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Formations petite enfance : comment les améliorer et les diversifier ?
A la fois essentielles pour la qualité d’accueil mais régulièrement remises en cause, les formations aux métiers de la petite enfance posent questions. Sont-elles assez nombreuses ? Comment les améliorer ? Faut-il pour créer une véritable filière, les diversifier ? La formation continue est-elle suffisante et de qualité ?
Pour y répondre et évoquer les sujets brûlants du moment, à savoir la réforme des diplômes du travail social et la nouvelle certification de niveau 4 en cours de finalisation, le CAP AEPE que peu jugent satisfaisant etl’indispensable formation continue ; Jean-Baptiste Frossard, directeur du projet SPPE et secrétaire général du comité de filière petite enfance ; Isabelle Duchenne, membre du bureau d’Elisfa et vice-présidente de la CNPEF ; Céline Hervieu, député socialiste de la 11ème circonscription de Paris, Elsa Hervy, déléguée générale de la FFEC ; Alice Lapray, directrice adjointe à la DGCS ; Boris Maric, chargé d’études au bureau des diplômes professionnelles à la DGESCO ; Julie Marty Pichon, EJE et professeur des écoles, co-présidente de la FNEJE.
La réforme des diplômes du travail social
C’est le sujet qui fait débat depuis plusieurs mois. La réforme des cinq diplômes du travail social suit son cours mais ne fait pas l’unanimité. Où en sommes-nous ? Alice Lapray, directrice adjointe à la DGCS, fait le point sur le calendrier et le contenu. Elle appelle qu’avec cette réforme il y a à la fois un enjeu de qualité et de quantité : une formation qualitative pour un grand nombre de personnes. Mais du point de vue de la DGCS, explique-t-elle, l’enjeu réel est de savoir si « oui ou non a-t-on une filière éducative ? » et « comment faire filière, quels sont les bons diplômes au bon niveau et comment permettre les passerelles entre ces diplômes-là. ». Et de rappeler que cette réforme n’est qu’une « actualisation obligatoire », puisque tous les 5 ans il y a obligation d’actualiser les diplômes d’État.
Ce que la concertation a fait évoluer
Alors qu’est ce qui a bougé depuis le début des travaux d’actualisation ? Il y avait 8 blocs il ne devait y en avoir plus que 4, dont 3 transférables vers un autre diplôme du travail social. Mais après concertation avec les organisations professionnelles, « désormais, seuls 2 blocs seront transférables et 2 autres devront être acquis en totalité, précise Alice Lapray. Et le 3e qui a été l’enjeu de nos discussions, pourra être repassé en tout ou partie. On va tenir compte de l’expérience des personnes et l’établissement de formation tranchera, si oui ou non il doit être repassé en totalité ». Il y aura également des évolutions sur le référentiel professionnel, sur le contenu de la formation. « Ce sont des petites choses qui évoluent, l’idée n’est pas de bouleverser totalement les équipes de formation, assure Alice Lapray. Il y a un certain nombre d’ajouts sur la connaissance du handicap, des TND, sur certaines notions fondamentales comme l’attachement… Et sur les autres diplômes, sur des notions loin d’être anodines, comme la connaissance des phénomènes d’addiction, la gestion de la violence des usagers etc. »
Concernant le volume horaire de la formation, qui va également évoluer, la DGCS confirme que les blocs 1 et 2 seront à 500 heures et le bloc 2 et 3 à 250 heures. Et le nombre de semaines de stage devrait passer de 52 à 55. La CPC a voté favorablement cette réforme. Début octobre, elle va être soumise à la CNEN, où sont représentées les collectivités territoriales et en particulier les régions, pour ensuite être arrimée à Parcoursup d’ici la fin de l’année, et entrer en vigueur dès septembre 2026.
