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La semaine de 4 jours en crèche : remède à la pénurie ou fausse bonne idée ?

Proposer la semaine de 4 jours à ses salariés permet-elle de gagner en attractivité ? Les crèches publiques, associatives, privées sont de plus en plus nombreuses à expérimenter cette nouvelle organisation du temps de travail pour attirer et fidéliser leur personnel. Quelles en sont les modalités ? Et les résultats sont-ils à la hauteur des attentes ? Enquête.

À Villeurbanne, deuxième commune de la métropole de Lyon, sur les treize crèches municipales, quatre ont démarré l’expérimentation de la semaine de quatre jours en janvier 2024. Paris a également souhaité tester cette nouvelle organisation du temps de travail en réponse aux difficultés de recrutement : quatre crèches municipales pilotes, sur un total de 400 établissements, se sont portées volontaires entre janvier et juin 2024. Différents formats sont expérimentés : semaine de 4 jours avec journées plus longues (jusqu’à 9 h/jour),  alternance semaine de 5 jours/semaine de 4 jours. Le dispositif a été étendu à une vingtaine d’autres établissements par vagues successives. Environ 100 agents, tous statuts confondus, CAP-AEPE, auxiliaires de puériculture, EJE, agents techniques…

Après une année d’expérimentation, la communauté d’agglomération Vienne Condrieu, de son côté, reconduit le dispositif pour un an avec davantage d’EAJE participants. Le réseau de crèches privées inter-entreprises Na ! Crèches (12 établissements dont 3 micro-crèches) a fait partie des premiers à se lancer dans l’aventure, juste après le Covid. Seules les crèches de l’association Pitchoun à Bordeaux, ne sont plus en phase d’expérimentation. La semaine de 4 jours  y a été mise en place depuis le 1er janvier 2024 dans ses cinq établissements (50 à 60 places), et cela fonctionne.

Un rythme jamais imposé

Le choix du passage à 4 jours ne se décide pas du jour au lendemain. Il est le fruit d’une concertation avec les professionnelles. Toutes les structures ont élaboré un questionnaire pour sonder l’état d’esprit des équipes. La semaine de 4 jours était une proposition parmi d’autres cycles de travail. La plupart du temps, le passage à quatre jours est fait sur la base d’un vote interne à chaque crèche, avec une large majorité requise pour valider le changement. Il s’agit également le plus souvent d’un projet d’équipe. Sauf à Paris, la capitale a choisi une approche individualisée et volontaire. Chaque agent peut faire le choix d’entrer (ou non) dans le dispositif. Autre point important : partout, l’expérimentation a été menée à effectif constant, c’est-à-dire sans embauche supplémentaire.

À Issy-les-Moulineaux, le projet n’a pas dépassé la phase du questionnaire. Les deux tiers des agents ont répondu négativement, ce qui a bloqué le projet, car la majorité était nécessaire. « Sur le papier, le passage à la semaine de 4 jours pouvait sembler alléchant, mais en réalité, avec des journées de 10 heures ou la perte de jours de congé, ça n’a pas convaincu, explique Émilie Philippe, EJE et membre du collectif Pas de bébés à la consigne. Les collègues n’étaient pas prêtes à ce compromis. » Le fait que le jour de repos ne soit pas fixe est un autre élément qui a freiné les pros. Le temps de travail hebdomadaire des agents d’Issy-les-Moulineaux est de 37h30, ce qui leur donne 15 jours de RTT en plus des congés annuels.

Des journées de 9h et plus

Sylvine Vassoille, directrice d’une crèche municipale de 42 berceaux à Villeurbanne a fait partie du noyau de directrices ayant participé à la conception et au lancement de l’expérimentation en janvier 2024. Son rôle initial a été très opérationnel : elle a mis en œuvre concrètement le nouveau mode d’organisation du travail dans sa structure. Dans les quatre crèches volontaires de Villeurbanne, le temps de travail hebdomadaire est passé à 37 heures, réparties sur 4 jours, soit 9 h 15/jour. Lors de la première phase d’expérimentation, tout le personnel était concerné, y compris les directrices. Le jour de repos tournait chaque semaine (pas de jour fixe).

Des organisations mixtes

Dans l’agglomération de Vienne Condrieu, la direction Petite Enfance a expérimenté deux types de temps de travail dans cinq crèches (sur un total de 16) : trois effectuaient 36 heures sur quatre jours, et deux 37h30 en cinq jours (le nombre de RTT était modulé). À noter : celles qui avaient opté pour le 4 jours disposaient de 24 et 30 places. Dans les crèches de l’association Pitchoun, toutes les professionnelles en contact direct avec les enfants sont passées à 4 jours, tandis que le personnel du siège, les cuisiniers, les agents de service et les directrices sont restés sur un rythme de 5 jours. Les salariées concernées sont toujours à 35 heures par semaine, mais réparties sur 4 jours, soit des journées d’environ 9 heures. Le réseau de crèches interentreprises Na ! Crèches a également expérimenté la semaine de 4 jours avec longues journées et un modèle hybride : journées longues et courtes dans la semaine (exemple : 3 jours de 9 h et 2 jours de 4 h).

Le casse-tête des plannings

Le passage à la semaine de 4 jours n’a pas seulement modifié la répartition du temps de travail : il a exigé une refonte complète de la gestion des plannings avec trois mots d’ordre : souplesse, anticipation et rigueur. « La mise en place du planning a été un travail particulièrement complexe, confie Sylvine Vassoille. Il a fallu revoir entièrement l’organisation, s’assurer d’un équilibre des présences sur l’ensemble des amplitudes horaires (la crèche ouvrant de 7 h 30 à 18 h 30). Franchement, c’était une petite usine à gaz, notamment parce qu’il a fallu intégrer cette réforme en milieu d’année scolaire (janvier), ce qui a rendu l’adaptation plus difficile qu’un démarrage en septembre. » Les structures concernées ont mis en place un planning sur 12 semaines en général, adapté à la taille de l’équipe (équipes de 3 à 5 personnes).

« On ne peut pas garder le même mode de fonctionnement qu’en semaine de 5 jours. C’est une posture différente : il faut tout repenser », complète Isabelle Rodriguez, directrice de l’association Pitchoun et co-présidente de l’ACEPP. Dans les crèches Pitchoun, chaque établissement élabore une trame de planning annuelle « idéale », utilisée comme référence pour calculer les heures à répartir. Cette trame est ensuite adaptée toutes les 2 à 4 semaines en fonction des réservations des familles, des absences prévisibles ou imprévues, des besoins spécifiques d’accompagnement des enfants. « C’est un équilibre permanent entre anticipation et adaptation », ajoute la directrice. François Gérard, directeur du groupe Na ! Crèches pointe également la complexité des plannings avec la coexistence de différents rythmes, qui nécessite une gestion très organisée. Côté organisation des plannings, la Ville de Paris indique ne pas avoir rencontré de difficultés particulières. « Ce n’est pas le retour qu’on a, précise Johanne Kouassi, conseillère petite enfance à la Ville de Paris. Finalement, ce n’est pas plus compliqué que de gérer des absences non prévues ou des départs en cours d’année. »

Continuité éducative et travail en équipe plus fluide

Sur l’année 2024 et début 2025, la ville de Villeurbanne a envoyé trois questionnaires aux équipes concernées par la semaine de quatre jours afin de voir comment elles vivaient l’expérience : les plus, les moins, les points à améliorer. Le premier élément positif concerne le suivi de l’enfant. « La professionnelle qui est présente durant 9 h 15 est là du matin jusqu’à la fin de journée, ce qui favorise le lien éducatif et affectif, et la cohérence dans l’accueil, souligne Sylvine Vassoille. Il y a même la possibilité d’assurer le relais parent-enfant du matin et du soir par la même personne. » Isabelle Rodriguez relève aussi la qualité du lien éducatif. « Contrairement à certaines craintes initiales, les journées plus longues n’ont pas altéré l’attention portée aux enfants, bien au contraire. Elles permettent une prise en charge plus globale, plus fluide, avec moins de coupures. »

Les différentes structures mettent en avant la facilitation du travail d’équipe induite par les journées plus longues. La présence renforcée de toutes les professionnelles entre 9 h 15 et 16 h 15 — période durant laquelle l’équipe est au complet — facilite les activités collectives, le décloisonnement, renforce l’organisation, le soutien sur les temps clés (repas, siestes, etc.) et améliore la disponibilité pour les projets. À Villeurbanne, grâce à l’organisation en continu et aux nouvelles journées pédagogiques (cinq par an), les réunions du soir ont quasiment disparu et les heures supplémentaires sont limitées. À noter que les temps d’analyse des pratiques professionnelles (APP) sont désormais intégrés à ces journées pédagogiques.

