en place un dispositif de formation permettant d’apporter un premier niveau de réponse à leurs difficultés, par le dispositif de formation Certif’Action (voir encadré).

Les structures subissent également le coût de la vie bien plus élevé en Guyane et dans les DOM de manière générale : les produits alimentaires sont 45 % plus cher, les logements 20% plus chers qu’en métropole (INSEE 2015) et il y a pour certains une vraie problématique quotidienne d’accès à l’eau et à l’alimentation. Pour les structures guyanaises, ce sont des surcoûts de fonctionnement importants par rapport à ceux observés en métropole alors que les taux d’aides sont plafonnés aux niveaux pratiqués dans l’Hexagone. « Les subventions de la CNAF pour le fonctionnement des crèches dans les départements d’outre-mer sont à revoir ! » interpelle Fabienne Lanimarac Koessler.

Les assistantes maternelles sont peu nombreuses et isolées

Comme en métropole, l’accueil individuel est en baisse en Guyane : les assistantes maternelles sont vieillissantes et la profession se renouvelle peu. Mais le contexte économique et social de la région impacte également la profession : « Nombreuses sont celles qui ne sont pas véhiculées, qui sont âgées et qui n’osent pas sortir de chez elles avec les enfants qui leur sont confiés, raconte Emilienne Calonne, animatrice du Relais Petite Enfance de Cayenne. Comme nous avons un taux d’immigration assez élevé, beaucoup d’assistantes maternelles rencontrent aussi la barrière de la langue : elles parlent le français mais le comprennent mal. Cela complique les relations avec les parents, la négociation des contrats… » Il y a également une problématique de locaux : certaines jeunes femmes pourraient être assistante maternelle, mais elles n’ont pas le logement adapté. En Guyane, il n’est pas rare que plusieurs générations vivent sous le même toit, laissant peu de place à l’accueil de deux ou trois enfants, dans de bonnes conditions. Nombreuses sont celles qui peinent à faire leurs démarches en ligne sur monenfant.fr. Beaucoup ont l’outil, mais peu savent l’utiliser et délèguent à leurs enfants. « Je réfléchis avec la CAF pour voir de quelle manière on pourrait les accompagner sur ce point », précise Emilienne Calonne. La plupart d’entre elles sont rassemblées au sein d’une dynamique fédération Assmat973 qui informe, défend et soutient de son mieux la profession.

Un seul Relais Petite enfance pour toute la Guyane

Le Relais Petite enfance « Bois cathédrale », implanté à Cayenne est le seul RPE de Guyane. Là encore, Ronan L’Hourre déplore un manque d’investissement des communes : « la création des MAM et des RPE dépend de la volonté politique des communes, mais la petite enfance n’est pas toujours prioritaire, on privilégie le logement, l’éducation, l’urgence… il y a tellement de choses à faire ! » Depuis deux ans, on parle bien d’un projet de RPE et de MAM à Mathoury. Mais verra-t-il le jour ? Emilienne Calonne se sentirait moins seule pour soutenir le réseau ! Le Relais de Cayenne qu’elle anime accueille 56 assistantes maternelles de la ville et des communes alentour, propose des activités avec les enfants et des actions de formation pour répondre aux questions des assistantes maternelles.

Un bus aménagé, le relais itinérant « Le palmier voyageur », va à la rencontre des assistantes maternelles qui ne peuvent pas se déplacer, dans les cités prioritaires de Cayenne, pour leur proposer des ateliers thématiques et entretenir une proximité. Quant aux assistantes maternelles des autres communes, parfois très isolées, « elles se retrouvent entre elles, vont dans les maisons des unes et des autres pour pouvoir se regrouper, pour que les enfants trouvent la socialisation dont ils ont besoin. Mais j’ai souvent des assistantes maternelles qui m’appellent, explique Emilienne Calonne. Je leur donne des conseils pour qu’elles puissent accompagner au mieux les familles. Je leur rappelle aussi qu’elles sont devenues des professionnelles : elles ne sont plus de simples nounous comme on disait avant ! » Emilienne Calonne se déplace aussi dans les écoles pour parler du métier d’assistante maternelle et peut-être susciter de nouvelles vocations. Bientôt un RPE mobile devrait voir le jour, à l’initiative d’Assmat973. Le bus aménagé, principalement cofinancé par la CAF et la CTG espère sillonner les 22 communes de Guyane pour soutenir, former et accompagner les assistantes maternelles et parents employeurs, promouvoir l’exercice du métier, informer sur les dispositions légales et réglementaires d’exercice de la profession et promouvoir le développement des Maisons d’assistantes maternelles, des Relais petite enfance auprès des collectivités.

