S’abonner

Rapport de l’Onape : une offre d’accueil en baisse, le secteur marchand continue de progresser

Le rapport de l’Observatoire national de la petite enfance (Onape) dresse un état des lieux précis de l’accueil des jeunes enfants en 2024, en s’appuyant sur les dernières données statistiques, des études sociologiques et des travaux scientifiques. Et propose de nouveaux outils destinés à mieux comprendre les besoins des familles et à éclairer les politiques publiques.

Cette édition 2025 de l’Onape s’articule en quatre parties : les enfants de moins de 3 ans ; les usages de modes d’accueil par famille ; l’offre d’accueil formel des 0-3 ans ; financements. En annexe la vie de l’observatoire.

Forte baisse du nombre d’enfants de moins de 3 ans

Premier constat du rapport : la natalité française poursuit sa chute. En 2024, la France enregistre 661 000 naissances, soit 2,8 % de moins qu’en 2023, atteignant son niveau le plus bas depuis des décennies. Cette baisse s’explique aujourd’hui principalement par le recul de la fécondité, car le nombre de femmes de 20 à 40 ans est stable depuis 2016. L’indicateur de fécondité chute de 1,92 enfant par femme en 2016 à 1,62 en 2024. Cette évolution démographique entraîne une baisse importante du nombre d’enfants de moins de trois ans : entre 2011 et 2025, la population des moins de 3 ans a chuté de 21 %, pour atteindre 1,9 million en 2025 (2,8 % de la population).

La moitié des moins de 3 ans confiée à un mode d’accueil formel

En 2023, une famille sur deux ayant un enfant de moins de trois ans a eu recours à un mode d’accueil formel financé par les CAF. Le nombre d’enfants concernés diminue légèrement par rapport à 2022, dans un contexte de baisse démographique. Les accueils chez les assistantes maternelles reculent de 3% (soit 15 800 enfants de moins), et ceux dans les crèches financées par la PSU baissent de 2,4 % (11 800 enfants en moins). À l’inverse, le nombre d’enfants accueillis dans les EAJE financés par la PAJE progresse de 10,5 % (8 100 enfants supplémentaires), tandis que la garde à domicile reste stable.

L’offre d’accueil toujours boostée par les microcrèches PAJE

En 2023, la France hors Mayotte compte 1,3 million de places dans les modes d’accueil formels pour les moins de trois ans, soit une baisse légère de 0,6 % par rapport à 2022. Le taux de couverture s’établit à 60,9 places pour 100 enfants de moins de trois ans, soit une hausse de 1,4 point par rapport à 2022 dans un contexte de baisse des naissances et du nombre d’enfants de moins de trois ans.

Les EAJE représentent 39 % de l’offre avec 495 600 places, en hausse de 1,5 %. La croissance est presque entièrement portée par les microcrèches financées par la PAJE, qui ajoutent 7 400 places en un an, même si elles ne représentent encore que 6 % de l’offre totale. Les crèches PSU restent stables. La très grande majorité des microcrèches PAJE relève du secteur privé marchand (93 %), tandis que 7 % sont principalement associatives. Le nombre d’entreprises de crèches progresse fortement (+11 %), alors que les crèches associatives reculent pour la première fois en 2024 (-1,5 %).

Assistantes maternelles : la baisse se poursuit

Les assistantes maternelles restent l’offre principale d’accueil formel (52%) et sont 218 000 à accueillir un enfant de moins de trois ans en 2024, mais le nombre de places offertes continue à diminuer du fait de la baisse des effectifs de professionnelles, de 4,1% par rapport à 2023.

Financement de l’accueil des jeunes enfants : + 4,8% en 2024

En 2024, les acteurs publics ont consacré 17,5 milliards d’euros à l’accueil des enfants de moins de 3 ans, une hausse de 4,8 % par rapport à 2023. L’accueil collectif représente 7,9 milliards tandis que l’accueil individuel atteint 5,7 milliards, essentiellement via le CMG, en progression continue. L’Onape ajoute une nouvelle fiche dans cette partie sur les coûts de revient d’une place en crèche. Le document explique comment est calculé le coût de revient d’une place et d’une heure facturée en crèche PSU. En 2024, le coût moyen d’une place en crèche PSU est de 19 450 €, soit en hausse de 5 %. Les micro-crèches PSU présentent le coût le plus élevé (20 730 €, +6,2 %), tandis que les jardins d’enfants ont le coût le plus faible (14 075 €).

Réforme du CMG : qui gagne, qui perd ?

Dans son rapport, l’Onape revient longuement sur la réforme du CMG, entrée en vigueur en septembre 2025, qui constitue l’un des changements majeurs dans le financement de l’accueil individuel. Selon les simulations présentées par l’Onape, environ 38 % des familles seraient gagnantes, bénéficiant d’un CMG plus élevé, tandis qu’un peu plus d’un quart seraient perdantes. Un dispositif transitoire a été prévu pour limiter les effets négatifs pour certaines familles déjà bénéficiaires. Enfin, le rapport note que 20 % des allocataires de septembre 2025 sont de nouveaux bénéficiaires, ce qui rend impossible toute comparaison directe avec le système antérieur.

Résultats complets de l’enquête pénurie

L’étude de la Cnaf sur la pénurie des professionnels de l’accueil collectif est également détaillée avec les derniers résultats disponibles, notamment des données départementales. En 2024, l’Île-de-France est la région la plus touchée par le manque de professionnelles : son taux de vacance atteint 14 %, contre 8,3 % au niveau national et 6 % dans le reste du pays. Elle concentre 27 % des effectifs théoriques, mais 46 % des postes vacants, dont 60 % depuis plus de trois mois. Les départements les plus concernés sont les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis (17 % de vacance), suivis de Paris (15 %). Les absences y sont aussi plus longues, notamment dans les Hauts-de-Seine. À l’opposé, la Creuse affiche le taux de vacance le plus faible (1,3 %). Parmi les grands départements, la Saône-et-Loire et le Var se distinguent également avec des taux très bas (2,4 % et 2,8 %).

Cinq nouvelles études mises en avant par l’Onape

L’Onape enrichit son rapport avec cinq études finalisées en 2025 : celle sur la pénurie, deux de la Drees sur les familles monoparentales et l’implication des pères, ainsi que deux recherches menées par Pascale Garnier et Anne-Lise Ulmann sur le quotidien en crèche et les modes d’accueil ponctuels. La rubrique « Vie de l’observatoire » en fin de rapport, présente les études, recherches et évaluations en cours.

PUBLIÉ LE 10 décembre 2025

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire