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Stagiaires chez les assistantes maternelles : ce que les PMI peuvent et ne peuvent pas faire

La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) vient de publier sa sixième fiche pratique dans le cadre du grand chantier d’harmonisation des pratiques des services de PMI. Ce document porte sur l’accueil de stagiaires par les assistantes maternelles. Le point sur ce document.

Depuis septembre 2025, la DGCS a lancé un vaste travail de mise à plat des pratiques des services de Protection maternelle et infantile (PMI). L’objectif : harmoniser les pratiques entre les départements, encadrer les contrôles, et en finir avec les injonctions contradictoires ou les abus de certains services. Une demande de longue date des professionnelles de l’accueil individuel comme collectif. Des groupes de travail réunissant PMI, représentants d’associations d’assistantes maternelles notamment (UFNAFAAM, et ANAMAAF) ont ainsi produit des fiches pratiques pour établir une doctrine nationale. Rappelons-le : ces fiches ne créent aucune nouvelle obligation. Elles rappellent le cadre réglementaire existant et diffusent de bonnes pratiques.

Après les fiches consacrées aux réunions d’information pour les candidats à l’agrément, aux décisions d’agrément, aux contrôles des modes d’accueil, à la santé des assistantes maternelles, une nouvelle fiche concernant les stagiaires a été publiée en mai 2026. L’accueil de stagiaires chez les assistants maternels est une pratique à la fois simple dans son principe mais parfois rendue compliquée par des services de PMI. La fiche vient ainsi clarifier les rôles de chacun et rappeler que le cadre juridique est, en réalité, assez souple. Dans un contexte de baisse continue du nombre d’assistantes maternelles en France, les stages sont un levier précieux pour faire découvrir la profession, susciter des vocations et former de futures professionnelles. 

Rappel du cadre général

« Le stage est une période temporaire de mise en situation en milieu professionnel. Il permet à une personne de développer des compétences professionnelles et de mettre en œuvre les acquis de sa formation en vue d’obtenir un diplôme ou une certification et de favoriser son insertion professionnelle », rappelle la fiche. Les assistantes maternelles peuvent accueillir des stagiaires à leur domicile ou en maison d’assistants maternels (MAM), dans le respect de la santé et de la sécurité des enfants accueillis. À noter : la fiche concerne tous les stages : stages de collège, de lycée, formations initiales ou continues.

En pratique, les profils de stagiaires sont variés. Florence Gousseau, assistante maternelle et coordinatrice de l’ANAMAAF, qui a participé aux travaux ayant abouti à cette fiche, en distingue plusieurs : les collégiens dans le cadre d’un stage de troisième, mais cela reste rare, les candidats au CAP AEPE sous toutes ses formes — le profil le plus fréquent —,  et enfin les personnes réalisant des immersions professionnelles via France Travail sans objectif de certification.

Trois situations problématiques 

La fiche identifie trois situations problématiques fréquemment rencontrées sur le terrain. Toutes trois ont en commun d’être sans fondement juridique.

1. Le service de PMI « autorise » l’accueil de stagiaires

Certains services de PMI exigent que les assistantes maternelles obtiennent leur feu vert avant d’accueillir un stagiaire. C’est illégal : aucune disposition législative ou réglementaire ne confie à la PMI un pouvoir d’autorisation en la matière.

2. La PMI impose des conditions non prévues par la réglementation

Délais de prévenance, âge du stagiaire, limitations diverses… Là encore, la fiche est claire : les conditions d’accueil des stagiaires sont fixées par la réglementation, notamment celle propre au parcours de formation du stagiaire. La PMI ne peut pas en ajouter.

3. L’obligation d’informer la PMI de la présence d’un stagiaire

C’est sans doute la pratique la plus répandue. Or, les obligations d’information et de notification des assistantes maternelles envers la PMI sont strictement et limitativement prévues par les articles R. 421-38, R. 421-39 (trois premiers alinéas), R. 421-40 et R. 421-41 du Code de l’action sociale et des familles. Ces textes ne prévoient aucune obligation d’informer la PMI de la présence d’un stagiaire. La PMI ne peut donc l’imposer. « La visite inopinée le premier jour d’un stage, c’est quand même assez interrogatif », souligne Florence Gousseau. Elle ajoute, avec nuance : « Là où la PMI pourrait être soutenante, pourquoi venir contrôler sur cette période-là ? Après, ça peut être très instructif pour la stagiaire. Donc c’est toujours bon à prendre. Mais moi, dans mon département, je n’ai pas du tout le même retour — l’accueil de stagiaires est vraiment encouragé. »

Le cadre juridique en pratique

Du côté du droit, la fiche rappelle que les règles communes (durée maximale, missions pouvant être confiées, nombre maximal de stagiaires), issues du Code de l’éducation et du Code du travail, sont applicables à l’accueil de stagiaires par les assistantes maternelles chez elles ou en MAM.

Elle précise également des points souvent méconnus :

  • L’attestation d’honorabilité n’est pas requise pour les stagiaires intervenant au domicile d’une assistante maternelle ou en MAM. Elle ne concerne que les stagiaires majeurs intervenant en crèche familiale. Un point qui peut poster question dans un contexte où le gouvernement plaide pour l’extension de l’attestation d’honorabilité à l’ensemble des adultes travaillant auprès des enfants.

    Florence Gousseau le regrette : « Un stagiaire peut être accueilli pour une longue durée, c’est parfois un majeur. On demande les attestations d’honorabilité pour les personnes de plus de 13 ans résidant au domicile des assistantes maternelles — pour nous, il paraissait logique que tout type de stagiaire devrait demander ce document-là. Mais c’est quelque chose qui n’a pas été retenu. »

  • Les parents employeurs doivent être informés du projet d’accueil d’un stagiaire — et même donner leur accord préalable, comme le prévoit la convention collective. Ils peuvent s’y opposer.
  • La fiche rappelle que des stages ou périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) auprès d’assistantes maternelles sont expressément prévus dans le cadre de la formation obligatoire des assistantes maternelles et de la préparation du CAP Accompagnant éducatif petite enfance (AEPE). Des dispositions réglementaires fixent leurs conditions de réalisation, propres à chacune de ces formations.

Les bonnes pratiques recommandées

La fiche se conclut par une série de recommandations à destination des services de PMI.

  • Sensibiliser les assistants maternels à l’intérêt d’accueillir des stagiaires : valorisation du métier, transmission des savoirs, amélioration de la posture professionnelle.
  • Conseiller aux candidats à l’agrément, notamment lors des réunions d’information, de réaliser un stage préalable auprès d’un professionnel agréé pour tester le métier en conditions réelles.
  • Proposer des formations aux assistantes maternelles volontaires souhaitant mieux appréhender leur rôle de tuteur de stage.
  • Informer la PMI de l’accueil d’un stagiaire reste possible — et même encouragé — mais sur la base du volontariat. Cette démarche permet à la PMI d’accompagner l’assistante maternelle à sa demande.
  • Établir une charte d’accueil des stagiaires co-construite avec les organismes de formation, les organisations représentants les assistantes maternelles et les relais petite enfance (RPE), pour clarifier les rôles de chacun.
  • Rappeler les bonnes pratiques d’encadrement : présence continue de l’assistant maternel, posture d’observation du stagiaire, missions adaptées à son niveau de formation.

Voir la fiche pratique « PMI : favoriser l’accueil de stagiaires par les assistants maternels »

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 07 mai 2026

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