Stéphanie Rist et Sarah El Haïry annoncent la création d’un conseil des parentalités
A l’occasion de la 5e matinée Enfance en débat, la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes Handicapées Stéphanie Rist et la Haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry ont laissé entrevoir et annoncé leurs projets pour inscrire le soutien la parentalité dans la durée…
Ce mardi 6 janvier 2026 avait lieu, à Paris, la 5e édition d’Enfance en débat, les rencontres mensuelles consacrées aux grands enjeux de l’enfance, initiées par la Haute-commissaire à l’Enfance Sarah El-Haïry depuis septembre dernier. À son invitation, c’est la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes Handicapées Stéphanie Rist qui a ouvert cette journée, axée sur le soutien à la parentalité. Dans son discours, elle a tenu à rappeler les principaux éléments de sa feuille de route pour 2026 pour la petite enfance, la protection de l’enfance, les familles et même le SPPE qu’elle n’avait pas évoqué dans ses vœux…
La feuille de route petite enfance de Stéphanie Rist
« J’ai demandé à mes équipes que l’année 2026 soit une grande année d’engagement et d’action pour nos enfants et nos familles », a rappelé la ministre, avant de détailler ses deux grands chantiers majeurs pour cette nouvelle année :
La refondation de la politique de protection de l’enfance
Stéphanie Rist a assuré que « l’État sera au rendez-vous de ses compétences » par la lutte contre les violences faites aux enfants : en renforçant les contrôles, en restructurant le repérage et l’accompagnement des victimes, en modernisant les outils en améliorant la connaissance des phénomènes pour agir plus précocement, en assurant la prise en soin des enfants et des jeunes en protection dès leur entrée dans l’ASE. Elle a également rappelé qu’un parcours coordonné renforcé de soins dédié à l’enfance protégée sera élaboré sur la base des expérimentations Pegase et Santé protégée. Et qu’elle porte, avec le Garde des Sceaux, un projet de loi Aide Sociale à l’enfance « avec une simple boussole : l’intérêt de l’enfant avant tout ».
La prévention et la petite enfance
La ministre a annoncé trois champs prioritaires : Continuer à mieux reconnaitre et accompagner les professionnels de la petite enfance. Et de préciser : « le budget de la Sécurité sociale permettra déjà de lutter contre les impayés des assistantes maternelles ». Puis consolider le service public de la petite enfance (SPPE) en lien avec les élus partout sur le territoire ; et enfin soutenir profondément la prévention en santé, « notamment via la PMI qui joue un rôle essentiel […] », a indiqué Stéphanie Rist.
Une nouvelle stratégie de soutien à la parentalité en préparation
Cette journée de réflexion ayant pour thème « Soutenir les parents pour mieux protéger les enfants », la ministre a annoncé qu’elle présenterait « d’ici quelques mois une nouvelle stratégie de soutien à la parentalité (…) en cours de construction avec la Haute commissaire ». Et d’évoquer ses priorités : « plusieurs mesures structurantes pour permettre aux parents de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle », dont le congé supplémentaire de naissance qui sera mis en œuvre cette année et intégré dans la 2e feuille de route des 1000 premiers jours de l’enfant. Mais également l’accompagnement des parents face au numérique avec une attention particulière aux familles les plus en difficultés. Toutes deux prévoient également de travailler « la question de la place de la parentalité dans la société en lien avec les entreprises et les élus ». Stéphanie Rist a néanmoins assuré que « la réussite des politiques de l’enfance et de famille repose sur une coopération étroite entre l’État, les collectivités, les associations et les professionnels de terrain », et que nul ne pouvait agir seul, formant ainsi le vœu pouvoir travailler « ensemble dans la confiance et la coordination » pour répondre aux besoins des enfants et des familles.
Un Conseil des parentalités pour agir dans la durée
Après cette matinée de conférences, présentations et échanges, Sarah El Haïry a repris la parole pour conclure et annoncer qu’elle souhaitait réunir « dans les prochaines semaines » un Conseil de soutien aux parentalités, car « cette politique du soutien aux parentalités a besoin de tous les acteurs » a-t-elle assuré. Un pluriel assumé par la Haute-commissaire pour insister sur les différentes formes de parentalité et leurs besoins : « Ce qui est certain, c’est que le soutien à la parentalité est pluriel, a-t-elle assuré. La parentalité est plurielle par définition (…) Il y a des besoins énormes et de nouveaux défis ».
Ce Conseil sera animé par le Haut-Commissariat à l’enfance, mais sa charge sera portée en partenariat avec le ministère de Stéphanie Rist. Il contribuera à deux objectifs, a précisé la Haute-commissaire : « inscrire le soutien à la parentalité dans la durée » et « réfléchir aux évolutions auxquelles le soutien à la parentalité doit répondre ». Le cabinet de Sarah El Haïry assure que les professionnels de la petite enfance seront des acteurs essentiels de cette nouvelle instance, aux côtés d’autres parties prenantes comme les associations, mais également les entreprises.
On peut néanmoins s’interroger sur la façon dont ce nouveau conseil se positionnera par rapport au Conseil de la famille du HCFEA . Il y aura des complémentarités à trouver et des doublons à éviter !
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 06 janvier 2026