Des réactions plutôt critiques
Pour Julie Marty Pichon, EJE et professeur des écoles, co-présidente de la FNEJE, « on diversifie, on allège on réduit ! (…) Dans le travail social, la formation ce n’est pas l’adaptabilité au marché de l’emploi. La formation c’est savoir de quelles compétences, de quelles connaissances, de quels savoir être on a besoin pour accompagner les plus vulnérables d’entre nous que sont les jeunes enfants et les bébés et non pas de savoir si on répond aux besoins de tel territoire parcequ’on manque de bras… ». La Fneje se positionne toujours contre cette réforme, et affirme avoir gagné quelques avancées minimes. En revanche, sur la question de la durée du stage, Julie Marty Pichon tient à préciser : « nous avions 60 semaines de stage, on nous en a proposées 52 et par la négociation, nous avons réussi à revenir à 55… ça reste cinq semaines de moins ! ». Et pour une formation ancrée sur le terrain, qui s’apprend dans la confrontation à l’autre, c’est important… « Le ministère signe la fin des diplômes d’État », déplore-t-elle évoquant la disparition du mémoire professionnel, les exigences revues à la baisse de l’épreuve conclusive. Elle interpelle, sous les applaudissements, « A-t-on encore besoin de cerveaux et de gens qui font de la réflexion dans les métiers qui accompagnent les plus vulnérables ? »
Alice Lapray tient à rassurer : « Il y a les mots et il y a les faits. (…) la seule administration qui défend encore le travail social et y travaille d’arrache-pied c’est la DGCS avec le Comité de filière petite enfance ». Et si la DGCS soutient assurément tous les diplômes, l’objectif reste qu’un diplôme « ne tire pas davantage la couverture à soi ». Il y a des besoins de personnel dans tous les champs du prendre soin. Donc il n’est pas question favoriser un diplôme plutôt qu’un autre. Elle estime que cela ne fonctionnait pas si bien avant, notamment les passerelles, que les fuites sont particulières élevées : « les Eje sont l’un des diplômes ou le taux de fuites est le plus élevé », pointe-t-elle,
Dans ce projet de réforme, les gestionnaires privés n’ont pas été concertés, regrette Elsa Hervy, déléguée générale de la FFEC. Elle rappelle que sans hésitation, la FFEC a cosigné, voté, soutenu le vœu de la Fneje au Comité de filière, pour appeler à une vraie concertation.
Face aux défis actuels de management, s’il y avait une compétence à renforcer et repenser, elle estime que ce serait clairement « les compétences en management horizontal, pour renforcer la capacité des Eje à entrainer à leur suite toute une équipe qui n’est pas formée comme eux et arriver à fédérer sur leur projet… ».
Isabelle Duchenne, membre du bureau d’Elisfa et vice-présidente de la CNPEF, le constate sur le terrain, il y a des Eje qui ont des difficultés avec l’écrit, il serait donc dommageable de se passer d’un mémoire professionnel. « Le mémoire c’est de l’écrit mais aussi de la pensée, de la réflexion, se construire soi-même. Ce n’est pas du contrôle continu c’est un temps long. Remettons le mémoire en place dans le contrôle ». Elle défend également l’idée d’avoir davantage des Eje de terrain et non pas seulement en direction. « Ce n’est pas le diplôme d’Eje qui doit certifier des compétences de direction », a-t-elle insisté sous les applaudissements.
Pour Jean-Baptiste Frossard, directeur du projet SPPE et secrétaire général du comité de filière petite enfance, l’essentiel reste de pouvoir « garantir le degré d’expertise des professionnels dans la formation initiale ». Il estime que le travail de concertation a permis de dissiper les inquiétudes et ambiguïtés sur l’équilibre de la formation, et « assurer que dans la formation initiale ce sont bien les deux premiers blocs – les 1000h de formation théorique – qui seront spécifiques à la connaissance sur l’enfant et adaptés à chaque diplôme ». Il estime qu’il faut distinguer la formation initiale de la question des passerelles, c’est-à-dire ce qui peut être offert en cours de carrière.
Sur la question des passerelle, Julie Marty Pichon souligne que la plus connue dans les métiers du travail social est celle qui mène du métier d’Eje au métier d’éducateur spécialisé. « Le reste ça n’existe quasiment pas », déplore-t-elle. Quant à la fuite des Eje mesurée par la Drees et évoquée plus tôt, si les Eje quittent le métier, « c’est pour aller faire autre chose ! Car les conditions de travail sont tellement dures et l’écart tellement grand entre l’idée que l’on s’était fait du métier qu’on allait exercer, la formation reçue pendant trois ans (…) et ce que l’on ne peut faire sur le terrain… », dénonce-t-elle, citant l’étude d’Helene Van Compernol.