Isabelle Rodriguez souligne une amélioration nette de l’organisation des réunions d’équipe grâce à cette présence collective renforcée. Grâce à la nouvelle organisation, les directions peuvent programmer plus facilement des temps de réunion. Constat partagé par Sandrine Joly, coordinatrice petite enfance à Vienne Condrieu Agglomération, qui a notamment géré et accompagné les structures tests sur les nouveaux cycles de travail : « Les professionnelles sont nombreuses à déclarer réaliser un travail plus qualitatif, disposer de plus de temps pour préparer les activités. Certaines ont évoqué une meilleure répartition du travail et donc moins d’heures supplémentaires, ainsi qu’une communication facilitée. » Pour autant, si la semaine de quatre jours semble plus propice au travail en équipe, celle-ci n’est cependant jamais totalement au complet : il faut aussi composer avec cette donnée.

Qualité de vie au travail : une fatigue accrue

Le principal risque lié à l’allongement des journées est la fatigue due à l’intensité accrue du travail. Dans les structures du réseau Na ! Crèches, la majorité des professionnelles ont trouvé ces journées plus longues trop fatigantes et ont demandé un retour au rythme classique (7 h/jour) après seulement quelques mois d’expérimentation. « Rapidement, on s’est rendu compte que les salariés s’essoufflaient. C’était une trop longue journée pour elles, relève François Gérard. Et donc, au bout de six mois, on a fait marche arrière sur plusieurs sites, parce qu’elles demandaient à revenir aux 7 heures par jour. » En 2025, seule une dizaine de salariés sur 125 restent sur ce rythme. Une minorité, souvent en lien avec des congés parentaux ou des temps partiels à 80 %. Le directeur réfléchit désormais à des formes plus souples et individualisées d’organisation du temps de travail, mieux adaptées aux réalités du terrain.

Stéphane Fustec, représentant de la CGT Services à la personne, est critique sur la semaine de quatre jours. Il souligne que de nombreux salariés, enthousiastes au départ, déchantent rapidement une fois confrontés à la charge réelle de travail sur 4 jours. « On est sur des métiers extrêmement pénibles, même si ça ne saute pas aux yeux, rappelle-t-il. Une journée plus longue, même d’une heure ou trois quarts d’heure, ça change complètement la donne en termes de fatigue. »

Un jour de plus off très apprécié

À Villeurbanne, Sylvine Vassoille, aujourd’hui à la direction de la Petite Enfance de Villeurbanne, confirme que la question de la fatigue liée à l’allongement des journées est un point sur lequel il faut rester très vigilant. « Certaines se sont plaintes d’avoir davantage de douleurs physiques, de difficultés à décompresser le soir et à s’endormir », rapporte-t-elle. Mais, malgré la fatigue exprimée, aucune des équipes engagées dans l’expérimentation n’a demandé à revenir totalement en arrière. Les retours sont globalement positifs. Les journées plus longues ont permis une augmentation du temps de pause quotidien. « Ce temps méridien allongé est devenu un vrai moment de respiration pour les équipes : elles peuvent faire des réunions, réfléchir ensemble, sans être interrompues », explique Sylvine Vassoille. Autre petit plus : comme toute l’équipe est en continu, les repas sont offerts par la cuisine centrale de la ville. Et chaque professionnel bénéficie régulièrement d’un week-end de 4 jours, quand le jour off tombe le vendredi et que la semaine suivante, c’est le lundi. Ces week-ends allongés sont très appréciés par les équipes.