La garde informelle, une problématique ingérable

En parallèle des modes d’accueil, la garde informelle ou « garde sauvage » est une pratique très répandue en Guyane. Mal informés, les parents font garder leurs enfants par des personnes non déclarées, souvent dans le cercle familial. Une pratique renforcée par la crise sanitaire et la fermeture des crèches à plusieurs reprises. Emilienne Calonne, du RPE Bois Cathédrale, raconte : « Avant les enfants étaient gardés par les grand-mères ou les tantes qui ne travaillaient pas. Et ça continue ainsi. Sauf qu’aujourd’hui, les grand-mères sont de plus en plus jeunes et travaillent toujours. Donc on confie l’enfant à la petite voisine… Parfois, on parvient à leur faire régulariser la situation dans un premier temps et même à les faire se former pour devenir assistante maternelle (…) Il y a un énorme travail à faire pour accompagner ces personnes que l’on peine à toucher. » Le RPE Bois Cathédrale travaille à mettre en place un forum pour mettre les parents et « gardiennes sauvages » face à leurs droits, leur expliquer leurs obligations, mais peine à les identifier car personne ne les dénonce. « Il y a un gros travail à faire avec la CTG et la CAF pour accompagner ces personnes. Car elles ont les compétences mais n’ont pas compris la nécessité de s’agréer. » explique Emilienne Calonne

Des acteurs locaux engagés pour la petite enfance

Sur le territoire de Guyane, de nombreux acteurs portent à bout de bras le secteur de la petite enfance. La CAF est un partenaire central, aux côtés de la Collectivité Territoriale de Guyane avec laquelle elle s’engage, dans un Schéma Territorial de Services aux Familles (STSF) pluriannuel piloté par la CAF, qui fixe le cadre d’une politique partagée de l’enfance, de la jeunesse et du soutien à la parentalité pour 2020-2023. La CAF soutient le développement de l’accueil individuel et collectif, apporte un appui aux porteurs de projets, aide à la rénovation des lieux d’accueil, vulgarise les réglementations, dans un accompagnement plus fort et plus rapproché qu’en métropole. « La CAF ne veut pas seulement être un financeur. On veut aider à la gestion vertueuse des EAJE », souligne Anne Cinna-Pierre-Charles. Pendant les derniers mois de la pandémie, la CAF s’est félicitée d’avoir été à l’écoute, d’avoir su s’adapter et d’avoir maintenu la viabilité économique des EAJE et le maintien des postes. Il faut également compter sur la PMI de Guyane et les Fédérations de professionnels de la petite enfance qui jouent un rôle essentiel : deux fédérations la FDSAPEG et l’UTEPE, plus récente, rassemblent les gestionnaires de crèche privés et associatifs. Elles agissent main dans la main avec l’association des assistantes maternelles de Guyane Assmat973, basée à Saint Laurent du Maroni. Sa mission ? Promouvoir le métier d’assistante maternelle, défendre leurs intérêts, les accompagner et accompagner le développement des RPE et MAM. « On essaie de réunir nos adhérentes pour vulgariser les informations, expliquer les réformes, tout doit leur être expliqué ! » souligne Ronan l’Hourre. En novembre dernier, dans le cadre du STSF pour la période 2022-2026, Assmat973 et la CAF ont signé une convention pour valoriser leur métier et redynamiser l’accueil individuel.

Les communes ne sont pas assez investies pour la petite enfance

Engagés sur tous les fronts pour soutenir la petite enfance, les acteurs locaux sont unanimes lorsqu’il s’agit de souligner la nécessité d’un engagement plus marqué des communes à leurs côtés. Selon Anne Cinna-Pierre-Charles de la CAF, les volontés sont là, la difficulté est de les mettre en œuvre : « la notion de co-financement est centrale et nous CAF ne pouvons être les seuls financeurs des projets ». Mais les besoins ne cessent de croître et nombreuses sont les problématiques atypiques et manifestement plus urgentes à traiter en Guyane : le développement de l’habitat informel, les enfants qui ne sont pas scolarisés, les grossesses adolescentes, l’accès à l’eau… Pour Fabienne Lanimarac Koessler, malgré l’investissement de la CAF, gérer une crèche coûte très cher aux communes : « Les crèches, dans l’action sociale, c’est une toute petite ligne budgétaire, explique-t-elle. Il y a tellement d’autres problématiques plus urgentes à traiter que la petite enfance n’est pas une priorité ». Il y a également une véritable méconnaissance du secteur de la petite enfance : les collectivités sont très mal informées sur le fonctionnement des crèches, l’utilité des RPE ou des MAM et leur intérêt majeur dans la socialisation précoce de l’enfant. « Les communes estiment que les gens se débrouillent, ce qui laisse la porte ouverte aux modes de garde informels », explique Fabienne Lanimarac Koessler. Et les familles les plus démunies continuent à penser que la crèche coûte cher alors qu’en réalité, la PSU leur est favorable… »