Le titre professionnel de niveau 4
Cela faisait longtemps que le secteur réclamait un niveau 4 pour la filière éducative. Il y avait eu une résolution du Comité de filière en ce sens, une recommandation dans le rapport de l’Igas en 2023… « Jusqu’ici il y avait un trou dans la filière éducative entre le CAP AEPE de niveau 3 et le DEEJE de niveau 6, constate Jean-Baptiste Frossard. Il y avait bien sûr le diplôme sanitaire d’AP mais pas de diplôme de la filière éducative. Ce qui posait des difficultés très concrètes dans les parcours de carrière ». Il considère donc déjà comme une victoire d’avoir pu commencer à travailler sur cette certification de niveau 4. L’Afpa a été missionnée pour créer un titre professionnel, qui a « toutes les caractéristiques d’un diplôme », sans l’être, assure-t-il. Un diplôme d’État, « il n’en a jamais été question en ces termes ». L’avantage d’un titre professionnel, explique-t-il, c’est qu’il permet plus de souplesse pour arriver à déployer des formations et jurys, il est bien adapté à des personnes dans le cours de leur carrière.
Des travaux vite menés et un calendrier suspendu au prochain gouvernement
Mais ces travaux n’ont-ils pas été préparés « un peu rapidement » ? Jean-Baptiste Frossard dément mais sous les protestations de la salle, se justifie : « D’accord, mais n’est pas non plus un traité de physique nucléaire, un référentiel de formation, il ne faut pas exagérer ! Nous avons travaillé vite mais à partir de travaux conduits par la DGCS, par le Comité de filière, l’administration. Nous posons les axes de formation qui correspondent tout à fait aux orientations connues pour former les professionnels de l’accueil du jeune enfant. Ce titre leur est consacré et fait avancer les points sur lesquels il y avait besoin de formation supplémentaire ». Et de citer, le handicap, le repérage des troubles, l’accompagnement à la parentalité… Tout l’enjeu ce diplôme étant de le positionner à la bonne place, en termes de compétences et de quantité, rappelle Alice Lapray. Sur le volume horaire, malgré un « couac » de communication de certaines organisations avant l’été, Jean Baptiste Frossard confirme que le Ministère vise toujours un volume de 1400 heures, qui est à peu près similaire au volume d’heures du diplôme d’AP (1520 heures).
Côté calendrier, la version consolidée n’a pas encore été envoyée aux partenaires et dans l’attente d’un gouvernement, il est difficile d’avancer. « On va attendre le prochain gouvernement ne serait-ce que pour avoir le droit de saisir les instances de consultation. C’est la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) qui pilote ce titre. La DGCS et la DSS interviennent à titre d’administration « métier » pour affirmer leurs orientations sur ce diplôme. Raison pour laquelle il n’est pas encore été soumis en CPC, explique Alice Lapray. Prochaine échéance donc : mi-novembre, pour laisser le temps à l’AFPA d’intégrer les nombreuses remarques faites. Un décret est au conseil d’État, suspendu à l’existence d’un prochain gouvernement, pour inclure ce nouveau titre dans la liste des professionnels qui exercent en catégorie 1. Lorsque la CPC aura pu se prononcer le ministre pourra sortir un arrêté.
De l’enthousiasme à la déception
Isabelle Duchenne regrette que la réflexion d’équipe ne soit pas assez valorisée et mise au centre : « Dans ce référentiel, on ne parle que de compétences transversales. Il y a très peu de références aux projets, que ce soit social, éducatif, pédagogique. On ne parle que du projet d’accueil personnalisé qui semble obligatoire. L’individualiser nous gêne ». Et d’ajouter que « le parent n’est pas qu’un problème dans une crèche », loin d’être toujours obligé de le conseiller et le soutenir, on peut également travailler et collaborer avec lui, assure-t-elle.
