Abonnés
Aurore Bergé aux Solidarités et aux Familles : une ministre très politique
La rumeur le disait partant depuis plusieurs semaines. Elle s’est confirmée. Après deux jours de suspense, ça y est c’est officiel, on sait qui remplace Jean-Christophe Combe avec une nouvelle appellation pour son ministère : Solidarités et Familles. C’est Aurore Bergé, une ex LR convertie peu de temps avant l’élection présidentielle de 2017 au macronisme. Un profil très « politique » contrairement à son prédécesseur.
Une vraie politique
Elle n’a pas que des amis dans la majorité présidentielle. Et encore moins chez son ex famille politique LR qui au vu de son parcours inconstant la qualifie volontiers de « girouette ». Mais tous lui reconnaissant une qualité : c’est une bosseuse ! Et à lire son parcours sur Wikipédia, on peut aussi louer sa ténacité, tant Aurore Bergé s’est remise régulièrement de ses échecs électoraux parfois cuisants. Ajoutez à cela une bonne dose d’ambition, mais pour réussir en politique, il en faut. Et une certaine propension à changer de camp si nécessaire. Ceux qui la connaissent plus intimement disent qu’elle n’est pas facile… mais elle n’est ni la première ni la dernière personnalité politique à ne pas l’être !
Pas de compétence particulière en petite enfance
Côté petite enfance, outre qu’elle est devenue maman pour la première fois en octobre 2022, on ne lui connait pas de positions tranchées. Tout juste sait-on qu’il fut un temps dans les années 2010, elle a été proche de Nadine Morano (un nom-épouvantail en petite enfance puisque c’est elle alors en charge de la famille qui a contribué à la déréglementation du secteur ) et qu’elle fut en 2019, à la demande du Premier ministre, chargée d’une mission auprès du ministre de la Culture visant à « définir les objectifs, les principes d’action et les leviers d’une politique d’émancipation artistique et culturelle renouvelée, allant au-delà de l’éducation artistique et culturelle, et qui s’adresse à tous nos concitoyens ». Elle remet son rapport en février 2020 où elle présente 60 propositions pour l’émancipation par la culture. On y trouve notamment (comme le suggérait déjà dans son rapport la psychologue-psychanalyste Sophie Marinopoulos) la proposition « d’inscrire la santé culturelle comme une priorité pour la petite enfance ».
Quelle continuité avec ce qui a déjà été entrepris ?
Sur le fond des mesures, Aurore Bergé marchera-t-elle dans les pas de Jean-Christophe Combe ? Pour rappel étaient annoncés pour la rentrée : le mise place de l’observatoire de la qualité de vie au travail et l’annonce d’un plan d’urgence pour l’accueil individuel. Le pire serait en effet que les promesses de son prédécesseur ne soient pas tenues. Elle devrait reprendre les fondamentaux sur la mise en œuvre du service public de la petite enfance annoncés par Élisabeth Borne lors du CNR petite d’enfance du 1 juin à Angers. Elle aura à traiter la question des revalorisations des professionnels de la petite enfance dont la méthode choisie par Jean-Christophe Combe ne fait pas l’unanimité, on le sait.
Mais elle aura surtout dès fin septembre, à défendre l’article 10 de Projet de loi plein emploi et à faire réintroduire par des amendements gouvernementaux quelques points essentiels que les sénateurs ont fait sauter . Et là on peut lui faire confiance, prendre la parole dans l’hémicycle, elle sait faire !
Sur la méthode, elle aura sans doute moins de rondeurs que Jean-Christophe Combe, ministre sympathique et plutôt jovial. Mais elle devra tenir compte des habitudes du secteur où la concertation est de mise. Et apprendre à travailler avec un Comité de filière petite enfance qui aime bien être pris en considération ! A suivre donc …
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 20 juillet 2023
MIS À JOUR LE 22 août 2023