Paris tire également un bilan très positif de cette expérimentation. Les résultats de la deuxième phase d’expérimentation, présentés en comité social territorial le 17 juin 2025, ont confirmé les premiers retours. « C’est un dispositif qui est apprécié, souligne Johanne Kouassi. La majorité des agents estiment qu’il y a une amélioration de la conciliation avec la vie personnelle. Le jour qui est libéré est extrêmement apprécié, mais ça nécessite un peu de souplesse d’organisation à la maison.» 

Bilan et ajustements nécessaires

La Ville de Paris souhaite désormais élargir progressivement l’accès à la semaine de 4 jours tout en gardant un suivi régulier et bien évidemment toujours sur la base du volontariat. C’était une condition essentielle pour les organisations syndicales, qui ont validé la poursuite du dispositif à l’issue de la concertation du 17 juin. « C’est une démarche qui s’inscrit dans la durée, avec une montée en puissance progressive. Il faut aussi mener un travail de conviction auprès des équipes », précise Johanne Kouassi.

À la communauté d’agglomération Vienne Condrieu, un premier bilan a été réalisé en mai, le recul n’étant pas encore suffisant pour pérenniser l’expérimentation. Le dispositif va ainsi être reconduit, avec davantage d’EAJE participants, mais pas forcément sur le rythme de 4 jours.
Sur les trois crèches qui ont expérimenté ce temps de travail, une seule s’engage à nouveau pour une année. Les deux autres expérimenteront un autre temps de travail : 37h30 sur cinq jours. Alice Colleaux, directrice des ressources humaines de l’agglomération, revient sur l’expérience d’une des structures ayant connu un absentéisme très important (sans lien avec les nouveaux temps de travail), ce qui a majoré les difficultés d’organisation. « Lorsqu’on est sur du 4 jours, il y a clairement moins de marge de manœuvre pour absorber l’absentéisme dans une équipe. Elles n’ont pas souhaité reconduire », indique-t-elle.

Le dispositif reste globalement maintenu à Villeurbanne, mais avec certaines adaptations. Les directrices ou leurs adjointes ont souhaité repasser à cinq jours pour être plus disponibles pour leurs équipes. Dans une structure pilote, environ un tiers de l’équipe a souhaité revenir à cinq jours, tandis que les deux tiers ont choisi de rester en quatre jours. Cette crèche fonctionne donc désormais avec les deux rythmes. Sylvine Vassoille signale qu’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact de l’expérimentation sur l’absentéisme, la santé au travail ou la fidélisation sur le long terme. Des bilans intermédiaires sont prévus via des questionnaires réguliers auprès des équipes.

La clé : des solutions hybrides ?

Pour expliquer l’échec de l’expérimentation de la semaine de quatre jours, le directeur du réseau Na ! crèches pointe notamment la désorganisation induite par la moindre absence. Il formule également l’hypothèse que la taille de la structure influence directement la mise en œuvre du dispositif. « Une micro-crèche, vous n’avez qu’une seule absente et tout est déréglé, souligne-t-il. C’est quasi impossible d’adapter le temps. On est obligés d’avoir deux personnes à l’ouverture, deux personnes à la fermeture. » Il semblerait que ce type d’organisation ne soit pas transposable aux micro-crèches, où les effectifs sont trop restreints pour permettre des roulements efficaces. Villeurbanne a d’ailleurs exclu de l’expérimentation les très petites structures.

Toutes ces expériences montrent que la semaine de 4 jours ne peut pas s’improviser. Stéphane Fustec déconseille pour sa part une généralisation brutale. Il plaide plutôt pour des solutions hybrides et personnalisées, comme cela est fait dans certaines villes : des journées allongées en échange d’un nombre accru de jours de RTT. « Ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre, souligne-t-il. Quand on veut améliorer la qualité de vie au travail, on construit des systèmes qui laissent le choix. » Pour les structures qui ont choisi de maintenir l’expérimentation, un élément semble clé : le taux d’encadrement.