Elsa Hervy dénonce un travail fait dans l’urgence. Et rappelle que la FFEC s’est toujours montrée favorable à l’émergence de diplôme de niveau bac dans la filière éducative, a voté 3 résolutions du Comité de filière et n’a pas changé d’avis sur la question. Elle regrette que la version consolidée ne soit pas passée en CPC le 11 septembre dernier comme annoncé et déplore les deux a trois mois de retard qui vont être pris. La FFEC espère que ce diplôme sera pleinement reconnu et non pas « dévalorisé avant même qu’il ne soit né, qu’il sera accessible par la VAE mais aussi par la formation continue de nos équipes. » Elsa Hervy espère également que l’administration se dote prochainement d’un véritable outil de suivi mensuel des progressions notamment en VAE…
Julie Marty Pichon tient à faire une petite mise au point sur le malentendu autour du volume horaire de la formation : elle affirme que c’est l’Afpa qui avait annoncé que ce titre serait constitué 800 à 1000 heures de formation. « Si vous ne vous êtes pas concertés avec l’Afpa (…) et que vous nous avez donné cette information en dernier, ce n’est pas notre souci ! ». La Fneje a toujours été favorable à une filière éducative, un diplôme de niveau 4 et l’augmentation des qualifications « car un niveau CAP est déjà trop bas pour être un professionnel de la petite enfance ». En revanche, elle regrette que ce ne soit qu’une certification et non pas un diplôme d’État, fait trop rapidement en 3 mois. Que l’on n’ait pas saisi l’occasion pour questionner comment faire évoluer le diplôme d’AP « mal adapté à l’accueil collectif », et pour y inclure les assistantes maternelles. Julie Marty Pichon s’indigne : « C’est quand même dingue de ne faire une certification que sur l’accueil collectif et non pas sur l’accueil des jeunes enfants en général ! ». « Et politiquement, j’aimerais qu’on aille aussi vite pour els taux d’encadrement », ajoute-t-elle sous les applaudissements.
Le CAP-AEPE
Diplôme de niveau 3 de l’Éducation Nationale, le niveau et le mode de préparation du CAP AEPE sont régulièrement pointés du doigt. Pour Boris Maric, chargé d’études au bureau des diplômes professionnelles à la DGESCO, ce diplôme contribue tout de même à « lutter contre la pénurie, grâce à sa forte volumétrie ». Il encourage cependant à bien distinguer la certification (qui reconnait les compétences) de la formation qui amène à cette certification. Pour accéder à une certification, il y a différents moyens d’accès. Et les candidats individuels (candidats libres, qui sont près de 10 000 à obtenir leur certification), eux, n’ont pas eu à suivre une formation… Il pose la question de la qualité du parcours de formation est estime que le référentiel du diplôme, par rapport aux exigences en formation professionnelle n’est pas à la hauteur. Il rappelle néanmoins que suite au rapport de l’Igas, un arrêté a permis d’imposer aux candidats au CAP une période minimale de 3 semaines de formation au contact des 0-3 ans, au nom de la qualité d’accueil, même si cela freine peut-être l’accès au diplôme à certains candidats…
Une rénovation du CAP-AEPE, à la suite du titre 4
Avec la sortie du titre 4, Boris Maric l’assure « bien-sûr au niveau de l’éducation nationale, nous rénoverons le CAP en tenant compte de l’apparition de ce nouveau diplôme. Ajouter une marche dans la filière éducative amène à repenser tout l’escalier ! ». Dans l’hiver prochain, un groupe de travail sera monté avec les professionnels, la DGCS, les enseignants, un inspecteur de l’Éducation Nationale qui réécriront les compétences mais beaucoup de possibilités sont ouvertes. Comme un CAP cœur de métier avec des certificats de spécialisations permettant d’aller davantage vers une competence pour l’approfondir. On peut imaginer que les travaux iront jusqu à la rentrée prochaine mais pas une mise ne place avant plusieurs années.
Pour la députée Céline Hervieu, qui avait porté un projet de loi contre les formations 100% en distanciel dans le secteur de la petite enfance, adopté à l’unanimité à l’Assemblée Nationale, cette réforme du CAP présente un intérêt. Car depuis des années, explique-t-elle, « on a l’impression qu’au lieu de valoriser des métiers, de permettre des parcours de carrière, donner des perspectives d’évolution, on baisse le niveau de qualification et on tire vers le bas. C’était le principe de l’arrêté de 2022. Il faut aller contre cette tendance. En soutenant la qualité en renforcera l’attractivité des diplômes ».
