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Réforme des diplômes du travail social : la DGCS va accompagner les centres de formation

Lors d’un point presse, mardi 20 janvier 2026, la DGCS a précisé la mise en œuvre de la réforme des diplômes d’État du travail social de niveau 6 (bac+3). Une opération de réassurance après une concertation qui avait suscité de vives tensions et des critiques et inquiétudes des professionnels de la petite enfance… qui ne sont toujours pas convaincus du bien-fondé de cette réforme. Mais, il s’agissait surtout de préciser la façon dont seront épaulés les responsables de ces formations.

C’est désormais concret : depuis ce lundi 19 janvier, les formations aux cinq diplômes du travail social nouvelle version – dont le diplôme d’EJE – sont accessibles à l’ensemble des étudiants sur Parcoursup.  Pour rappel, ces cinq métiers sont les piliers d’un secteur qui emploie 280 000 professionnels et qui compte environ 13 000 diplômés par an (Drees). Ces professionnels  occuperont des fonctions de cadre intermédiaire dans des services d’établissements sociaux et médico-sociaux divers. Après une concertation houleuse et vivement critiquée en 2025, la réforme est en marche, et la DGCS se concentre aujourd’hui sur sa mise en œuvre et l’accompagnement renforcé des établissements de formation, afin qu’ils puissent accueillir dès septembre 2026 des étudiants dans les meilleures conditions. 

Une circulaire et des webinaires pour soutenir la mise en œuvre de la réforme 

Pour Jean-Benoît Dujol, directeur général de la cohésion sociale, les retours des établissements de formation sont « très positifs ». Les arrêtés et référentiels ayant été publiés en octobre 2025, le délai est suffisant (plus de 10 mois) pour leur permettre d’adapter leurs projets pédagogiques.  

Pour accompagner les organismes de formation et les services certificateurs (DREETS et rectorats), la DGCS prévoit : 

  • Une instruction par voie de circulaire pour préciser les modalités de mise en œuvre, afin d’aider les services de l’État dans leur mission d’appui aux établissements et leur mission de certification. Elle devrait être adressée d’ici le mois de février 2026.  
  • Une série de webinaires thématiques sur la phase de sélection, le contrôle continu, les réorientations, etc. co-animés par la DGCS et la DGESIP, à destination des conseillers régionaux, autorités de tutelle qui financent ces établissements. Webinaires également adressés aux établissements de formation, aux Dreets et aux rectorats. « Ils présenteront les tenants et aboutissants de la réforme, les modalités pratiques, exposer les conséquences de la mise en ligne sur Parcours sup, présenter l’organisation générale de la formation, sa certification… », indique Jean-Benoît Dujol. 

Des contrôles pédagogiques pour vérifier la qualité des enseignements

La DGCS a également souligné qu’avait été introduite dans le référentiel une nouvelle obligation, la nécessité pour les établissements d’adapter le contenu des formations à l’évolution des politiques publiques, à l’état des savoirs établis scientifiquement, et aux recommandations de bonnes pratiques professionnelles produites par la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Haut Conseil du Travail Social. « Notre souci est que les contenus des formations soient inspirés du dernier état des savoirs et de la science », a assuré Jean-Benoît Dujol, expliquant vouloir éviter « les pratiques professionnelles datées, désuètes, obsolètes ». 

La DGCS prévoit donc d’organiser une série de webinaires « sur cette question de l’enjeu des ressources et celui du travail social basé sur la preuve ». « Un enjeu un peu nouveau, a reconnu Jean-Benoît Dujol, mais qu’il nous parait important de conduire afin d’améliorer les pratiques professionnelles et contribuer à l’essaimage des derniers résultats de la science… » 

Et pour assurer la qualité des enseignements dispensés par les établissements de formation, une politique de contrôle pédagogique dynamique et renforcée est mise en œuvre via les Dreets ou les Agences régionales de santé (ARS).

Des craintes exagérées, selon Jean-Benoit Dujol

Si ces cinq diplômes n’avaient pas connu d’évolution majeure depuis 2018 (grade de licence), cette nouvelle réforme vise à ancrer ces formations dans la définition du travail social du Code de l’action sociale et des familles, à adapter le contenu des référentiels aux évolutions de l’action sociale et de la société, et à faciliter les trajectoires, a rappelé la DGCS. Évoquant la « concertation large » qui a été menée et les points qui ont été longuement discutés avec les professionnels, Jean-Benoît Dujol, a souligné la volonté de la DGCS « de reconnaitre la spécificité de chaque diplôme et d’insister dans le référentiel sur les compétences partagées par l’ensemble des diplômés du travail social de niveau VI ». Mais également de renforcer ou ajouter, dans ces référentiels, « certaines compétences comme l’éthique et la réflexivité, les compétences psychosociales et les nouveaux enjeux contemporaines comme les transitions écologiques et numériques », a-t-il précisé. 

La DGCS reconnait cependant que la prise de décision n’a pas toujours été facile. Qu’il a « fallu prendre des arbitrages et trouver des positions d’équilibre entre des demandes parfois contradictoires des parties consultées ». « Je pense que nous avons trouvé un point d’équilibre satisfaisant au service de l’intérêt général, des professionnels, des diplômés et des employeurs du secteur », explique Jean-Benoît Dujol. Celui-ci estime néanmoins que les craintes concernant la disparition des spécificités de chaque formation étaient exagérées, la DGCS ayant justement œuvré pour la reconnaissance de chaque métier et sa spécificité : « Nous n’avons pas voulu nier ces identités au contraire, nous avons voulu les reconnaitre, on a voulu et on assume cette orientation, renforcer la transversalité en insistant sur les éléments de culture commune à l’ensemble des métiers du travail social ». Aux organisations professionnelles qui ont émis des craintes, Jean-Benoît Dujol assure cependant que sa « porte reste toujours ouverte pour discuter de la façon dont la réforme se met en place et s’il y a des difficultés particulières. »

Pour rappel, les organisations professionnelles, réunies à l’initiative de la FNEJE dans un collectif, alertaient sur deux points : la perte des spécificités de chaque diplôme, mais aussi sur la fin annoncée des diplômes d’État. Ils critiquaient aussi les conditions — et ses modalités – dans lesquelles a été menée la concertation.

La concertation se poursuit pour le Caferuis, le Cafdes, le diplôme d’AES… 

Notons que le travail de la DGCS se poursuit sur les diplômes du travail social qui ne sont pas de niveau 6, comme le diplôme d’Accompagnant Éducatif et Social (AES), et les diplômes d’encadrement (Caferuis et Cafdes)… La concertation est donc toujours ouverte. 

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Laurence Yème

PUBLIÉ LE 20 janvier 2026

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