Les effets sur l’attractivité

Ils sont encore faibles, la majorité des structures étant encore en phase d’expérimentation. L’initiative n’a pas déclenché d’afflux de candidatures chez Na ! Crèches. À Vienne Condrieu, le dispositif avait aussi pour ambition de permettre aux personnes à temps partiel de revenir à temps plein sur 4 jours. Mais les agents n’ont pas souhaité une telle amplitude horaire. Seule à Villeurbanne, la semaine de 4 jours suscite un intérêt et attire des candidats lors de recrutements externes. C’est également un critère décisif pour certains agents lors des mobilités internes. Quant à Paris, la semaine de 4 jours s’inscrit clairement comme l’un des leviers concrets d’attractivité pour les métiers de la petite enfance, estime Johanne Kouassi. Dans un secteur fortement en tension, où les difficultés de recrutement persistent malgré les revalorisations salariales, « On a parfois des personnes qui préfèrent gagner un peu moins, mais être dans un lieu de travail plus proche ou avec une organisation plus souple. Une heure ou une heure et demie de transport le matin, pareil le soir… Quand on ramène ce temps sur quatre jours au lieu de cinq, le gain est énorme », ajoute la conseillère petite enfance.

Un encadrement renforcé comme levier de réussite

L’association Pitchoun a néanmoins réussi son pari, mais au prix d’un investissement RH conséquent. Elle n’a pas seulement repensé les plannings : elle a aussi innové en créant un nouveau poste interne, baptisé « accueil en ressources », dans chaque structure. Ce dispositif joue un rôle clé dans la souplesse quotidienne des équipes, sans passer par des recrutements externes. Cette personne mobile, formée, issue des équipes, vient en renfort selon les besoins. « Ce n’est pas forcément pour remplacer une absence. C’est un poste qui vient en appui là où il y a besoin, même si tout le personnel est présent », précise Isabelle Rodriguez. Selon elle, la semaine de 4 jours fonctionne… à condition d’investir, c’est-à-dire de disposer d’un personnel suffisant, supérieur au taux d’encadrement minimal. Cela permet de garantir une souplesse nécessaire sans mettre en péril la sécurité ou la qualité de l’accueil. « Si on est juste au taux d’encadrement, ce n’est pas possible, prévient-elle. Dès qu’il y a une absence, tout s’effondre. Le décret fixe un minimum de sécurité, mais pour garantir la qualité, il faut être au-dessus. »

Pour la directrice de l’association, la réussite du projet tient aussi au recours à l’annualisation du temps de travail. Chaque professionnelle a un volume d’heures annuel à effectuer (par exemple 1 600 heures), calculé en tenant compte des jours d’ouverture de la crèche, des jours de fermeture collective (vacances, ponts, journées pédagogiques), du temps contractuel (35 h/semaine). Ce choix se révèle ici bénéfique à plusieurs niveaux, pour les salariées comme pour l’organisation.
« L’annualisation nous permet de faire fluctuer les besoins, précise-t-elle. Certaines semaines, les équipes travaillent un peu plus ; d’autres, elles travaillent moins. C’est ce qui rend le système viable. »

Mais l’annualisation nécessite un suivi mensuel, des outils de gestion adaptés, et un dialogue permanent avec les équipes pour que la confiance et la transparence soient maintenues. « C’est un vrai travail de fond. Mais sans annualisation, la semaine de quatre jours serait beaucoup plus rigide, voire impossible à tenir », ajoute Isabelle Rodriguez. Elle explique également avoir mis en place un tableau de jours de repos « négociables ou non » : les salariées y indiquent les jours où elles peuvent exceptionnellement revenir. Si l’une d’entre elles revient un jour de repos avec un préavis de moins de 48 h, du temps est crédité sur un Compte Épargne Temps (CET). Une démarche collaborative qui permet aux directrices de mobiliser rapidement des remplaçants internes sans désorganiser le service.La semaine de 4 jours n’est pas une solution miracle : elle doit s’ancrer dans une vision globale de qualité, de solidarité et d’investissement réel. Et, « il ne faut pas s’arrêter à la première difficulté, conclut Isabelle Rodriguez. C’est exigeant, mais si on y croit collectivement, il ne faut pas lâcher. »

femme avec un enfant dans le bras qui joue de dos

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 26 juin 2025

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