Elsa Hervy juge que le CAP est un bon diplôme, qui représente presque 60% des professionnels de l’accueil collectif qui se sentent peu valorisés à chaque fois que le niveau du diplôme est débattu… La FFEC ne se dit pas opposée à une modalité pédagogique de formation par principe, mais rappelle qu’il y avait eu « un vœu très charpenté du comité de filière petite enfance sur le CAP » sous la direction de Pauline Domingo secrétaire générale. La FFEC avait alors plaidé pour qu’il n’y ait pas une condamnation pure de l’enseignement pédagogique à distance. Un point de ce vœu cependant n’avait pas été suivi concernant les stages. « Y compris en candidat libre on doit démontrer qu’il y a eu des périodes d’immersion professionnelle effectuées. Cela passe par des attestations de présence sur lesquelles il manque une case pour dire « je ne valide pas ». C’est important de pouvoir laisser faire ce travail d’alerte ! », insiste-t-elle.
La formation continue
La montée en compétences par la formation continue est indispensable pour garder des professionnels motivés et capables de garantir la qualité d’accueil des jeunes, Isabelle Duchenne en convient. Elle dénonce en revanche « une double injonction contradictoire », à savoir la baisse totale des financements dédiés à la formation continue et le peu de disponibilité des équipes pour libérer le personnel pour la formation continue, dans un contexte de pénurie. Elle explique que certaines branches comme Alisfa, ont fait le choix d’avoir une contribution importante, et qui permet de continuer a maintenir la formation continue, financer des parcours professionnalisant. Elle attire également l’attention sur tout ce que l’on peut faire aussi « à côté de la formation ». Comme le financement des APP, de la participation à des colloques et séminaires, de l’accompagnement des directions et employeurs associatifs, et tout ce qui est encore trop expérimental pour être bien financé par la formation.
Référentiel, Qualiopi, VAE et financement
Le référentiel Connaissances et compétences, qui est en train d’être construit, à la suite du référentiel sur la qualité d’accueil, peut-il être une boussole pour la formation continue ? Certainement, car ce référentiel « a pour ambition de donner une forme de cadrage pédagogique un peu plus précis y compris aux organismes de formation continue », assure Jean-Baptiste Frossard. Qualiopi n’est pas un label qualité, c’est une certification purement administrative, qui assure que tout est bien en place et n’a aucun regard sur la qualité de la formation pédagogique. « Alors qu’il y a dans le champ de la formation professionnelle des choses de qualité très variables, rappelle-t-il. Avoir une nouvelle marche pour cadrer ce sur quoi on attend de la formation continue et donner des outils aux organismes de formation ne peut que nous faire avancer ».
Julie Marty Pichon souligne les 2 à 3 journées pédagogiques déjà obtenues, mais souligne que les structures pourraient fermer une ou deux journées supplémentaires pour proposer de la formation en interne. « Ce qui demande quand même que l’on repense le financement des structures… », a-t-elle ajouté. Elle recommande également que soit pensée la formation continue sur la question des directions. Pour Julie Marty Pichon, pour diriger un lieu d’accueil de la petite enfance, il faut être un professionnel de la petite enfance, mais elle estime qu’il faudrait également « qu’à l’entrée en situation de poste d’encadrement il y ait de la formation continue (…) c’est d’une efficacité redoutable ! ».
Elsa Hervy confirme qu’il y a un enjeu maximal sur le financement de la formation continue, mais toutes les structures selon leur statut juridique n’ont pas le même cadre socio-fiscal. « Ce qui est dépensé dans l’impôt sur les sociétés ne peut pas être dépense dans une contribution supplémentaire gérée par la branche qui pourrait développer des parcours de formation ! », relève-t-elle. Et ajoute qu’une des priorités devrait également être de donner aux organismes de formation un socle commun des compétences (plutôt qu’un référentiel). Du fait de la pénurie de professionnels et de la difficulté à organiser des départs sur une journée entière. Elsa Hervy suggère que l’on valoriser la possibilité d’effectuer une ou deux heures de réflexion professionnelle pour suivre des modules en ligne. Enfin, elle réclame l’indispensable publication trimestrielle (et même mensuelle vu l’urgence de la situation actuelle) de la publication d’un baromètre des VAE par département, pour connaitre le nombre de dossiers en attente devant jury et la date du plus ancien dossier. « Il n’est pas normal que certains professionnels attendent parfois 6 mois à 1 an avant de pouvoir soutenir. Pour moi c’est un des enjeux majeurs de la formation continue », a-t-elle affirmé.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 23 septembre 2025