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Assistante maternelle, Margaux Morier, publie Badaboum, son premier album jeunesse 

Assistante maternelle à Villefranche-sur-Saône depuis 2018, Margaux Morier s’est lancée en 2025 dans l’écriture jeunesse. En septembre dernier, elle a publié Badaboum, son premier livre pour les tout-petits, paru dans la collection Marcel & Joachim (éditions Gallimard) et illustré par Marguerite Courtieu. Une histoire courte et pleine de tendresse inspirée de ses observations sur le terrain.

Diplômée d’un CAP Petite Enfance, Margaux Morier débute sa carrière en crèche, où elle exerce pendant environ deux ans. Elle se tourne ensuite vers la garde d’enfants à domicile, auprès de familles dont les parents ont des emplois du temps particulièrement chargés. Sept ans plus tard, à la naissance de sa fille, le couple déménage et achète sa maison. C’est là qu’elle décide de devenir assistante maternelle. « Au début, j’avais peur de me sentir isolée chez moi. Mais dans ma commune, il y a un relais petite enfance (RPE) et des ludothèques. On peut rapidement créer une vraie communauté, échanger entre professionnelles et proposer des activités très enrichissantes aux enfants », confie-t-elle. Très tôt, elle prend l’habitude de tenir un cahier dans lequel elle note, jour après jour, les activités, les anecdotes et les moments partagés avec les tout-petits.

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire. J’ai trois petites sœurs, et j’ai passé beaucoup de temps à leur raconter des histoires. C’est sans doute de là qu’est née mon envie d’écrire : celle de retranscrire les petites scènes du quotidien, souvent drôles et pleines de tendresse. Ce que j’aime dans la littérature jeunesse, c’est la simplicité du texte, la double lecture — pour l’enfant et pour l’adulte — et la poésie que les illustrations apportent », raconte-t-elle

Observer, apprendre et s’émerveiller

« Au quotidien, je m’occupe de trois ou quatre enfants à la fois. Cela permet de prendre le temps de savourer les moments partagés, d’observer leur comportement au quotidien, leurs petites manies, leur personnalité qui s’affirme peu à peu. Chacun d’entre eux a sa façon de grandir, de découvrir le monde et d’apprendre. Et, chaque jour, ils réussissent encore à nous surprendre, il y a toujours quelque chose à raconter », s’enthousiasme-t-elle. Elle consigne tout au quotidien dans un cahier : les repas préparés, la météo, les activités réalisées avec les enfants. Chaque petit qu’elle accueille dispose de son propre cahier de transmissions, entièrement centré sur lui. Elle y note ce qu’il a fait ou refusé de faire, ses découvertes du jour, ainsi que les rencontres faites au parc. Puis, peu à peu, ses notes se transforment en un écrit plus construit, plus poétique. C’est ainsi qu’est né Badaboum.

Pourtant, c’est un peu le fruit d’un heureux hasard si son texte a été publié. Après la crise sanitaire, elle fait la connaissance de Livio Bernardo, un auteur de bandes dessinées français, qui l’encourage à le proposer à des éditeurs. « Le petit texte, que j’avais commencé à travailler il y a une dizaine d’années, a ainsi ressurgi des cartons à la faveur de cette rencontre inattendue. Je l’ai mis au goût du jour en y ajoutant des anecdotes de ma vie de maman et d’assistante maternelle. C’est ce qui a finalement conduit à la publication de Badaboum », poursuit-elle.

Un album destiné aux tout-petits… Et à leurs parents !

L’ouvrage relate les aventures d’Alice et Marcel, une sœur et un frère, respectivement âgés de 7 et 2 ans, qui portent les prénoms des enfants de l’auteure. « Je me suis inspirée du quotidien de mes enfants, mais aussi de ceux que j’accueille », indique-t-elle. À travers des scènes du quotidien, on découvre leurs jeux, leurs petites disputes et leurs moments de complicité. « Marcel construit une tour à l’aide de cubes et tente de dire « Badaboum » lorsqu’ils tombent, mais il en sort seulement un « Cacapoum, Papaboum ». Pendant ce temps-là, sa grande sœur vit sa vie : elle lit, change de position, essaye d’attraper un livre sur l’étagère et finit par tomber de sa chaise… Et là, Marcel lui lance enfin un vrai « Badaboum ! », rapporte l’auteure. L’album est conseillé à partir de 18 mois, car il mise sur le côté répétitif du mot qui se termine toujours en « -oum », permettant aux tout-petits de s’identifier facilement. Les illustrations de Marguerite Courtieu, poétiques et délicates, offrent aussi aux parents des scènes familières du quotidien, dans lesquelles ils peuvent se retrouver. 

L’auteure assistante maternelle n’a pas la grosse tête, et si elle a pris plaisir aventure éditoriale, sa priorité reste bien l’accueil des jeunes enfants : « Mon métier principal reste celui d’assistante maternelle, un travail déjà très prenant physiquement et psychologiquement. Je n’ai donc pas d’autres aventures littéraires prévues pour le moment, mais qui sait, peut-être un jour », confie-t-elle. Qui sait ? Margaux continue de noter ses petites anecdotes et observations…

Margaux Morier et Marguerite Courtieu, Badaboum, Marcel & Joachim, 2025

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Julie Giorgetta

PUBLIÉ LE 13 novembre 2025

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