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Récemment diplômée, Delphine raconte sa VAE du titre IEPE
Après quinze ans auprès des jeunes enfants, Delphine vient d’obtenir le titre professionnel d’intervenant éducatif petite enfance (IEPE) par la VAE. Ancienne assistante maternelle, elle travaille aujourd’hui dans la microcrèche « La Chaumière au pain d’épice » à Bologne, en Haute-Marne, et se réjouit de cette nouvelle étape dans sa carrière.
Elle a attendu tout l’été, et puis, le 23 septembre, elle a reçu ses résultats. Un courrier de la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités qu’elle s’est empressée d’ouvrir. Elle l’a eu : Delphine a obtenu son titre professionnel Intervenant éducatif petite enfance (IEPE). Une fierté qu’elle ne cache pas : « Les premières personnes que j’ai appelées, ce sont mes collègues de la microcrèche », confie-t-elle. Elles ont suivi toute ma préparation depuis janvier. » À 47 ans, Delphine n’en est pas à sa première VAE. Après la crise sanitaire, l’assistante maternelle a obtenu son CAP accompagnant éducatif petite enfance (AEPE). « J’aime bien continuer de me former et d’apprendre de nouvelles choses », dit-elle spontanément.
Assistante maternelle en MAM
Pendant dix ans, Delphine a accueilli des enfants chez elle, avant de travailler quatre ans et demi en MAM avec une autre assistante maternelle. C’est là qu’elle rencontre la future directrice de la microcrèche, où elle travaillera ensuite. Priscillia, infirmière de formation était venue effectuer un stage avant l’ouverture de sa propre structure. Le courant passe entre les femmes et, au fil des échanges, la directrice lui propose un poste. Delphine n’hésite pas une seconde, l’envie de rejoindre un jour une crèche trotte dans sa tête depuis quelque temps. « Une opportunité comme ça, on ne l’a pas deux fois », souligne-t-elle.
Le titre IEPE pour prendre des responsabilités
Le projet de certification vient concrétiser ce changement. « La PMI a parlé de ce titre à la directrice dans le cadre des échanges sur les qualifications de l’équipe », raconte Delphine. L’obtention du titre doit lui permettre de prendre davantage le relais en l’absence de la directrice, et de monter en compétence et responsabilité. Le titre IEPE offre en effet à ses titulaires la possibilité d’être comptabilisés parmi les professionnels de catégorie 1 chargés de l’encadrement des enfants en EAJE, alors que le secteur est confronté à une pénurie de personnel qualifié. Un enjeu particulier pour les microcrèches qui ne pourront bientôt plus bénéficier de certaines dérogations sur les qualifications des personnels. Le projet de réécriture du décret d’avril 2025, présenté en juin dernier par la DGCS, prévoit d’y mettre fin au 1ᵉʳ septembre 2028.
En décembre, Delphine contacte plusieurs organismes. Certains ne connaissent pas encore cette nouvelle certification. Finalement, c’est Bleu Éducation qui la rappelle en janvier et son accompagnement débute dans la foulée. Elle fera partie des cinq candidates de la première session d’examen organisée par l’institut à Paris, en juillet. Delphine quitte la MAM et commence à travailler dans la microcrèche en mars. C’est une petite équipe soudée qu’elle rejoint. « La directrice partage tout avec nous. Elle nous a permis de monter tous les protocoles », raconte-t-elle. Parallèlement, elle prépare sa VAE IEPE. Et ce n’est pas rien !
« Je n’aurais pas pu le faire toute seule »
Delphine pense connaître le travail qui l’attend. Elle découvre cependant une préparation bien plus conséquente : « Je ne m’attendais pas à ça », avoue-t-elle. Comme il est conseillé, une accompagnatrice l’épaule tout au long de son parcours. Delphine choisit un accompagnement de 24 heures avec Pauline, qu’elle retrouve environ une heure par semaine en visioconférence. Ces rendez-vous et le travail personnel occupent toutes ses soirées et ses week-ends.
