Crèches privées : 2025 s’annonce comme l’année noire des fermetures
Les procédures collectives ont bondi dans les crèches privées et associatives, alertent la FFEC et la Fédésap dans un communiqué. Les deux fédérations réclament la réaffectation de 200 millions d’euros non dépensés du budget Petite Enfance (FNAS 2025) afin de sauver les structures existantes et préserver des milliers de places.
L’année 2025 s’annonce comme la pire jamais enregistrée en matière de procédures collectives touchant les crèches associatives et privées, annoncent La Fédésap et la Fédération Française des Entreprises de Crèches (FFEC) dans un communiqué publié ce 31 juillet. À date, 193 procédures collectives (redressement judiciaire, liquidation judiciaire, procédure de sauvegarde) ont déjà été ouvertes dans le secteur de l’accueil du jeune enfant (crèches collectives, micro-crèches, haltes-garderies et jardins d’enfants). À ce rythme, les projections anticipent 333 faillites d’ici la fin de l’année, soit plus du double de 2023 (108) et largement au-dessus des 154 enregistrées en 2024. Pour arriver à ces résultats, la FFEC s’est appuyée sur les données issues de la plateforme Pappers, qui recense les publications légales liées aux procédures collectives.
Des chiffres qui explosent
- 2022 : 54 procédures
- 2023 : 108 procédures
- 2024 : 154 procédures
- 2025 (au 31 juillet) : 193 procédures
- Projection 2025 : entre 204 et 333 procédures selon la méthode de calcul
En revanche, ces chiffres ne permettent pas de savoir combien d’établissements ou de places sont concernés.
Une action en urgence
La Fédésap et la FFEC appellent le gouvernement à appliquer la résolution adoptée le 2 juillet 2025 par le Comité de filière Petite Enfance . Celle-ci propose de réaffecter 200 millions d’euros non consommés en 2025 du FNAS 2025 vers :
- Une hausse exceptionnelle de 2 % de la PSU, soit environ 90 millions d’euros, pour soutenir immédiatement la trésorerie des crèches.
- Un soutien spécifique aux micro-crèches PAJE, via une révision des critères d’éligibilité aux aides à l’investissement et au bonus attractivité.
Le secteur associatif, qui ne s’est pas associé à ce communiqué, avait également tiré la sonnette d’alarme il y a quelques semaines, appelant à la réaffection en urgence des 200 millions d’euros non consommés du FNAS 2025.
Un enjeu pour la natalité et le modèle social
« Selon le Baromètre 2024 DREES, les raisons du déclin démographique français sont multiples et se renforcent mutuellement : incertitudes économiques persistantes, crise du logement, difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale, surcharge mentale liée à la gestion des enfants, report voire abandon de la parentalité dans un contexte d’instabilité, souligne le communiqué. Ainsi, le manque de solutions d’accueil pour les jeunes enfants ressort comme un frein récurrent, pesant lourdement sur les familles, notamment sur les mères qui doivent souvent réduire ou interrompre leur activité professionnelle. », rappelle le communiqué.
Une situation inquiétante pour les deux fédérations qui soulignent « qu’en 2021, François Bayrou, alors Haut‑commissaire au Plan, appelait à bâtir une politique nataliste fondée sur quatre caractéristiques : globalité, cohérence, continuité et lisibilité ».
En conclusion, le communiqué exhorte le gouvernement à réagir rapidement pour éviter que la pénurie de places ne devienne un frein durable à la natalité de la France.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 31 juillet 2025
2025-07-31-CP-record-destruction-de-places-de-creches.pdf