S’abonner

Micro-crèche : la FNEJE défend le projet de décret pour un accueil de qualité

Dans un communiqué publié ce matin, la FNEJE monte au créneau et vient prendre la défense du projet de décret pour la qualité dans les micro-crèches, qui attise la colère du secteur privé lucratif.

Depuis plusieurs semaines, les fédérations mènent une campagne de lobbying inédite « à grand coups de messages alarmistes diffusés sur les réseaux sociaux » naïvement repris par les médias, par la création de deux pétitions en ligne et d’une opération « Crèches mortes » ce 3 février. Ils entendent dénoncer « le plus grand plan social du secteur » et la « menace d’extinction » qui planerait sur les micro-crèches. 

Une campagne de désinformation qui divise 

Comme le SNPPE il y a quelques jours, la FNEJE dénonce les méthodes du secteur privé pour décrédibiliser ce projet de décret dans l’opinion, faire pression sur le gouvernement. « Ils crient au loup, ils font peur, ils font des communiqués alarmistes avec du chantage à l’emploi auprès du gouvernement. Et pire encore, ils créent de la division au sein des professionnels : les plus diplômés versus les moins qualifiés en expliquant que ce décret vient dénigrer les professionnels titulaires d’un CAP AEPE ! » 

Un signal fort pour la qualité

Pour la FNEJE, ce décret est a contrario un signal fort pour la qualité de l’accueil, une avancée majeure pour le secteur, qu’elle appelle de ses vœux depuis 18 ans ! Elle s’étonne que l’on puisse ne pas se réjouir d’une telle décision et aller « à l’encontre de la recherche de la qualité d’accueil ». Dans son communiqué, elle martèle encore « qu’il n’est pas normal que dans notre pays et ce quelle que soit la taille de la structure collective qui accueille les jeunes enfants en dehors de leur domicile , que les règles ne soient pas les mêmes. Particulièrement en ce qui concerne l’encadrement des enfants ». La FNEJE estime qu’il n’y a pas à dénigrer les titulaires d’un CAP AEPE, qui sont loin d’être de « mauvais professionnels ». Cependant, « cette qualification n’est pas suffisante au regard des missions qui nous sont confiées et les conditions de passation de cette qualification ne sont pas à la hauteur des enjeux (candidats libres, possibilité de formation exclusivement à distance …) » précise le communiqué.

Objectif septembre 2026 

S’appuyant sur les conclusions des derniers rapports de l’IGAS et IGF, la FNEJE rappelle les mesures que prévoit le décret, soulignant que son application prévue en septembre 2026 laisse le temps de s’organiser… 

«  – La suppression des missions de “ référent technique ” au profit des missions de direction telles que prévues pour toutes les autres crèches ;

– L’augmentation à 0,5 ETP du temps de direction limitant de fait la responsabilité d’une personne à deux micro-crèches et non plus trois ;

– La présence d’un professionnel de catégorie 1 (EJE, infirmier puériculteur, auxiliaires de puériculture) dans l’équipe d’encadrement des enfants ;

– La possibilité d’accueillir seul jusqu’à trois enfants à condition que le professionnel soit de catégorie 1. »

Elle suggère à bon escient que le lobbying des entreprises de crèches « s’attèle dès à présent à ce chantier et se réjouisse d’une telle réforme plutôt que d’organiser une campagne délétère pour le secteur ».

Lire le communiqué

Laurence Yéme

PUBLIÉ LE 03 février 2025

Ajouter aux favoris

2 réponses à “Micro-crèche : la FNEJE défend le projet de décret pour un accueil de qualité”

  1. Sandra Pedro Esteves dit :

    Complètement absurdes ces mesures…Je rappelle quand même que c’est une auxiliaire de puériculture qui a tué cet enfant un Lyon…Qu’on ne me parle pas de diplômées, non diplômées, les ASS MAT ont le droit d’être seules avec les enfants et ça ne choque personne…Encore une fois, les lois sont complètement irréfléchies, illogiques… Les micro-crèches fonctionnent très bien avec des auxiliaires de puériculture à leur tête, et je continuerai à me battre pour pouvoir rester référente technique de la mienne.

    • Laurence Gillet dit :

      comprends votre frustration, mais je pense qu’il ne faut pas opposer les assistantes maternelles et les auxiliaires de puériculture. Ce n’est pas un diplôme qui garantit à lui seul la sécurité et le bien-être des enfants, mais bien l’expérience, la formation continue et surtout l’implication des professionnels de la petite enfance.

      Les assistantes maternelles ont effectivement la responsabilité d’enfants à domicile, souvent seules, et cela ne choque personne parce que notre métier repose sur une relation de confiance avec les familles et sur un agrément délivré par la PMI après évaluation de nos compétences.

      Les micro-crèches fonctionnent bien sous la direction d’auxiliaires de puériculture, mais il serait dommage d’exclure des personnes compétentes sous prétexte qu’elles n’ont pas un diplôme spécifique, alors qu’elles ont l’expérience du terrain et la formation nécessaire. Ce qui compte avant tout, c’est la qualité de l’accompagnement des enfants et la capacité des professionnels à assurer leur bien-être et leur sécurité, quel que soit leur statut. Restons unis pour défendre une prise en charge de qualité pour les tout-petits !”*

Laisser un commentaire