Côté financement, elle mobilise son compte personnel de formation (CPF) et évoque un coût d’environ 1 700 euros, dont une centaine d’euros à sa charge. Première étape : le dossier professionnel : elle rédige neuf fiches réparties sur trois thèmes. Les six premières s’appuient sur des situations vécues en MAM. Elle connaît les enfants depuis longtemps, cet exercice est relativement facile pour elle. Les trois dernières fiches sont issues de son expérience dans la microcrèche. « J’ai rencontré quelques difficultés, car j’étais arrivée récemment dans la structure », explique-t-elle. Pauline l’aide à préciser ses écrits et à développer les éléments utiles. Delphine doit également se familiariser à nouveau avec le travail sur ordinateur et les documents partagés en ligne. « Je n’aurais pas pu le faire toute seule sans accompagnement », reconnaît-elle.
Six mois de préparation, quatre heures d’épreuve
En plus du dossier, Delphine prépare un exposé. C’est la présentation officiellement appelée « questionnement à partir de productions ». Une quinzaine de jours avant l’épreuve, elle passe un examen blanc qu’elle juge avec du recul « très utile » : « Ça nous entraîne et nous permet d’avoir un autre regard que celui de la formatrice qui nous accompagne tout au long du parcours », précise-t-elle. Avant de partir à Paris, l’étudiante s’accorde deux jours au parc Astérix avec son fils de 14 ans « histoire de se détendre ». Mais elle est sereine : « Je savais ce que j’avais à dire. Je l’avais travaillé depuis janvier. ».
Le jour de l’examen, le 23 juillet, les premiers échanges avec le jury mettent Delphine tout de suite à l’aise. Les deux membres du jury lui expliquent le déroulement et précisent que cette session est aussi une première pour elles. Et c’est parti pour quatre heures d’épreuve intense. Delphine ressort de l’examen vidée, mais satisfaite. Les semaines passent, sans résultat, et le doute, inévitablement, s’installe.
« Ça demande beaucoup de travail, mais il ne faut pas hésiter ! »
Comment se sent-elle aujourd’hui quelques jours après l’annonce des résultats ? « J’étais déjà à l’écoute des enfants, mais je trouve que je le suis peut-être encore plus aujourd’hui », admet-elle. Au-delà du titre IEPE, elle met l’accent sur l’importance de la formation pour questionner ses pratiques et découvrir d’autres façons de faire. « Je me remets facilement en question : si quelque chose ne va pas, je cherche comment faire autrement. » Elle s’intéresse particulièrement à la place des parents. « Ils ne déposent pas juste leur enfant et ça s’arrête là. C’est toute la famille qu’on accueille. » À la microcrèche, Delphine accompagne également une apprentie préparant le CAP AEPE, dont elle est la tutrice. Elle porte aussi des projets autour de la nature : l’équipe a obtenu l’autorisation d’installer un poulailler et cela l’enchante. Regrette-t-elle parfois son ancien métier d’assistante maternelle ? Absolument pas. « Ce sont les étapes de mon parcours : j’ai commencé à la maison, puis j’ai rejoint une MAM et maintenant une microcrèche, où j’ai davantage de collègues. Mais je reste dans le monde de la petite enfance, toujours auprès des enfants. C’est le plus important pour moi. » D’ailleurs, elle confie être toujours en contact avec les enfants qu’elle a accueillis. Elle note même dans son agenda les anniversaires de chacun pour ne pas oublier.
À celles qui pensent à se lancer dans une VAE, Delphine n’a qu’une phrase. « Il ne faut pas hésiter : ça demande beaucoup de travail, mais ça vaut le coup. » Pour elle, ce titre prolonge ces quinze années auprès des enfants : « C’est la continuité de mon parcours et de ma passion pour ce métier. »
Candice Satara
PUBLIÉ LE 05 octobre 2026