Porter un projet est un parcours du combattant

Un besoin criant, une région en développement, les porteurs de projets ne manquent pas pour la petite enfance. Mais chaque étape est difficile à franchir : ils manquent de locaux, il est difficile d’obtenir un terrain foncier, les porteurs rencontrent souvent des difficultés de cofinancement pour l’investissement et le fonctionnement. Les modèles économiques sont fragiles et dépendants des subventions car les porteurs n’ont pas ou peu de trésorerie ou de fonds propres. « On sent une volonté de rebond, parce que les aides sont mises en place et que la CAF participe davantage. Mais aucune loi n’oblige les mairies à participer aux projets, rappelle Fabienne Lanimarac Koessler. On dit qu’il faut la CAF, le porteur de projet plus un tiers ; ça peut être une entreprise comme ça se fait en métropole. Mais on n’en est pas du tout là en Guyane ! C’est la raison pour laquelle ici, le secteur de la petite enfance est largement porté par le secteur associatif ! » Si la collectivité s’engage, elle dispose de peu de moyens. « Il faudrait un meilleur accompagnement de la CTG qui devrait être pilote sur ces projets », réclame Ronan L’Hourre. La CAF dit réfléchir à un projet d’accompagnement des porteurs de projets, pour les soutenir de la compréhension du besoin à la traduction en projet professionnel cohérent. Car il y a souvent un écart important entre la capacité à créer puis à gérer un EAJE. L’accompagnement est également nécessaire une fois le projet mis en place.

Une crise du recrutement des professionnels accentuée par le manque de formation

En métropole comme en Guyane, la question du recrutement de professionnels de la petite enfance pèse de plus en plus sur les lieux d’accueil. Trouver localement du personnel formé et le faire rester devient un véritable défi. Les auxiliaires de puériculture partent exercer à l’hôpital, convaincues par une surrémunération de 40% et une situation plus stable et sécurisante. D’autres s’envolent vers la métropole ou les Antilles après avoir été formées, avec l’assurance d’y trouver un emploi.

Mais à la base, les diplômées sont déjà trop peu nombreuses en Guyane : jusqu’en 2018, l’IRDTS n’accueillait qu’une seule promotion d’Éducatrices de jeunes enfants en simultané, soit une promotion tous les trois ans. Depuis la réforme des formations et Parcours-sup, il n’y a plus de concours d’entrée, la sélection se fait sur dossier et l’IRDTS ouvre une promotion chaque année, pour soutenir le besoin en personnel sur le territoire, identifié dans le Schéma Territorial des Formations sanitaires et Sociales. De fait, en 2021, il n’y a eu que 3 diplômés EJE, mais 42 sont actuellement en formation sur trois promotions. Chaque année, de nombreux candidats abandonnent en cours de route, par manque de moyens financiers, pour des réorientations… Pour Colette Galiby, directrice de l’IRDTS, « Parcours Sup a changé le profil des candidats. Ils sont plus jeunes, le niveau est plus faible, et surtout, nous nous heurtons à un problème de maturité des étudiants : avant la réforme, beaucoup d’étudiants étaient en reconversion, âge moyen 28 ans, Après la réforme, âge moyen 18 ans, souvent primo étudiants. De plus, l’universalisation de ces diplômes, avec l’introduction du socle commun mené par les enseignants-chercheurs de l’université, confirme une exigence d’un niveau bac général (littéraire, voire scientifique). Or, beaucoup des étudiants qui s’orientent vers les filières sanitaires et sociales viennent des Bac pro. Nous réfléchissons à l’accompagnement pour stopper les abandons dès le premier trimestre. » Depuis deux ans, l’IRDTS a mis en place un partenariat avec la CAF qui lui permet notamment de l’accompagner dans des événements afin de promouvoir l’entreprenariat dans le domaine de la petite enfance.

Certif’Action : une nouvelle formation de la CAF pour soutenir les directrices et gestionnaires d’EAJE

La CAF de Guyane a mis en place, avec le soutien de la Collectivité territoriale de Guyane et la PMI, un nouveau dispositif de formation pour les directrices et gestionnaires de structures petite enfance. 
Certif’Action est une formation professionnelle certifiante reconnue Qualiopi, inscrite au répertoire France Compétence, qui s’inscrit dans le Schéma Territorial de Services aux Familles 2020-2023. 
Depuis septembre 2021, 15 stagiaires sélectionnées sur dossier, suivent en présentiel cinq modules de formations, soit 175 heures de formation réparties sur cinq mois, animés par des intervenants experts de la petite enfance de GEM formation, afin d’approfondir différents domaines de compétences de la gestion administrative aux finances, la qualité de l’accueil, les politiques publiques, le management, les rôles des partenaires, mieux comprendre la PSU, mieux connaître leurs rôles respectifs… 

Certif’Action est co-financé par la CAF de Guyane et Uniformation (OPCO de la branche professionnelle des acteurs du lien social et familial) à hauteur de 9000 euros par participant, sans reste à charge pour les participantes issues de structures adhérentes. Cette somme comprend un bonus financier versé aux crèches pour pallier les absences des directrices durant les semaines de cours. Une formation coûteuse pour l’instant, pour les quelques structures communales ou privées qui ne seraient pas adhérentes. 

Ce parcours est l’occasion de créer un réseau de directrices et gestionnaires qui manquait jusqu’à lors : « au fil de la formation, constate Hêv Seuleiman, co-chef de projet, elles partagent leurs pratiques et se développent ensemble. Cela crée du lien ! » La première promotion sera certifiée en avril. La CAF espère ensuite pérenniser et institutionnaliser cette action de formation pour toutes les directrices et gestionnaires de lieux d’accueil de la petite enfance en Guyane.

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Laurence Yème

PUBLIÉ LE 17 janvier 2022

MIS À JOUR LE 09 février 2024

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