Abonnés
Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à l’Enfance et aux Familles : « C’est une réforme de compromis et je l’assume »
Le secrétaire d’Etat à l’Enfance et aux Familles Adrien Taquet n’a pu être présent physiquement à La Rentrée de la Petite Enfance comme cela était prévu. Il a tenu toutefois à y participer en visio.
Adrien Taquet a débuté l’entretien en saluant les efforts faits par les professionnels tout particulièrement pendant la crise sanitaire. Il a aussi souligné, du côté de gouvernement et des administrations, la volonté de faire au mieux pour réduire les difficultés rencontrées pendant cette pandémie, avec notamment pour cette nouvelle rentrée la publication d’un protocole durable, afin d’anticiper l’éventuelle dégradation de la situation sanitaire.
Concernant la réforme, Adrien Taquet a rappelé qu’elle est « le fruit d’un long travail et de nombreuses concertations » et qu’il était inconcevable malgré la crise sanitaire de ne pas aller jusqu’au bout.
Toutefois, Adrien Taquet a reconnu la difficulté de « mener ce chantier en parallèle de la gestion du covid », d’où la nécessité de cadrer au maximum en se fixant deux objectifs. Un objectif de temps : que la réforme soit effective pour la rentrée 2021 et un objectif de méthode : laisser du temps à la concertation.
« Aujourd’hui les textes sont sortis », a souligné Adrien Taquet. « Pas tous », est intervenue Catherine Lelièvre. Et Adrien Taquet de corriger : la plupart des textes sont sortis. « Comment aide-t-on à leur appropriation ? », a-t-il questionné. Et de répondre : « D’abord, on a essayé de faire en sorte que les textes sortis soient les plus proches possibles de ceux soumis à concertation. » Ensuite, il explique avoir demandé « à l’administration d’initier un comité de suivi de la réforme pour que le déploiement opérationnel soit organisé » et précise que la 2e réunion se tiendra le 12 octobre prochain. Une autre action pour que l’application de la réforme soit facilitée : une adresse mail a été créée pour poser toutes les questions utiles et nécessaires.
Adrien Taquet est ensuite revenu sur le fait que certains textes se font toujours attendre, notamment ceux sur les assistants maternels. Il a tout de suite souligné que ce n’est pas parce que c’est moins important. Il évoque plusieurs raisons à ce retard : des textes plus nombreux que sur le collectif et qui donc prennent plus de temps, des équipes de la DGCS très sollicitées, la nécessité de ne pas se précipiter, de le faire très sérieusement, car « la qualité des textes doit être haute » et puis le Conseil d’Etat « assailli » par de nombreux textes à examiner.
Sur la question du risque de dégradation de la qualité d’accueil, il a tout d’abord redit : « C’est une réforme de compromis et je l’assume ». Mais « elle porte sur des convictions fortes », a-t-il continué. Selon Adrien Taquet, « La méthode, c’est de se mettre d’accord sur un objectif partagé : tous les modes d’accueil constituent une même sphère d’activité, un véritable métier qui exige des compétences spécifiques, et qui partagent un même but : accueillir les enfants dans les meilleures conditions pour leur développement global. » Il a poursuivi sur le fait qu’il faut permettre qu’il y ait différentes façons d’atteindre cet objectif et laisser ainsi de la place aux expérimentations notamment. Et aucun doute pour lui : « Au-delà de clarifier et simplifier, cette réforme améliore la qualité dans le droit (analyse de pratiques…) et dans les faits (référent santé accueil inclusif…) », a-t-il déclaré.
Quant au problème de pénurie de professionnels, de la difficulté à recruter des professionnels qualifiés. Si, selon le secrétaire d’Etat à l’Enfance et aux Familles, il y a un aspect conjoncturel lié à la crise, au-delà de ça, il estime toutefois qu’il y a là une vraie question. Et souhaite « s’attaquer au sujet », notamment dans le cadre du comité de filière dont le premier sujet à l’ordre du jour est la formation des professionnels de la petite enfance.
Caroline Feufeu
PUBLIÉ LE 04 octobre 2021