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Christelle Guglielmini, assistante maternelle a réussi son pari : elle a ouvert une Mam seule

Après une première vie comme secrétaire médicale, Christelle Guglielmini a changé de cap pour suivre sa vocation : devenir assistante maternelle. Elle crée d’abord une maison d’assistantes maternelles (Mam) à l’hôpital d’Antibes puis, en 2024, ouvre une nouvelle Mam seule dans un village des Alpes-Maritimes.

À 42 ans, Christelle Guglielmini n’a pas toujours travaillé dans la petite enfance. Dans une autre vie, elle a été secrétaire médicale, mais il y a 10 ans, elle a décidé de se reconvertir. Peu épanouie dans son travail, maman d’un jeune garçon en situation de handicap, elle réalise que la vie est courte et que le moment est venu de faire ce qu’elle aime : travailler auprès d’enfants. Christelle Guglielmini obtient son agrément et devient assistante maternelle, elle exerce pendant deux ans à son domicile. Elle entend parler des maisons d’assistantes maternelles (Mam), l’idée la séduit d’autant plus qu’avec un enfant handicapé, il n’est pas simple de travailler de chez soi.

D’abord une Mam à 4 à l’hôpital

Son projet ? Ouvrir une Mam à l’hôpital. « Par mon expérience précédente, je connaissais les difficultés du personnel médical et paramédical pour trouver un mode d’accueil. Alors, j’ai eu cette idée d’une Mam qui accueillerait les enfants des employés et proposerait des horaires atypiques. » Elle travaillera pendant quatre ans dans cette structure située au sein de l’hôpital d’Antibes avec trois autres professionnelles. Une formidable expérience, la structure développe un partenariat avec le Camsp et accueille ainsi ponctuellement des enfants en situation de handicap. « À cette époque, je me rends compte que c’est vraiment l’accueil que j’aurais aimé avoir quand mon fils était bébé », confie-t-elle. Suite à un déménagement, Christelle Guglielmini doit quitter la Mam de l’hôpital d’Antibes. En 2022, elle s’installe avec son mari et leurs deux garçons à Saint-Vallier-De-Thiey (06).

Une Mam avec une seule assmat, c’est possible

Découvrant qu’il y a un fort besoin d’accueil dans la commune, elle décide alors d’ouvrir à nouveau une Mam. « Je ne pouvais pas travailler à la maison où j’avais Théo atteint de  surdicécité. Il était inenvisageable de prendre le risque d’accueillir des bébés alors que mon fils était dans la maison ». Et Christelle Guglielmini trouve aussi son équilibre dans cette séparation vie privée-vie professionnelle. « Quand on est à la maison, forcément les enfants nous sollicitent, j’ai l’impression de faire mal mon travail ». La Mam est donc, pour elle, l’idéal. « Je suis à fond quand je suis avec les petits et quand je suis à la maison, je peux déconnecter, vraiment ». Au départ, elle projette de créer la structure avec d’autres assistantes maternelles, mais elle ne trouve pas de local assez grand. Elle prend alors la décision d’ouvrir sa Mam seule. C’est légalement possible de le faire depuis le 1er janvier 2023, mais peu de professionnelles le savent.

Un parcours plus complexe que prévu

Le temps de monter le projet, Christelle Guglielmini travaille pendant un an en micro-crèche en tant que référente technique et valide son diplôme d’auxiliaire de puériculture. « Cette expérience a été très formatrice, glisse-t-elle. Elle m’a  confortée dans mon souhait de retravailler en Mam.»  Mais le chemin pour créer la structure s’avère plus compliqué que prévu. L’assistante maternelle se retrouve face à un monceau de démarches administratives et forcément lorsqu’on est seule, cela demande beaucoup plus de temps et d’énergie.

Elle constate aussi que tous les papiers obligatoires ont été pensés pour des structures avec plusieurs assistantes maternelles. « J’ai dû écrire un règlement intérieur… pour moi-même. C’est quand même un peu étrange », sourit-elle. Elle met plusieurs mois à trouver un local  « parfaitement adapté ». Une fois son dossier d’agrément complet, elle part le « défendre » à Nice. Sa demande est acceptée, la Mam « Les petits lutins » ouvre le 26 août 2024. « J’étais heureuse d’arriver au bout de ce parcours compliqué et en même temps, même si j’avais déjà eu une expérience en Mam, j’avais peur ».

Seule, mais bien entourée

Après une année en crèche sans accès à l’extérieur, Christelle rêvait d’un espace ouvert proche de la nature. Vœu exaucé avec son local : « j’ai le Grand Pré de Saint-Vallier, la forêt à quelques mètres, se réjouit-elle. C’est formidable. Les enfants sortent tous les jours. Dans la forêt, ils n’ont besoin de rien. Ils découvrent, explorent tout seuls. On sent vraiment leur bien-être. Et d’ailleurs, quand on rentre à la Mam, c’est très calme, il n’y a jamais de pleurs ou de cris. ». Est-ce que la solitude lui pèse ? Pas le moins du monde.

Christelle Guglielmin a la chance d’habiter dans une commune très mobilisée pour la petite enfance. La mairie met à disposition des assistantes maternelles trois salles dans lesquelles elles se retrouvent chaque semaine pour des activités avec les enfants. Le RPE,  itinérant de Grasse vient leur rendre visite une fois par mois dans la médiathèque de Saint-Vallier. La ludothèque de Mouans-Sartoux se déplace également dans la ville avec ses espaces de jeux et met en place des animations que l’assistante maternelle ne manquerait sous aucun prétexte.

Un sacrifice financier qui vaut le coup

Côté organisation, Christelle a cinq contrats, mais jamais plus de quatre enfants en même temps. Les journées sont denses avec un premier enfant accueilli à 6h30 deux fois par semaine.« Ça pique un peu les yeux, mais on s’y fait », avoue-t-elle. Huit mois après l’ouverture de la Mam, le bilan est très positif. « Après mon expérience en crèche, c’est le jour et la nuit. Je travaille beaucoup : c’est un métier très fatiguant, il faut l’avouer, mais je suis libre de mener les projets que je souhaite avec les enfants. Et le cadre de vie est idyllique. Pour mon deuxième, j’aurais rêvé d’un accueil comme à Saint-Vallier. »

Côté budget, elle admet que l’investissement financier reste important. « Chaque mois il faut dégager une certaine somme. Il faut être très motivée. Je gagne moins qu’à l’hôpital, mais la qualité d’accueil, de vie que j’ai désormais vaut le coup ». Pour l’assistante maternelle-auxiliaire de puériculture qui passe actuellement sa VAE pour obtenir le diplôme d’éducatrice de jeunes enfants, le choix d’ouvrir une Mam seule doit être mûrement réfléchi. « Avant de se lancer, l’étude de besoin est indispensable. Ensuite, il faut beaucoup de motivation. Le parcours pour la création peut être laborieux, mais on y arrive. Aujourd’hui, je ne regrette rien ».

Une appli spéciale Mam et assmat

Christelle Guglielmini et son mari sont en train de finaliser une application pour les assistantes maternelles et les Mam, pour faciliter les transmissions aux parents, afin qu’ils aient un suivi de leur enfant. Son nom : Poppin’s.  L’objectif est vraiment de garder une trace de ce qui est dit chaque jour. « Cette application simplifie et professionnalise le métier d’assistante maternelle, souligne Christelle Guglielmini. C’est un outil simple, efficace et accessible à tous ». Poppin’s sera disponible à la fin du mois de mai.

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PUBLIÉ LE 29 avril 2025

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