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Crèches associatives : les fédérations demandent une nouvelle mobilisation des crédits du FNAS

Les 37,5 M€ supplémentaires accordés aux crèches lors du vote par le CA de la CNAF du budget rectificatif du FNAS 2026, n’ont pas convaincu les fédérations de gestionnaires privés non lucratifs. Dans une note adressée au cabinet de Stéphanie Rist qui les recevait aujourd’hui, elles demandent que davantage de crédits non consommés du FNAS soient mobilisés pour répondre à l’urgence économique du secteur.

Un an après leur première alerte, les 11 fédérations* représentant les crèches associatives et mutualistes tirent la sonnette d’alarme dans une note remise au cabinet de la ministre déléguée à la Famille, Stéphanie Rist. La situation économique des crèches associatives et mutualistes s’est encore dégradée. Leur message est clair : « Le sujet n’est plus celui du développement de l’offre : c’est celui de sa survie. » Les organisations rappellent que 84 % des crèches FEHAP et 52 % des crèches mutualistes sont aujourd’hui déficitaires. De nombreux gestionnaires reportent leurs investissements, gèlent des recrutements ou puisent dans leur trésorerie pour maintenir leur activité. Elles alertent également sur les fermetures de structures déjà à l’œuvre. En cause : l’inflation persistante, la baisse des recettes liée à l’évolution des besoins des familles, les tensions de recrutement, la hausse des charges réglementaires et administratives.

De nouvelles charges financières

La note évoque notamment la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage, appliquée au secteur associatif depuis mars 2026. « (… )pour des gestionnaires disposante de 32 à 34 EAJE, cette charge a représenté en 2025 entre 61000 euros et 68000 euros supplémentaires. », souligne le texte. Il pointe aussi les conséquences du gel des allègements de cotisations patronales et de la revalorisation du SMIC.

Quatre demandes urgentes

Les organisations demandent la réaffectation des crédits non consommés du FNAS, autour de quatre priorités :

  • une augmentation de 4 % de la PSU, en complément de la récente hausse de 0,63 % ;
  • un fonds d’aide simplifié pour les établissements les plus en difficulté ;
  • une revalorisation du bonus attractivité afin de financer réellement les hausses salariales ;
  • une extension du bonus territoire.

Concernant le bonus attractivité, les fédérations demandent que soit levé le critère de temporalité fixé par la CNAF pour bénéficier du bonus attractivité. Aujourd’hui, les employeurs ayant revalorisé les salaires avant le 1ᵉʳ janvier 2024 restent exclus du dispositif, alors même qu’ils ont parfois consenti des augmentations supérieures à celles exigées par l’État. C’est notamment le cas de certains gestionnaires relevant de la Branche de l’aide à domicile (BAD).

Au-delà des mesures d’urgence, les fédérations appellent à une réforme du modèle économique des crèches, conformément à l’engagement pris lors du Comité de filière petite enfance du 26 mars 2026, « afin de garantir la pérennité de l’offre et l’égalité d’accès des familles à un accueil de qualité sur l’ensemble du territoire. »

Elles demandent notamment : « la création d’un financement dédié au déploiement des démarches qualité, dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires ; la mise en place de financements spécifiques pour les fonctions supports et les sièges, fortement sollicités par la complexification des exigences administratives et réglementaires, sans compensation adaptée à ce jour ; et l’intégration de ces financements dans le cadre de conventions pluriannuelles d’objectifs, coconstruites avec les partenaires (…) ».

La note conclut : « Sans attendre ces réflexions structurelles, la situation du secteur appelle aujourd’hui des réponses immédiates et à la hauteur des enjeux. Les financements existent ; il est désormais indispensable de les mobiliser ».

* ACEPP, ACCENT Petite Enfance, ANEM, Elisfa, FEHAP, ADMR, Hexopée, UNIOPSS, FNAPPE, Mutualité Française, nexem.

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 01 juillet 2026

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